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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 13 octobre 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Tomi Joutsen
(chant)

-Esa Holopainen
(guitare)

-Tomi Koivusaari
(guitare)

-Santeri Kallio
(claviers)

-Niclas Etelävuori
(basse)

-Jan Rechberger
(batterie)


TRACKLIST

1) Under The Red Cloud
2) The Four Wise Ones
3) Bad Blood
4) The Skull
5) Death Of A King
6) Sacrifice
7) Dark Path
8) Enemy At The Gates
9) Tree Of Ages
10) White Night

DISCOGRAPHIE


Amorphis - Under The Red Cloud
(2015) - melodeath folk - Label : Nuclear Blast



Amorphis, c’est un peu comme une ex. Après la passion, était venue une certaine routine qui m’avait lassé. Au fur et à mesure, j’ai préféré aller voir ailleurs, jusqu’à la rupture. De temps en temps, j’aime cependant les retrouver pour savoir ce qu’ils deviennent, en sachant pertinemment que tout est fini entre nous. Mais voilà que surgit l’étincelle de la passion de nouveau et je me sens proche de replonger dans nos anciens amours… Pourrais-je résister à la tentation ?

Under The Red Cloud, dernier album en date des scandinaves, reste dans la veine de ceux de la période Joutsen. On reconnaît le groupe immédiatement dès les premières notes, mais des perturbations viennent titiller nos oreilles. D’abord, l’aspect folk est fortement présent dans l’album, que ce soit un folk moyenâgeux ("Under The Red Cloud", "Tree Of Ages") ou oriental ("Enemy At The Gates", "Death Of A King"). Les morceaux côté Est apportent de la fraîcheur à un groupe bien ancré dans ses habitudes. Au bout de plusieurs écoutes, l’auditeur les assimile plutôt bien. Mais la première impression est un peu déstabilisante. Ce qui marque ensuite est l’énergie générale de la galette. Si certains albums du groupe étaient surtout rock, on a bien affaire à un album de metal ici. Bien sûr, Amorphis n’est pas devenu un groupe de metal extrême d’un coup, mais on sent vraiment la différence. Le growl est très présent, les riffs et les parties rythmiques ne mentent pas : tout est plus pêchu. Le groupe va chercher l’intensité dans la puissance et non plus dans l’émotion.
Le groupe reste hélas empêtré dans certaines habitudes. Ainsi, les refrains sont hyper classiques et souvent déjà entendus. Tomi Joutsen ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit : on plaque quatre accords avec un chant clair. C’est dommage, car les efforts d’évolution et d’originalité sont présents partout ailleurs. Plusieurs breaks atypiques permettent à certains morceaux de sortir de leurs bases ("Enemy At The Gates", "The Four Wises One"). On remarque également les soli, souvent très réussis et pertinents. Les guitares n’hésitent pas à se répondre, témoignant d’une envie de peaufiner les morceaux. De nombreux guests sont d’ailleurs présents sur la galette pour accompagner le groupe. Et en ne produisant finalement aucune ballade sur l’album, Amorphis crée un enchaînement des morceaux plus dynamique, utilisant des passages plus rythmés ou agressifs. C'est leur producteur, Jens Brogen qui les a poussé à cela. Un pari gagnant.


Avec Under The Red Cloud, Amorphis remet du growl et de l’énergie un peu partout dans sa musique. Si la première impression est déjà très bonne, l’album se paye le luxe de se peaufiner avec le temps. Pour un groupe qui semblait sur la pente descendante ces dernières années, c'est une très bonne surprise !


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