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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Fernando Ribeiro
(chant)

-Ricardo Amorim
(guitare)

-Pedro Paixao
(guitare+claviers)

-Sergio Crestana
(basse)

-Mike Gaspar
(batterie)

TRACKLIST

1)Soulsick
2)Butterfly FX
3)Can't Bee
4)Lustmord
5)Selfabuse
6)I Am The Eternal Spectator
7)Soulitary Vice
8)Disappear Here
9)Adaptables
10)Angelizer
11)Tired
12)K

DISCOGRAPHIE

The Butterfly Effect (1999)
Night Eternal (2008)
Alpha Noir (2012)
Omega White (2012)
Extinct (2015)
1755 (2017)

Moonspell - The Butterfly Effect
(1999) - gothique à tendance electro/indus - Label : Century Media



En voilà un album controversé pour les fans de Moonspell...pourtant, il s'agit purement et simplement, pour moi, du meilleur album du groupe, avec The Antidote. Fernando Ribeiro et sa bande prennent tout le monde à contre-pied avec The Butterfly Effect, au sein duquel leurs ambitions musicales et artistiques (faire de chaque album une entité bien distincte, ne pas se répéter d'album en album) deviennent quelque part réalité.

The Butterfly Effect est un gigantesque fourre-tout qui mêle guitares féroces (le mixage de l'album est affriolant, bien qu'un peu "sec" et froid), ambiance gothique décalée, chant de plus en plus schizophrénique et un ajout important de samplers et de synthés, donnant une couleur assez froide, électronique aux morceaux (écoutez "I Am The Eternal Spectator" pour en juger). Tout ce que personne n'attendait, en fin de compte. Il faut dire qu'après un Sin/Pecado dans une lignée purement gothique, ce nouvel album surprend radicalement, par son rendu proche d'un cyber-gothic-metal. L'utilisation de samples, musicaux et vocaux ("Angelizer"), atteint ici son apogée.

Ribeiro possède un registre de voix toujours aussi unique, et le bougre se permet même des changements de tonalités surprenants: il passe du susurrement ("I Am The Eternal Spectator") au hurlement death ("Lustmord"), de la voix cybernétique ("Adaptables") au grognement d'outre-tombe. Une schizophrénie vocale paroxystique, appréciable, tant l'ambiance change de tonalités aussi. On passe d'une ballade faussement calme ("Can't bee") à un indus brutal ("Lustmord" et "Soulsick") voire christique ("Angelizer"). Les guitares sont acérées, puissantes, toujours prêtes à lâcher un riff gargantuesque. L'ambiance sonore est proprement géante, l'équilibre entre cette voix unique et le fond musical truffé d'instruments et de volutes venues d'une contrée lointaine est parfait. La variété est bien plus présente que sur Darkness And Hope, trop monotone et bien trop homogène.

Il faut dire que l'emploi de ces fameux samples et synthétiseurs est devenu un incontournable du disque, au point de faire carrément de l'ombre aux instruments traditionnels. Mais attention, Moonspell joue toujours un dark metal aux influences gothiques majeures et à la saveur death. Donc aucune inquiétude, tellement ces samples sont bien intégrés aux titres: "Tired", le meilleur morceau du disque, à l'entame religieuse, en est le parfait exemple: il possède une ambiance gé-ni-ale et vous porte bien loin dans les sensations musicales (étrangeté, puissance, grandiloquence, inquiétude).


The Butterfly Effect est à l'image de ses compositions: déroutant, surtout après le virage Sin/Pecado, il montre parfaitement les aspirations de changement de ses géniteurs. Quant à l'étrange effet papillon...je ne sais pas si c'est l'effet provoqué par l'écoute de cet album, mais reste qu'il s'agit d'un album majeur, qui transporte, qui interpelle. Le papillon vole de ses propres ailes, dorénavant et il se fout carrément des modes: ce nouvel album est indispensable.


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