20073

CHRONIQUE PAR ...

124
Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 31 décembre 2025
Sa note : 17/20

LINE UP

-k.u.k. Galizisches IR Nr.15, Gefreiter, Ditmar Kumarberg 
(chant)

-K.K. LIR Czernowitz Nr.22 Oberleutnant, Witaly Wyhovsky 
(guitare)

-K.K. LIR Stanislau Nr.20 Zugsführer, Oleksa Fisiuk
(guitare) 

-k.u.k. Galizisch-Bukowina’sches IR Nr.24, Feldwebel, Armen Howhannisjan
(basse)

-K.K. LIR. Lemberg Nr.19 Fähnrich, Rostislaw Potoplacht 
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Christopher Scott
(chant sur 7)

-Aaron Stainthorpe
(chant sur 8)

-Jerome Reuter
(chant sur 9)

TRACKLIST

1) War In (The Beginning of the Fall)
2) 1914(The Siege of Przemyśl)
3) 1915 (Easter Battle for the Zwinin Ridge)
4) 1916 (The Südtirol Offensive)
5) 1917 (The Isonzo Front)
6) 1918, Pt. 1: WIA (Wounded in Action)
7) 1918, Pt. 2: POW (Prisoner of War)
8) 1918, Pt. 3: ADE (A Duty to Escape)
9) 1919 (The Home Where I Died)

10) War Out (The End?)

DISCOGRAPHIE


1914 - Viribus Unitis



2025. 1914 est de retour pour nous narrer un pan de l’histoire du premier conflit mondial. Après le succès mérité de ses deux précédentes livraisons, les Ukrainiens étaient attendus de pied ferme. D’autant que ces derniers se retrouvent au cœur d’un conflit actuel qui s’enlise.

Sur le plan musical, Viribus Unitis frappe par une continuité stylistique attendue. Point de révolution en vue, mais une suite logique du discours musical des Ukrainiens. Ici, tout semble proche des deux derniers albums du groupe. La puissance de sa production et le son massif conservent cette identité déjà bien affirmée. Les guitares déploient des motifs doom lourds et obsédants, tandis que la batterie martiale imprime un rythme implacable, évoquant la mécanique froide et répétitive de la guerre, comme sur "1918 pt.1 : WIA". D’autres titres comme "1914 (The Siege of Przemysl)", "1915 (Easter Battle for the Zwinin Ridge)" illustrent parfaitement cette capacité à alterner lenteur écrasante et explosions de violence pure. Notons les nombreux arrangements qui magnifient les morceaux, notamment l’utilisation de chœurs qui apportent une profondeur bienvenue, à l’instar de "1915 (Easter Battle for the Zwinin Ridge)" ou "1918 pt.1 : WIA". Et que dire des samples historiques et de nappes atmosphériques discrètes qui renforcent l’immersion sans jamais tomber dans l’emphase ? Ces ingrédients entrainent l’auditeur dans une expérience immersive, évoquant une période des plus violentes du siècle passé.

Mais Viribus Unitis prend toute sa mesure lorsqu’il est replacé dans le contexte ukrainien, aujourd’hui indissociable de l’identité du groupe. Sans discours frontal, 1914 aborde la guerre avec une authenticité glaçante, nourrie par l’Histoire mais douloureusement ancrée dans le présent. Les paroles, écrites avec un réalisme cru, décrivent la peur, la déshumanisation et l’absurdité du sacrifice, loin de toute glorification. L’on suit le parcours d’un soldat originaire d’Ukraine, se retrouvant dans l’armée austo-hongroise et se retrouvant sur le front italien. Viribus Unitis, expression qui rappelle le rapprochement des empires centraux n’a pas été choisi au hasard. Ou comment une union de chefs d’État aura un impact énorme sur des millions de personnes ? Le chant de Dietmar Kumarberg, toujours aussi habité, oscille entre rage sourde et désespoir résigné, donnant chair à ces récits de soldats broyés par des forces qui les dépassent.

Les interventions d’artistes invités, notamment Aaron Stainthorpe, fraichement débarqué de My Dying Bride, sur "1918 Pt. 3: ADE" apportent une dimension tragique supplémentaire. Sur l’outro "1919", Jérôme Reuter de Rome, dont on connait les positions concernant la guerre russo-ukrainienne, accentue le sentiment de fatalité qui imprègne l’ensemble. Car une fois terminé, les armes se taisent, mais le conflit persiste. Les conséquences psychologiques durables par exemple, sont prégnantes. Et l’ensemble devient terriblement glaçant, lorsque l’on songe que plus d’un siècle après cette boucherie, des millions de personnes sont encore victimes de ces conflits insensés. À commencer par les membres de 1914.

Avec Viribus Unitis, 1914 livre sans doute l’album le plus dense et le plus abouti de sa carrière, une œuvre qui dépasse le simple cadre du metal extrême pour s’imposer comme un véritable monument mémoriel. Fidèle à son concept, le groupe ukrainien transforme l’Histoire en une expérience sonore aussi écrasante que nécessaire.





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