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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 11 novembre 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Attila Gábor Csihar
(chant)

-Morten Bergeton "Teloch" Iversen
(guitare)

-Charles Edward Alexander "Ghul" Hedger
(guitare)

-Jørn "Necrobutcher" Stubberud
(basse)

-Jan Axel "Hellhammer" Blomberg
(batterie)

TRACKLIST

1) The Dying False King
2) Agenda Ignis
3) Bad Blood
4) Malum
5) Falsified and Hated
6) Aeon Daemonium
7) Worthless Abominations Destroyed
8) Daemon Spawn
9) Of Worms and Ruins
10) Invoke the Oath
11) Everlasting Dying Flame (bonus)
12) Black Glass Communion (bonus)

DISCOGRAPHIE


MayheM - Daemon
(2019) - black metal - Label : Century Media



Merde. MayheM sort un album. Presque par surprise. Enfin l’annonce surtout. À peine quatre ans après Esoteric Warfare le groupe a pris de court ses fans en annonçant un jour de mai un LP très sobrement intitulé Daemon. Sortie prévue en octobre. Émoi général. Et moi dans tout ça ? Car le groupe du Nord a indubitablement cette aura qui lui colle à la peau. MayheM merde, c’est quelque chose. On peut débattre, déblatérer des années durant, dans le black metal et le metal en général MayheM est unique. Certains le sont par leur musique, d’autres par leur parcours. MayheM lui est unique par son histoire. Et son aura.

Pourtant en 2019, MayheM peut-il encore surprendre ? La question est lancinante tant le groupe a su prendre le contre-pied de ce qui pouvait être attendu de cette entité. Toujours dangereuse et provocante, la horde se faufile sauvagement entre les qu’en dira-t-on. Seul, à mes oreilles, Esoteric Warfare est paru insuffisamment perturbant pour prétendre au titre de « classique MayheM ». La question se posait de savoir si l’intégration de Teloch pouvait être totale après la formidable reprise en main effectuée par Blasphemer en son temps. Et puis Daemon, c’est quoi ce nom d’album ? Un mot, tout simple, franchement pas raffiné dans le black metal. Le groupe veut envoyer un message a priori. Démoniaque ? Bestial ? Bas du front ? C’est précisément là où on n’attendait pas MayheM. Et c’est bien là où le collectif s’engouffre.
Revenez au son de Wolf’s Lair Abyss, cela fera du bien. Mais poussez la froideur. Étonnamment ce Daemon réussit presque à être plus brut encore (et rappelle également le Beyond the Apocalypse des cousins 1349). Ne cherchez pas le gras ici-bas, tout n’est que malice pernicieuse, insidieuse. Un frisson permanent. Et la basse. C’est elle qui va nous faire connaître nos premiers émois du disque, car oui, Necrobutcher s’est mis en avant. Presque en corollaire, Hellhammer est brillamment discret. Point de descentes de toms excessives, de changements de rythme à tout-va. Il est sobre. Métronomique dans ses frappes, sec et précis pour n’offrir qu’une partition laissant la place aux riffs. Et les riffs vous feront voyager. Prenez "Bad Blood" qui ose s’inspirer de Grand Declaration of War. Pied-de-nez ou vivace envie de ne pas faire ce qu’on attend d’eux. C’est d’autant plus marrant qu’on perçoit des réminiscences de "Pagan Fears" sur le titre suivant, "Malum". Revue d’effectif de son propre passé.
On évoque la sobriété de Hellhammer, mais Attila se met au diapason. Qu’il est loin le temps de Ordo ad Chao où le Hongrois fou partait dans tous les sens. Bien sûr il ne délaisse pas entièrement ses facéties, mais… il en fait moins, tout simplement. Et dans l’histoire Teloch (et Ghul ?? Il est crédité à la composition) est donc bien le grand gagnant. D’autant qu’il gagne ses galons de gardien du temple. Froid. Il ne sera question que de ça. En ouverture, "The Dying False King" est merveilleuse d’abrasion et de simplicité, supportée par la basse. "Falsified and Hated" monte en puissance pour vous écraser, mais son riff initial est… captivant, d’autant que le clavier (!!!) intervient par la suite. Et sous ses atours de simplicité, Daemon démontre une richesse qui prend le temps de se dévoiler. C’est d’autant plus surprenant que l’ensemble paraît si brut et direct...


C’est à ce moment qu’il faut admettre le génie de ces salopards de Norvégiens. Ils sont vieux, ils sont légendaires, ils sortent un album tous les cinq ans. Tous les ingrédients sont réunis pour produire des compositions fades et peu inspirées. Pourtant c’est précisément le contraire qui nous saute à la gueule. Ces mecs ont vingt ans, ou ils n’ont pas d’âge. Bref, MayheM demeure unique et continue d’apporter du sang noir à son moulin de l’enfer. Car Daemon est un album du démon, intemporel.


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