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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2013
Sa note : 12/20

LINE UP

-Dave Padden
(chant+guitare)

-Jeffrey Bruce "Jeff" Waters
(guitare+choeurs)

-Michael Arthur Andrew "Mike" Harshaw
(batterie)

Ont participé à l'album :

-Danko Jones
(chant sur "Wrapped")

-Amanda Beehler
(chœurs)

-Kathy Waters
(chœurs)

-John Devadasan Perinbam
(chœurs)

-Jeff Jobling
(chœurs)

-Marc Lafrance
(chœurs sur "Perfect Angel Eyes")

-Dan Beehler
(chœurs+batterie)

-Markku Uula Aleksi "Alexi" Laiho
(guitare)

TRACKLIST

1) Deadlock
2) No Way Out
3) Smear Campaign
4) No Surrender
5 Wrapped
6) Perfect Angel Eyes
7) Demon Code
8) Fight The World
9) One Falls, Two Rise

DISCOGRAPHIE

Never, Neverland (1990)
Metal (2007)
Annihilator (2010)
Feast (2013)
Suicide Society (2015)
For the Demented (2017)

Annihilator - Feast
(2013) - thrash metal speed metal - Label : UDR



Avouons-le, nous y avions cru. La bonne surprise d'Annihilator – l'album précédent sorti en 2010 - avait fait espérer un regain de forme du collectif éponyme emmené par le quasi-quinqua Jeff Waters après le passage à vide de huit années qui succéda à Waking the Fury - tout comme ce dernier avait mis fin à une période peu enthousiasmante d'égale durée. Le temps d'admirer la pochette sur laquelle l'accorte Pilar Rubio – présentatrice télé espagnole et fan de metal - exprime son côté obscur et pouf(fe), nos illusions se sont déjà envolées.

Prenons garde toutefois à ne pas dissoudre notre jugement dans les bouillons acides de l'amertume et réchauffons le cœur des fans transis : Feast n'est pas un mauvais album. Il convient en effet de mentionner la production une fois de plus excellente qui rend hommage au son caractéristique d'Annihilator, véritable trademark qui allie rondeurs et vélocité, un peu comme Bianca la Joufflue qui officiait jadis Rue de Provence derrière les Grands Magasins. Les zicos sont irréprochables – ça n'a pas été toujours le cas au sein de l'agence d'intérim Waters alors faisons un petit coucou à mister Harshaw, le percussionniste qui fait la pige pour cette fois. Et à Dave Padden, qui enquille son cinquième enregistrement avec le «groupe», performance incroyable-mais-vraie quand on connaît l'extrême versatilité du patron. Si le vocaliste s'en tire plus qu'honorablement, y compris dans le registre apaisé (la power ballade "Perfect Angel Eyes"), sa partition présente des similitudes d'une piste à l'autre qui donnent – ou plutôt renforcent – une impression générale de monotonie. Car, nous y voilà, l'absence d'originalité du chant – ne pas (trop) briller au sein de la formation canadienne constituant sans doute la meilleure assurance de ne pas s'en faire éjecter une fois le disque terminé – s'explique avant tout par l'indéniable manque d'inspiration qui handicape les neuf compositions de Feast.
Tout est dit dès le premier titre : introduit sur un tempo plus que soutenu par un riff paresseusement pompé sur "No Remorse" de Metallica – ce qui ne nous rajeunit pas – "Deadlock" se poursuit par une séquence saccadée en mode automatique qui fait office de couplet avant de laisser la place à un refrain succinct. S'ensuivent quelques descentes de manche impressionnantes mais guère originales comme Waters en pond depuis sa naissance, couplet et refrain reviennent faire un petit tour et basta. Heureusement, certains passages réussis épicent la tambouille – les refrains bien sentis de "No Way out" et "Smear Campaign" ou la surprenante intro funky à la Red Hot Chili Peppers sur "No Surrender". "Wrapped" aère judicieusement le tableau grâce au rocker Danko Jones revenu faire une apparition après celle effectuée sur Metal en 2007. Mais rien de bien transcendant. Pourtant Waters, comme à l'accoutumée, tente les breaks, les ambiances et les accélérations – celle du long morceau final "One Falls, Two Rise" est d'ailleurs aussi inattendue que bienvenue après deux minutes trente d'arpèges nunuches. Tout le problème de l'album est cependant résumé dans cette ultime tentative : une fulgurance qui s'éteint dans la grisaille de la routine et des répétitions.


Les aficionados d'Annihilator risquent de rester sur leur faim à l'écoute de ce quatorzième effort loin d'être indigne mais qui évoque davantage la sempiternelle blanquette de veau dominicale que le « festin » annoncé. En revanche, ceux qui découvriraient la formation torontoise avec Feast seront sans doute agréablement surpris par une recette qui sait allier rapidité et musicalité, sans pour autant tomber dans les écœurantes mélasses du speed metal mélodique réchauffées ad nauseam par les cuistots de la franchise Rhapsodie & Symphonie. À ce propos, Waters a confié qu'il gagnait enfin sa croûte avec Annihilator grâce à ses productions les plus récentes. Alors même si on est bien content pour lui, on ne peut que conseiller aux p'tits jeunes qui ont renfloué son compte bancaire d'aller se jeter d'urgence sur ses premiers - et essentiels - enregistrements.


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