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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juin 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Attila Csihar
(chant)

-Teloch
(guitare)

-Necrobutcher
(basse)

-Hellhammer
(batterie)

TRACKLIST

1) Watcher
2) Psywar
3) Trinity
4) Pandaemon
5) Mylab
6) Six Seconds
7) Throne of Time
8) Corpse of Care
9) Posthuman
10) Aion Suntalia

DISCOGRAPHIE


MayheM - Esoteric Warfare
(2014) - black metal - Label : Season Of Mist



Blablabla, MayheM blabla, retour attendu blabla, 7 ans déjà bla nouveau guitariste. Vous connaissez la chanson, on va donc s'éviter trop de préliminaires. MayheM ça vaut quoi en 2014 alors ?

Première constatation le groupe a voulu revenir à des sonorités plus brutes qu'on pouvait entendre sur Wolf's Lair Abyss sans tourner totalement le dos à ce que l'étouffant Ordo ad Chao avait proposé. Une sorte de résumé de leur nouvelle carrière. Formule facile. Pourtant, de l'aveu de Teloch, le petit nouveau officiant déjà dans Nidingr, il n'a pas cherché à imposer sa patte pour ce premier album. Il voulait continuer le son MayheM. Nous ne sommes donc pas surpris d'entendre du MayheM pur jus pour ce que ça veut dire, le groupe ayant eu le chic pour ne jamais faire deux albums identiques. Synthèse des époques et pot-pourri assumé, nous pouvons donc sans honte dire qu'il s'agit là de l'album de la maturité. Le groupe puise dans Chimeira, album probablement le plus ignoré (à juste titre) de sa discographie, mais également dans Ordo ad Chao, en bien moins poussé comme dit précédemment.

Avoir cité Chimeira est une performance intéressante tant cet album semblait délaissé par son manque de personnalité en comparaison du reste. N'y voyez toutefois pas une piste pour déclarer Esoteric Warfare comme lisse. Au contraire, il est marqué du sceau MayheM dès l'ouverture de l'excellente "Watcher" avec un riff lancinant mêlé de double pédale qui en impose. Et ne pensez pas non plus que les Norvégiens sataniques ont oublié d'expérimenter. "Mylab" donne tribune à Hellhammer tout en s'affichant avec des sons de guitares pas évidents. L'utilisation qu'en a alors Teloch rappelle étonnamment Blasphemer (vous ne pensiez pas passer la chronique sans l'évoquer ?) et on se dit que si Blasphemer sonnait irremplaçable, il semblerait que le groupe trouve l'inspiration sans aide externe. Ou alors que les vieux savent choisir les remplaçants.

En parlant de vieux, Attila calme le jeu niveau chant. Bien sûr, il ne peut s'empêcher de susurrer ou hurler, mais globalement, il est nettement plus classique. Certains apprécieront. Pour parler rapidement de la section rythmique, Necrobutcher est comme à son habitude très discret tandis que Hellhammer sans éblouir, livre une prestation à sa hauteur et reconnaissable sans difficulté dans sa manie de varier les rythmes et la propreté de ses frappes. Cette chronique n'a pas encore évoqué la toute-puissante ambiance d'un disque de MayheM, et celle-ci est bien évidemment froide et cruelle. Mais n'espérez pas ni de près ni de loin retrouver un monstre tel que Ordo ad Chao, impossible. On se contentera de la froideur indispensable du genre et donc de ce son MayheM véritablement immanquable.


Vous aurez noté une propension à ne pas s'extasier, et c'est ce qui ressort de cet album. Bon élève, excellemment fait, il veut être une synthèse transition. Il arrive parfaitement à ce but d'autant qu'il n'oublie pas d'être bon, il faut l'écrire. Pourtant ce disque ne marquera pas. Teloch s'est adapté, pour le prochain, il devra se lâcher, mais quand ? Pour les 40 ans du groupe ?


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