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CHRONIQUE PAR ...

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Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Till Lindemann
(chant)

-Richard Z. Kruspe
(guitare)

-Oliver Riedel
(basse)

-Paul Landers
(guitare)

-Christian Lorenz
(claviers)

-Christoph Schneider
(batterie)

TRACKLIST

Les Arenes de Nîmes:
1)Reise, Reise
2)Links 2,3,4
3)Keine Lust
4)Feuer Frei!
5)Asche Zu Asche
6)Morgenstern
7)Mein Teil
8)Stein Um Stein
9)Los
10)Du Riechst So Gut
11)Benzin
12)Du Hast
13)Sehnsucht
14)Amerika
15)Rammstein
16)Sonne
17)Ich Will
18)Ohne Dich
19)Stripped

Brixton Academy, London
1)Sonne
2)Rein Raus
3)Ohne Dich
4)Feuer Frei!

Club Citta, Tokyo
1)Mein Teil
2)Du Hast
3)Los – Trailer

Olympiski, Moscou
1)Moskau Special

DISCOGRAPHIE


Rammstein - Völkerball (DVD)
(2006) - indus - Label : Universal



Des mois de report...un contenu dont on avait déjà eu la primeur sur un disque bonus figurant dans l'édition limitée du dernier opus (Rosenrot) des Teutons usés et quelque peu lassés par des mois de tournée intensive...et finalement, voici que débarque (enfin!) en fin d'année 2006, le nouveau DVD tant attendu de Rammstein, Völkerball ("balle au prisonnier").

Avant toute chose, il est bon de signaler que ce DVD live n'est que le second d'une discographie bientôt vieille de 12 ans, quand d'autres groupes de metal bien connus en sortent un quasiment tous les ans. Cette nouvelle sortie, pour les Allemands, est donc pleinement justifiée, d'autant plus justifiée que Live Aus Berlin, le précédent DVD live du groupe, date de 1998. Bien sûr, on remarquera que le groupe (et surtout Universal...) cède toujours au mercantilisme, en éditant pas moins de quatre versions différentes de Völkerball (édition simple, double, CD+DVD ou DVD+CD ainsi qu'une édition numérotée agrémentée d'un livre). Nous nous intéresserons ici à l'édition double DVD+CD, fourrée une fois de plus dans un packaging monstrueux de finesse et de réussite, à l'artwork loin d'être aussi anodin qu'il n'y paraît au premier coup d'oeil (faites vos recherches!)

Le coeur de ce DVD réside en un concert donné par les Allemands lors du Festival de Nîmes en juillet 2005. La date paraît de prime abord assez peu pertinente pour une parution fin 2006: en effet, Rosenrot, le dernier album du groupe est paru fin 2005 et n'est ainsi pas représenté lors de ce concert (à part "Benzin", alors joué en avant-première); une constatation logique qui en rassurera certains, mais pour ceux qui, comme moi, ont plutôt bien apprécié le côté grandiose et apaisé de Rosenrot, cela constitue une grosse déception. La setlist de ce concert est, comme d'ordinaire avec Rammstein, digne d'un best-of, carrée et imposante. Les plus grands hits des Allemands sont logiquement représentés, mais ceux qui ont une fois assisté à un de leurs concerts vous diront que l'essentiel, dans ce genre de cérémonie, n'est pas uniquement la setlist (bien sûr, qui se passerait des formidables "Sonne", de "Du Riechst So Gut" et désormais, du superbe "Reise, Reise" en concert?), mais avant tout le show, une nouvelle fois irréprochable et hallucinant de maîtrise technique.

Le cadre des Arènes de Nîmes représente un choix inespéré, tout comme l'était le Wühlheide de Berlin: une vision à presque 180° d'une scène immense, aux décors manifestant d'un humour bien gras (l'entrée des membres du groupe...), mais aussi d'un sens du spectacle désormais parfaitement rôdé: la différence avec le Live Aus Berlin de 1998 est réellement palpable, même si les légendaires mises en scène pyrotechniques ("Feuer Frei!" et ses masques buccaux, "Mein Teil" et son mirifique sens de la dérision, l'arc de "Du Riechst So Gut", le final du désormais culte "Amerika") sont toujours aussi spectaculaires et jouissives. Non, le spectacle est désormais assuré par les membres du groupe eux-mêmes. Till Lindemann, de plus en plus charismatique et habité, joue avec des effets de scène toujours plus explosifs et bienvenus ("Ohne Dich", "Mein Teil") et se révèle jour après jour comme l'élément-clé du groupe, contrastant avec sa bonhommie et sa timidité presque maladive hors scène (voir les interviews figurant sur le documentaire bonus). Mais s'il y a une leçon à retenir de ce concert inoubliable, c'est que Christoph Schneider EST un batteur hors normes. Son jeu est fantastique sur scène et les innombrables petits détails de sa prestation font de lui un autre atome-clé du groupe, malheureusement plus discret.

Côté technique et enrobage, rien à redire: l'image, que ce soit lors du concert de Nîmes ou lors des autres petits extraits de concerts (Tokyo, Londres, Moscou, où d'ailleurs une version très caliente de "Moskau" a été jouée devant un public frigorifié), est excellente, dotée d'un grain qui se révèle très appréciable; le son, en DTS 5.1, à la fois chaleureux et imposant, ajoute une touche de rondeur au spectacle de haute volée proposé sur ce DVD. Reste deux documentaires, à la qualité et au contenu parfois intéressant - un making-of tout en simplicité, où, anecdote croustillante, Lindemann avoue parfois enregistrer ses parties de voix dans le calme et la solitude de sa chambre et un documentaire longuet sur le thème du voyage - mais souvent anémique en informations de choix: les fanatiques du groupe apprécieront, les amateurs purement musicaux passeront outre. Le disque live présent sur toutes les éditions retranscrit l'essentiel du concert de Nîmes, mais le son, étrangement très brut, n'est parfois pas à la hauteur de ce que l'on pouvait espérer, surtout lorsque l'on a visionné le DVD.


Conclusion: l'édition simple DVD+CD de Völkerball se trouve être, pour l'amateur éclairé, l'investissement le plus pertinent. En revanche, l'achat tout court de ce live haut en couleurs est plus que conseillé, il est tout simplement OBLIGATOIRE. Foncez!


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