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CHRONIQUE PAR ...

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Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 26 avril 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Fernando Ribeiro
(chant)

-Ricardo Amorim
(guitare)

-Pedro Paixao
(claviers)

-Aires Pereira
(basse)

-Miguel Gaspar
(batterie)

TRACKLIST

1) White Omega
2) White Skies
3) Fireseason
4) New Tears Eve
5) Herodisiac
6) Incantatrix
7) Sacrificial
8) A Greater Darkness

DISCOGRAPHIE

The Butterfly Effect (1999)
Night Eternal (2008)
Alpha Noir (2012)
Omega White (2012)
Extinct (2015)

Moonspell - Omega White
(2012) - gothique - Label : Napalm Records



Cette année, les Portugais de Moonspell ont décidés de mettre les petits plats dans les grands. Ce n'est pas un, mais deux albums qu'ils nous offrent ! D'un côté, le sombre et puissant Alpha Noir d'une grande agressivité, et de l'autre, Omega White, beaucoup plus porté sur la face éthérée de la formation.

Omega White est donc en réalité tout l'opposé d'Alpha Noir, ou presque. Là où le premier préfère utiliser la puissance, l'agressivité et l'efficacité de mélodies imparables, le côté blanc en revanche est bien plus porté sur l'atmosphère, et la sensibilité, une part importante de la musique de Moonspell certes, mais ici très exacerbée. Les morceaux se retrouvent donc bien moins véloces, plus ambiants, sans pour autant renier la guitare, qui reste bien présente malgré tout. Le rythme n'est pas particulièrement soutenu, et tous les instruments sont au service de l'émotion avant tout, pour le meilleur, ou parfois pour du moins bon. Car là où la face noire nous montrait un groupe portugais au sommet de sa forme et livrant un sans faute ou presque, ici, ce sera bon mais plus en demi-teinte.
Le chant de Fernando est en revanche, et comme d'habitude, le point qui se démarquera. Son chant clair est ici d'usage, et qu'est-ce qu'il est beau quand même ! Ce frontman est exceptionnel, capable de prendre toutes les tonalités qu'il veut et de toucher sans tomber dans des excès regrettables. Portant à bout de bras le disque d'un bout à l'autre, sans faillir, et n'usant que très peu son growl, il est intéressant de constater que sur ce double album, on peut ainsi profiter des deux facettes du chant de cet homme hors-pair. Et parfois, quand une piste semble plutôt vide et inintéressante musicalement parlant (hé oui, ça arrive), il est le point qui donne quand même envie de l'écouter, car quand même, chanter comme lui ce n'est pas donné à tout le monde !
Vous avez donc bien lu, tout n'est pas parfait. A commencer par un morceau largement en dessous des autres : "Incantatrix". Ennuyeux et monotone, seule la voix de Fernando suscite un quelconque intérêt sur un titre qui, lui, montre une baisse d'inspiration chez Moonspell. Heureusement, ce faux pas est immédiatement rattrapé : que ce soit l'éponyme "White Omega", la mid-tempo romantique "New Tears Eve" mystérieuse et lancinante, ou le grand final qu'est "A Greater Darkness", ce tiercé gagnant est là pour vous faire oublier le moins bon. Si l'ensemble reste en dessous de ce que la formation propose sur Alpha Noir, force est de constater que l'ennui reste absent, et que même dans sa partie plus mélancolique, le groupe n'oublie pas la qualité.


Omega White reste donc un bon disque, et une face de Moonspell toujours plaisante à (re)découvrir. A l'exception d'un titre, on navigue donc dans des eaux claires, faites de larmes et de tristesse, mais l'enchantement est si grand que le plongeon est immédiat. Décidément, en 2012, le groupe portugais frappe très fort.


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