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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 07 juin 2019
Sa note : 14/20

LINE UP

-Till Lindermann
(chant)

-Richard Zven Kruspe
(chœurs+guitare)

-Paul Landers
(chœurs+guitares)

-Oliver Riedel
(basse)

-Christian Lorenz
(claviers)

-Christoph Schneider
(batterie)

TRACKLIST

1) Deutschland
2) Radio
3) Zeig Dich
4) Ausländer
5) Sex
6) Puppe
7) Was Ich Liebe
8) Diamant
9) Weit Weg
10) Tattoo
11) Hallomann

DISCOGRAPHIE


Rammstein - Rammstein
(2019) - indus - Label : Universal



De l’art de prendre son temps avant de rédiger une chronique. Voici le titre que l’on pourrait donner à cette nouvelle publication concernant Rammstein, le nouvel album de… Rammstein. A sa sortie, l’emballement a été immédiat entre un bon nombre de médias déçus et des fanboys hystériques devant le moindre avis critique. Passé un sentiment de déception à l’initiale, ce nouvel effort s'avère-t-il vraiment si mauvais que cela ?

Je ne vais pas vous le cacher, les premières écoutes furent assez compliquées, puisque après trois/quatre essais seuls, les défauts ressortaient et je ne comprenais que trop aisément toutes les critiques qui fusaient de droite à gauche sur le grand internet. Pourquoi une telle déception ? Est-ce la trop longue attente (dix ans après un Liebe Ist Für Alle Da dont je fais partie des plus fervents défenseurs) ? La hype suscitée par l’excellent premier single (et clip démentiel) "Deutschland" ? Par la curiosité engendrée par le second, "Radio" ? Il faut croire que c’est un peu de tout. Dans tous les cas, avant de faire une pause dans les écoutes afin de digérer ce Rammstein, je trouvais à ce septième effort trop de modernité et d’excès d’électro ("Deutschland", "Aüslander", "Radio"), de facilité comme "Zeig Dich", qui ressemble juste à un edit single, coupé de moitié, voire de je m’en foutisme (je sais qu’elle est appréciée par certains, mais "Sex" est presque l’œuvre la plus mauvaise écrite par le groupe tant elle n’apporte rien, juste une copie de ce que fait le groupe depuis vingt-cinq ans). De plus, la seconde partie d’album semblait molle, sans saveur, surtout après le chef d’œuvre qu’est "Puppe", extrait qui m’a tout de suite envoûté tant Till a décidé de passer la seconde sur celle-ci. Le rythme est lourd, la voix pleine de souffrance et les chœurs puissants.
Mais après cette petite pause et de nouvelles écoutes, le charme commence à opérer. Alors certes, Rammstein n’est pas parfait. On cherche encore les guitares (hormis sur "Hallomann"), la première partie d’album, bien qu’ultra efficace, est assez facile et finit par s’essouffler (et "Sex" est toujours aussi insupportable) bien que "Zeig Dich", malgré son côté non finit, se révèle être un de mes coups de cœurs, avec ses chœurs, son rythme élevé, presque heavy, et Till qui là aussi fait la différence. Enfin, "Diamant", bien que mignonnette, n’est pas au niveau des plus belles ballades des allemands ("Klavier", "Nebel"). Mais là où au départ la seconde partie semblait terne, avec le temps, les compositions la concernant se révèlent au grand jour et leurs rythmes, bien plus mid-tempo, demandaient juste du temps afin de bien s'assimiler. Ainsi, "Weit Weg" par exemple, semble parfaitement anecdotique de prime abord, mais, par magie se révèle être finalement un morceau tout simplement magnifique (bien qu’il n’ait aucun potentiel live), la voix de Till est relativement douce et expressive et transmet une certaine pudeur, une émotion douce et apaisante. Clairement le genre d’œuvre qui se bonifie à force d'écoutes.
"Was Ich Liebe" joue dans la même catégorie, avec un rythme assez mid tout en intensité, ainsi que son refrain fédérateur, et n’aurait pas fait tache sur Reise Reise tant l’ambiance rappelle le quatrième effort des allemands. Enfin "Tattoo" et "Hallomann sont peut être les pistes les plus difficilement appréhendables surtout après l’avalanche de « tubes » de la première partie de Rammstein. "Tattoo" rappelle les grandes heures du metal indus de la bande à Till avec un riff assez old-school et qui pour sa part me fait beaucoup penser à Sehnsucht. "Hallomann" quant à elle, tend plus du côté de "Mehr", titre du précédent effort du combo. Une piste montant progressivement en puissance, avec une ambiance un peu plus pesante, moins joyeuse, mais surtout voit enfin les guitares mises en avant notamment sur le petit solo. Tout comme la batterie prend sa pleine mesure sur "Tattoo", il aura fallu attendre cette deuxième partie d’album pour mettre en valeur le travail de composition des allemands pour au final livrer un album plus riche et complexe qu’il n’y parait mais qui aurait dû être plus travaillé.

Rammstein est un groupe de scène et après un best-of, il a fallu sortir un support pour justifier la tournée qui vient de commencer et qui s’annonce phénoménale en terme d’effets. On en ressort alors avec un bon album. S'il peut paraître décevant dans un premier temps à cause d'une première moitié téléphonée, il se déguste comme un bon vin et finit par faire ressortir une seconde partie bien plus riche et intéressante. Les Allemands peuvent ainsi se lancer à l'assaut des stades européens avec le sentiment du devoir accompli.



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