20219

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 05 juin 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Rami Jämsä
(chant+guitare)

-Jani Kuhanen
(guitare)

-Juha "Patti" Telenius 
(basse)

-Janne Miikkulainen
(batterie)

TRACKLIST

1) Introduction
2) World Without God
3) Putrid Intercourse
4) Incantation of Restoration
5) Blasphemous Verses
6) False Religion
7) Resuscitation of Evilness
8) Infernal End
9) Godless Truth
10) Powerstruggle of Belief

DISCOGRAPHIE


Convulse - World Without God
(1991) - death metal - Label : Thrash Records



Ce fut bon. Bref mais bon. Y-a-t-il eu, dans l’histoire de la musique, une scène plus éphémère que celle des pionniers du death metal à la finlandaise ? Splits, changements drastiques d’orientation musicale, baisse significative de niveau… Aucun des Funebre, Amorphis, Abhorrence, Demilich, Demigod et consorts n’a réussi à porter haut la bannière du « finndeath » plus longtemps qu’une poignée d’années. Et Convulse ? Pas mieux. Mais, comme un certain nombre des groupes cités ci-dessus, leur premier essai est un coup de maître.

Parti soudainement explorer les terres du death’n’roll avant de s’offrir un petit break à la Metallica/ Tool - vingt ans, une petite sieste, quoi - les Finlandais de Convulse subsistent uniquement dans la mémoire de quelques nostalgiques du death old-school. Mais ces derniers, dont je fais partie, vous l’aurez compris, emporteront le souvenir de World Without God avec eux dans l’Au-delà, tellement ce premier album s’avère impactant. En septembre 1991, Convulse et Funebre sortent, à une semaine d’écart, leur premier effort longue-durée et, si l’œuvre des seconds nommés me paraît plus anecdotique, celle des premiers n’est plus ni moins que la définition des standards du death metal sauce finlandaise. Le jeune quatuor s’est visiblement nourri de la musique des pionniers nord-américains : World Without God possède des similitudes avec les deux premiers Death et rappelle également par certains aspects le mythique Dawn of Possession d'Immolation. Les Finlandais sonnent raw, grave, lugubre et rampant. Ils ajoutent toutefois quelques ingrédients de leur cru aux éléments de bases. La lourdeur et la tension peu communes qu’ils impriment à leur metal frappe rapidement les esprits. Adeptes des variations de rythme fréquentes, les musiciens arrivent à sonner lourd et rustauds même lorsque Janne s’énerve derrière ses fûts, ses blast beats possédant la légèreté et la grâce de la première ligne de l’équipe des Springboks.
Autre élément original : la substitution des solos de guitare, dont le groupe est particulièrement avare, par des arrangements apportant une touche atmosphérique particulièrement sinistre, et presque mystique, à l’ensemble. La bonne vieille cloche d’église de "Putrid Intercourse" , un chant soufflé et non growlé, l’espace de quelques instants sur "Incantation of Restoration", de brefs accords acoustiques sur "False Religion" ainsi que des nappes de claviers fort sombres intégrées à "Godless Truth". Pas sûr que, mis bout à bout, la durée de ces maigres artifices atteignent la minute, mais ces petites touches sont suffisantes pour colorer l’album sans altérer la brutalité ni l’efficacité de l’œuvre. Seul élément un tantinet incongru : l’introduction acoustique façon thrash mélodique U.S. de "Powerstruggle of Belief", mais cette brève incursion dans le monde de Flotsam & Jetsam fait long feu et le dernier titre de l’album séduit par son caractère primaire, terriblement jouissif. Outre ce morceau, les trois premières pistes de World Without God doivent être, elles aussi, absolument écoutées, notamment" Incantation of Restoration", au motif musical principal particulièrement simple et bestial. Néanmoins, et même si le passage s’étendant de "False Religion" à "Infernal End" est trahi par une légère baisse de régime, une écoute exhaustive et répétée de ce monument oublié du death old-school est vivement conseillée.


On vient, on gagne, et on s’en va. À l’instar de leurs petits camarades, les gars de Convulse ne font qu’une brève apparition sur le devant de la scène extrême… mais quelle apparition ! Glauque, lourd, violent et vicieux, aucun doute possible, le monde du premier album des Finlandais est un monde sans bonté ni miséricorde. Amateurs de raffinement priés de passer directement à l’album suivant.



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