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CHRONIQUE PAR ...

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Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Simone Simons
(chant)

-Mark Jansen
(guitare)

-Ad Sluijter
(guitare)

-Yves Huts
(basse)

-Coen Jansen
(claviers)

-Jeroen Simons
(batterie)

TRACKLIST

1)Vengeance Is Mine
2)Unholy Trinity
3)The Valley
4)Caught In A Web
5)Insomnia
6)Under The Aegis
7)Trois Vierges (Solo Version)
8)Mystica
9)Valley Of Sins
10)Empty Gaze
11)The Alleged Paradigm
12)Supremacy
13)Beyond The Depth
14)Epitome
15)Inevitable Embrace
16)Angel Of Death
17)The Ultimate Return
18)Trois Vierges (Reprise)
19)Solitary Ground (Single Version)
20)Quietus (Score Version)

DISCOGRAPHIE


Epica - The Score - An Epic Journey



Assurément, on peut dire que ce bougre de Mark Jansen n'a pas froid aux yeux et possède de la suite dans les idées, jugez plutôt: d'abord il plaque son groupe, After Forever, pour reprendre tout à zéro avec le projet Sahara Dust (qui deviendra plus tard Epica). Ensuite, il privait la couverture du deuxième album du groupe, Consign To Oblivion, d'un argument vendeur de taille: le jolis minois de la chanteuse Simone Simons, substitué par un symbole maya à l'esthétique douteuse. Sur cette nouvelle livraison il renonce également, sur la majorité des compositions, à la voix de la charmante rousse qui a tant fait pour le succès du groupe, ainsi qu'au son de guitare électrique, de basse, de batterie. En gros, à tout ce qui a pu faire l'identité musicale d'Epica ou presque.

Précisons tout de suite que le leader d'Epica n'a heureusement pas été victime d'un "coup de tête" à la Timo Tolkki en virant du jour au lendemain la moitié du combo. The Score – An Epic Journey semble quand même être une parenthèse plutôt qu'un revirement radical dans la carrière du groupe, et constitue une manifestation logique d'une des passions musicales de Mark: les bandes originales de films. Oui, parce que c'est bien beau de palabrer, mais il faudrait peut-être expliquer un tant soit peu ce qui est à l'origine de ce disque et surtout ce qu'il contient. Ainsi, selon le propre aveu de Mark, l'œuvre d'Epica a toujours été influencée par les B.O., et il suffit d'écouter les titres d'introduction des deux précédents albums pour s'en rendre compte. Et cette année, il a eu l'occasion de concrétiser son rêve en écrivant la musique du film hollandais Joyride, musique qui constitue en fait l'ossature du présent opus, complétée par les thèmes qui n'ont pas été retenus pour le film…

Et c'est là que votre humble serviteur est un peu embêté, tout en espérant que vous lui pardonnerez les deux paragraphes de digression éhontée qui précèdent. En effet, comment chroniquer et critiquer une bande originale alors qu'on n'a pas vu une seule image dudit film, et quand de surcroît on ne comprend rien à rien au septième art et à la musique qui l'accompagne, cet album ne m'ayant échu qu'à cause de la chronique du précédent album et de mon amour immodéré pour le metal-à-chanteuse? Ah, on me souffle sur la brochure promo que The Score "attise l'imagination tout en arrivant à être un voyage épique sans aucune image pour l'accompagner". Mouais. Si certains titres comme "Caught In A Web", "Under The Aegis", "Valley Of Sins" ou "Inevitable Embrace" sont effectivement capables de faire frétiller votre imagination par des orchestrations classiques ou des sons de synthés plus modernes fort réussies, et surtout des structures et des arrangements assez inattendus, une petite moitié de l'album fait plus figure de remplissage.

Ce n'est pas la reprise du leitmotiv (par ailleurs fort réussi) ou un semblant de souffle épique qui sauveront des intermèdes comme "Mystica", "Empty Gaze" ou "Epitome". Quelqu'un d'habitué à la musique d'Epica ne sera toutefois pas trop dépaysé, car malgré un "emballage" très différent, on retrouve ici toute la palette d'ambiances proposée auparavant par le groupe: fureur épique, angoisse mystique, saupoudrés d'un brin de lyrisme et de mélancolie. La qualité des arrangements est, elle, toujours au rendez-vous, notamment grâce au savoir-faire de Mark en la matière (il l'avait démontré sur les albums précédents), et la présence d'un "freelance" de luxe en la personne de Miro, gravitant souvent dans l'ombre du producteur Sacha Paeth et s'étant auparavant illustré sur les albums solos de Luca Turilli ou encore le projet Virgo.


La seule chose qui justifie réellement la sortie de cet album sous le nom d'Epica, ce sont les nouvelles versions de trois titres de Consign To Oblivion. Et là, on pourra finalement difficilement s'empêcher de penser à un processus de récupération (compréhensible) du "label de qualité" Epica. Si la "version solo" (comprendre: sans la participation de Roy Khan) de "Trois Vierges" arrive tant bien que mal à s'intégrer dans l'ensemble, sans toutefois présenter d'intérêt particulier, la version single de "Solitary Ground" fait vraiment figure de bonus track, alors que la version orchestrale de "Quietus" constitue la seule véritable faute de goût par ses arrangements douteux. Bref, on tient là quelque chose qui lorgne plus du côté de la curiosité pour fans et de l'interlude que d'un album indispensable. Mais il faut dire ce qui est, en guise de musique de fond, c'est impeccable. Sans plus.


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