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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 02 juin 2014
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Simone Simons
(chant)

-Mark Jansen
(guitares+chant)

-Isaac Delahaye
(guitares)

-Coen Janssen
(claviers)

-Rob von der Loo
(basse)

-Arien van Weesenbeek
(batterie)

TRACKLIST

1) Originem
2) The Second Stone
3) The Essence of Silence
4) Vicitms of Contingency

5) Sense Without Sanity - The Impervious Code
6) Unchain Utopia
7) The Fifth Guardian - Interlude
8) Chemical Insomnia
9) Reverence - Living in the Heart
10) Omen - The Ghoulish Malady
11) Canvas of Life
12) Natural Corruption
13) The Quantum Enigma - Kingdom of Heaven part II

DISCOGRAPHIE


Epica - The Quantum Enigma
(2014) - metal symphonique à fond tout le temps - Label : Nuclear Blast



Dans le domaine du metal symphonique « à chanteuse » la concurrence est rude. Il faut donc savoir poser ses couilles pour imposer son style et montrer qu’on est le plus fort. A ce jeux là, Epica, après un album aux fortes tendances progressives qui n’avait pas enthousiasmé les foules, a décidé de jouer à fond la carte du symphonique quitte à en faire trop. Avec The Quantum Enigma, la bande à Mark Jansen revient avec des morceaux plus concis qui envoient la patate. Mais vraiment, vraiment, beaucoup.

La première partie de ce dernier album nous happe dès l’intro symphonique épique et "The Second Stone"  tape comme il faut : gros chœurs, gros riffs, gros son, grosses mélodies, gros growls… Bref, c’est gros et d’un coup vient le chant de Simone très lyrique mais manquant un peu de pêche. Et ce défaut est assez gênant, même s’il sera bien contrebalancé par les riffs, les chœurs, la production réalisée par Jacob Hansen (Volbeat, Amaranthe) très in your face et encore une fois le tabassage non-stop. Car mise à part des petits couacs au niveau du chant (correct, mais qui aurait pu être bien mieux), le reste est très efficace. Les passages metal ressortent très bien sur "The Essence of Silence", de même pour le growl bien puissant sur "Victims of Contingency" ou "The Second Stone". Les mélodies sont aussi à l’honneur et on retiendra notamment le passage instrumentale et la construction évolutive de "Sense Without Sanity - The Impervious Code" tout comme le refrain très efficace de "Natural Corruption" ou le final chœur plus voix d’"Unchain Utopia". Et à l’écoute de ces différents morceaux on se prend à rêver d’un disque aussi bon que Design Your Universe, car The Quantum Enigma en possède tous les traceurs : jolie pochette, quelques morceaux longs et surtout le retour d’un metal bien massif et en quelque sorte de pistes moins embrouillées.
Mais, et c’est là tout le problème, la promesse qui semblait belle sur la première partie du disque n’est pas tenue après l’interlude asiatique "The Fifth Guardian". "Chemical Insomnia" et son lyrisme exacerbé tient à peu près la route tout comme la très death "Reverence - Living In The Heart", mais on sent que quelque chose manque. Peut-être serait-ce le fait que les morceaux soient moins rentre-dedans ("Omen – The Goulish Malady") ou que les riffs soient moins efficaces ("The Quantum Enigma - Kingdom of Heaven Part II", long morceau final qui ne décolle jamais vraiment). Le fait est que la deuxième partie fonctionne moins bien que ce soit dans ses parties metal que dans les parties plus calmes (la très quelconque "The Canvas of Life"). Une seule exception : la très bonne "Natural Corruption" qui possède une mélodie folk très agréable agrémentée de passages instrumentaux très bons et d’un refrain entêtant. Mais sinon, là où la première partie nous ravissait la deuxième partie nous montre un groupe bien plus quelconque. Et pourtant, malgré ces défauts, The Quantum Enigma reste vraiment agréable à écouter, peu prise de tête et plus direct que son prédécesseur et ceci probablement grâce aux musiciens qui se débrouillent très bien et aux réminiscences d’album du passé (The Divine Conspiracy pour "Sense Without Sanity - The Impervious Code", les aspects folk rappelant le side project The Score).


The Quantum Enigma est probablement un des albums les plus frustrants d’Epica. Plus direct et réussi que son prédécesseur, l’album agace par sa volonté de trop coller au passé et de ne pas prendre de risque (même dans sa tracklist...). Résultat, l’album est vraiment bon, mais la promesse donnée s’essouffle au fur et à mesure que le disque progresse et nous laisse le sentiment que, si le groupe faisait un album moins long aux idées plus ramassées, ils nous livreraient probablement une excellente oeuvre. Frustrant.


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