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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 06 octobre 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Rolf Magnus Joakim "Joey Tempest" Larsson
(chant)

-John Terry Norum
(chœurs+guitare)

-Gunnar Mathias "Mic" Michaeli
(chœurs+claviers)

-Jan-Håkan "Ian" Haugland
(chœurs+batterie)

-John Gunnar Levén
(basse)

TRACKLIST

1) The Final Countdown
2) Rock the Night
3) Carrie
4) Danger on the Track
5) Ninja

6) Cherokee
7) Time Has Come
8) Heart of Stone
9) On the Loose
10) Love Chaser

DISCOGRAPHIE


Europe - The Final Countdown
(1986) - hard rock hard FM glam - Label : Epic Records



Contrairement aux apparences les musiciens qui ont enregistré l’entêtant single "The Final Countdown", qui cartonne comme pas permis au cours de l’année 1986, ne débarquent pas de nulle part. Certes, personne ou presque ne les connaissait hors de leur pays d’origine avant l’explosion du hit planétaire. Mais vu que la patrie en question est la Suède, où les instruments de musique et les salles de répétition sont en accès libre, l’émergence d’un phénomène comme Europe est tout sauf un hasard.

Abba avait montré la voie au milieu de la décennie précédente et régulièrement, la nation classée aux environs du quatre-vingtième rang de la population mondiale livre des artistes taillés pour conquérir les charts de la Terre entière. Malgré les réalisations remarquées de Heavy Load, Bathory et Yngwie Malmsteen (exilé aux States), la popularité du hard rock et du metal suédois reste encore confidentielle. Quelques jours avant que Candlemass ne tente sa chance en signant sur un label français (rires dans la salle), Europe rebat les cartes en sortant son troisième LP, éponyme du single pré-cité - évidemment placé en ouverture. Le gimmick emphatique aux synthés répété jusqu’à l’étourdissement en soutien du refrain permet de se rendre compte à quel point les Scandinaves mené par Joey Tempest, qui a composé l’engin, sont doués pour annexer les neurones. Impossible à déloger, pas plus que le refrain de "Rock the Night", gonflé de chœurs de stadium qui obligent à le chanter, même si l'on n’en a pas envie. La guitare reprend momentanément la main sur les claviers, qui restent néanmoins en embuscade. Ils s’imposent de nouveau sur "Carrie", ballade qui complète un redoutable brelan de tubes. Encore un refrain indélébile, porté par le chant expressif de Tempest qui arrive de justesse à faire passer ce qui ressemble quand même à un gros morceau de guimauve.
En toute logique, le producteur nord-américain Kevin Elson, partenaire de longue date de Journey, favorise les saillies vocales du beau gosse, selon la tendance de l’arena rock qu’il a lui-même contribué à faire émerger. Une fois passée la triplette d'exposition, les Nordiques y vont mollo sur le racolage – à l'instar d'Asia un lustre auparavant. Un motif énergique à la six-cordes sur fond d’orgue à la Deep Purple tenu par le nouveau venu Mic Michaeli, un refrain séducteur mais qui ne fait pas dans la drague lourde malgré une chorale encore bien joufflue : "Danger on The Track" est plus facile à aimer. D’ailleurs le duel orgue-guitare est succulent. Cependant le virtuose de la six-cordes obtient un temps d’exposition plutôt chiche compte tenu de ses aptitudes - pas question cette fois de lui accorder un instrumental comme sur Wings of Tomorrow, le deuxième long format de 1984.
Les riffs sont loin d’avoir la faveur du mixage, particulièrement sur l’autre trois-à-la-suite, ventre mou constitué de "Cherokee", de la seconde ballade "Time Has Come" et de "Heart of Stone", anecdotique mid tempo toutefois sauvé par l’un des meilleurs solos de Norum. Celui qui dynamise "Ninja" n’est pas pour rien dans la réussite d’un morceau vigoureux et dont le thème mémorable est pour une fois porté par la guitare qui fait (presque) oublier l’omniprésence des synthétiseurs. Sans renouer avec le tempo rapide de "Scream of Anger" sur Wings of Tomorrow, les banlieusards de Stockholm rappellent leurs racines hard rock sur "On The Loose", au départ composé pour un film dans lequel joue Tempest. Norum la joue shreddeur, le refrain est direct et, encore une fois, accrocheur. Le recueil se clôt avec "Love Chaser", paré d’une mélodie mélancolique faisant regretter que le groupe n’ait pas joué cette carte plus souvent.


S’appeler Europe sans avoir (quasiment) joué hors de ses frontières, ça ne fait pas très sérieux. Le quintet se donne les moyens de faire le tour du monde en changeant complètement de dimension avec un album bourré de synthés aguicheurs et de chansons bâties pour le succès. Le rock est lissé mais toujours présent, donnant de la consistance à un ensemble penchant nettement vers l’AOR prisé par les radios US grand public. Mais à un moment donné, il va falloir choisir son camp. John Norum, lui, a déjà fait son choix : il se barre, en pleine tournée, alors que The Final Countdown vient d’être mis à disposition. La gloire a un prix que tout le monde n’est pas prêt à payer.



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