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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 12 juin 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Fernando Ribeiro
(chant)

-Ricardo Amorim
(guitare)

-Pedro Paixao
(claviers)

-Aires Pereira
(basse)

-Miguel Gaspar
(batterie)

TRACKLIST

1) Breathe (Until We Are No More)
2) Extinct
3) Medusalem
4)
Domina
5) The Last Of Us
6) Malignia
7) Funeral Bloom
8) A Dying Breed
9) The Future Is Dark
10) La Baphomette

DISCOGRAPHIE

The Butterfly Effect (1999)
Night Eternal (2008)
Alpha Noir (2012)
Omega White (2012)
Extinct (2015)
1755 (2017)

Moonspell - Extinct
(2015) - gothique - Label : Napalm Records



Moonspell fait partie des valeurs sûres du metal gothique. Fort d’une carrière longue de plus de vingt ans et porté par le succès de ses deux derniers albums qui l'avait propulsés sous les feux des projeteurs, dire que sa nouvelle offrande était attendue est un euphémisme. Quelle sera donc la prochaine étape de son évolution musicale ?

Le double album Alpha Noir / Omega White avait vu s’opposer deux facettes de l’identité de Moonspell. D’une part, le côté « violent » faisant la part belle au growl et aux guitares puissantes et de l’autre, le côté mélancolique, plus calme et plus intimiste. Trois ans plus tard, Extinct s’engage dans une « nouvelle » voie, pourtant déjà explorée par le passé : celle du rock gothique. Le titre d’ouverture, "Breathe (Until We Are No More)", introduit les choses de la meilleure des manières. Le chant chaleureux de Fernando Ribeiro, un excellent riff, des orchestrations d’inspiration orientale et un refrain très rentre-dedans, faisant entendre le growl  toujours aussi maîtrisé du brailleur lusitanien ; le groupe ne retournerait-il pas à ses anciennes amours du temps de Night Eternal ?
La suite nous montrera que non. Car on enchaîne avec le morceau-titre, au tempo plus rapide et au refrain encore une fois imparable. À n’en pas douter, un futur carton sur scène. Et si les ingrédients habituels sont présents (le chant, les claviers grandiloquents, la rythmique lourde et une excellente prestation de Ricardo Amorim à la guitare), le feeling rock se fait désormais sentir, tant dans le format que dans la musique elle même. Et "Medusalem" enchaînera sur le même tempo et sur le même modèle, en rajoutant d’excellentes sonorités arabisantes. Au vu de ces trois titres assez dynamiques, on se dit que le groupe a décidé de laisser derrière lui son passé sombre et extrême au profit de morceaux plus rythmés, moins durs, plus sobres, moins gothiques en fait. D’autres titres ("The Last Of Us", "Funeral Bloom", "A Dying Breed") restent dans cette veine : directs, lorgnant vers le Paradise Lost des années 2000.
Le versant plus mélancolique des portugais n’est pas totalement abandonné puisque sur "Domina", le rythme se ralentit, l’ambiance est plus intimiste, plus aérienne et le refrain hantera la tête des auditeurs longtemps après l’écoute. Idem pour "The Future Is Dark", plus sombre dans son propos, sur lequel Ricardo Amorim fait état de tout son talent et de son feeling au cours d’un solo très touchant. Seul le morceau "Malignia" n’est pas au niveau du reste de l’album, trop répétitif et manquant de mélodie, ce qui le rend rapidement lassant. L'album se conclut avec un morceau original bien qu'anecdotique, "La Baphomette", il permet d’entendre Fernando Ribeiro chanter en français sur un titre qui fleure bon le cabaret du XIXème siècle.


Vous l’aurez compris, avec Extinct Moonspell a mis de côté son versant extrême et agressif pour se concentrer sur une musique plus directe, tout en conservant tous les ingrédients qui font son charme depuis deux décennies. Le résultat est pour le moins séduisant, mais pourra rebuter les amateurs du son plus dur et plus ambitieux de Night Eternal et Alpha Noir.


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