20062

CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 25 décembre 2025
Sa note : 18/20

LINE UP

-Michael Gregor “Silenius”
(chant)

-Thomas Tannenberger “T.T.”
(guitare+ basse+batterie)

-Peter Kubik "P.K." (R.I.P. 2024)
(guitare)

TRACKLIST

1) Halt the Wheel of Timeless Change
2) Soldaten Satans

3) Feasting on the Prophet’s Blood
4) Extermination Angel
5) Cult of Elder Chaos
6) Burning Hell
7) Forniotrs Weltenreise

8) Morning Star Anthropophagia

DISCOGRAPHIE


Abigor - Taphonomia Aeternitatis - Gesänge im Leichenlicht der Welt
(2023) - black metal Sans âge, élégant et dissonant - Label : World Terror Committee



Ma rencontre avec Abigor, c’était en 1995. Enfin, « rencontre » … Je devrais plutôt écrire « coup de foudre » dans tous les sens du terme. Aussi intense qu’éphémère. J’ai été subjugué par la tournure médiévale de Orkblut – The Retaliation et le déchainement vocal de "The Rising of Our Tribe". Jamais je n’avais entendu une orientation artistique similaire dans le black metal naissant, hors de Scandinavie. Même en Scandinavie. Des interludes pacifiques entre chaque titre, des synthétiseurs, des breaks, et un son de guitares nouveau. Après, je me suis perdu dans Nachtymnen car j’y ai cherché ce qui m’avait tant attiré dans son prédécesseur et ne l’ai pas trouvé. Je n’ai pas persévéré et ai laissé là ce groupe à ses expérimentations pas toujours heureuses pour le moi de l’époque, mais au moins avaient-elles le mérite d’exister. Changer pour exister, quitte à perdre des fans en route. Et c’est probablement pour cela qu’Abigor n’a pas eu l’aura des Emperor, Satyricon ou Mayhem pourtant contemporains, un peu à la manière, moins poussée à l’extrême, d’un Dødheimsgard.

Le trio fondateur fut de nouveau réuni pour Taphonomia Aeternitatis - Gesänge im Leichenlicht der Welt, leur ultime album ensemble en raison du décès de Peter Kubik l’année qui suivit. Kubik n’était pas, au même titre que Tannenberg, le plus connu des trois, les projecteurs de l’obscure scène black metal étaient plutôt braqués sur Gregor, plus pour ses side-projects que pour Abigor lui-même… Quand ces sides s’appelaient Summoning, Die Verbannten Kinder Evas et Pazuzu, il n’était pas anormal qu’Abigor fût passé en second. Cependant, ce n’est pas la présence de ces trois-là qui m’a ramené vers le groupe, mais clairement ce que j’ai entendu. C’est pourtant si différent de mon premier émoi de 1995, et surtout surprenant que je puisse m’arrêter sur ce type de black, en dehors de ma zone de confort. Pensez-donc, du black « avant-garde » avec de la dissonance. Quoique…
J’entends déjà pouffer alors que je vais encore faire un oxymore : la dissonance est finalement mélodique ; elle n’est pas le fruit d’une absence de mélodie, c’est en fait la tonalité des instruments qui est dissonante. Difficile à expliquer pour le non-musicien que je suis, c’est une tentative d’exprimer mon feeling avec mes mots. Avec un peu de recul, je pense arriver à analyser pourquoi j’ai vraiment aimé cet album. La production est très claire avec un équilibre parfait, les multiples voix sont superbement mises en avant et sont réellement habitées. Il y a du chant clair, notamment sur "Forniotrs Weltenreise" ou "Feasting on the Prophet’s Blood", de la voix féminine sur "Morning Star Anthropophagia" et "Cult of Elder Chaos", en plus des grognements, du growl et des hurlements d’usage, bien sûr. Le tout est mixé avec une fluidité inattendue. Ou peut-être que la non-fluidité créée par la dissonance relativise tout cela ? Et la violence est toujours là, il n’y a qu’à écouter "Extermination Angel" pour s’en convaincre. L’album fait partie de ceux qui s’effeuillent au fil du temps ; plus on l’écoute, plus on « l’entend », plus les détails apparaissent, plus les titres secondaires du départ deviennent primaires, plus la complexité se dévoile pour laisser une impression d’évidence.


Vous connaissez probablement le vieil adage « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ». Je crois que Taphonomia Aeternitatis - Gesänge im Leichenlicht der Welt en est l’illustration musicale parfaite. Cet album est un melting pot de plusieurs styles de black, superbement produit, composé avec une énorme maturité, pour aboutir à des moments d’une élégance rare dans le style. Jamais, en 1995, je n’aurais pu associer « élégance » et « Abigor ». Cet album me procure les mêmes sensations que le Daemon de Mayhem qui n’aurait pas dû me plaire, moi qui n’ai jamais aimé Mayhem, ou que le Sinnets Irrganger de Manii. En fait, l’élégance intemporelle, «la classe», n’est que rarement attribuable à des combos récents. Les anciens, peu nombreux, peuvent être capables de cela aujourd’hui, grâce à leur expérience, mais ils ne le font qu’une fois, et se ratent la fois d’après.





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