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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 mai 2024
Sa note : 17/20

LINE UP

-Neal Morse
(chant+claviers)

-Roine Stolt
(guitare)

-Peter "Pete" Trewavas
(basse)

-Michael Stephen "Mike" Portnoy
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-The "Elite" choir
(chœurs)

-Keith Mears
(saxophone sur 1)

-Chris Carmichael
(violon+alto+violoncelle)

TRACKLIST

1) Duel with the Devil
2) Suite Charlotte Pike
3) Bridge Across Forever
4) Stranger in Your Soul

DISCOGRAPHIE


Transatlantic - Bridge Across Forever
(2001) - rock prog - Label : Inside Out Music



Déséquilibré. Se dit d’une personne mentalement instable, potentiellement dangereuse pour son entourage. Se dit également d’un disque dont seulement deux titres forment plus de cinquante minutes de musique. Peut potentiellement également provoquer des dommages irréversibles à ses auditeurs.

Bridge Across Forever est un album fondamentalement déséquilibré. Mais de ce déséquilibre précaire surgit justement la lumière. Lumière, référence évidente quand on pense au compositeur insatiable et inarrêtable qu’est Neal Morse, homme de quantités de groupes, et d’une somme faramineuse de musique (on compte en années à ce niveau). Incapable de ne pas composer, le leader américain impose forcément sa patte dans un super-groupe qui fait honneur à son statut. Spock’s Beard (encore à l’époque), Neal Morse band et consorts, Flower Kings, Marillion et bien évidemment Dream Theater. Prog + prog + prog + metal prog = ? Oui, prog trèèèèèèèèèèèèèès progressif. De toute façon, vous le saviez déjà, misérables lecteurs, vu que cet album a bien plus de vingt ans à l’heure où nous nous parlons. Et que vous avez lu l’intro évoquant deux titres tirant à plus de vingt-cinq minutes chacun. Et prog très progressif ne cherchant pas à progresser paradoxalement.
Car monter un super-groupe avec des super compositeurs ne signifie pas palpiter d’idées neuves. D’idées, oui. Neuves, non. Et l’on pourrait même les taxer de paresse coupable. Avec Mike Portnoy dans leurs rangs, pourquoi diantre ne pas avoir incorporé un semblant plus de metallicité ? Les trois-quarts du groupe étant de purs progueux, la majorité a eu raison. Et paresse, car on imagine la rapidité de Morse à dégainer des squelettes de compo, que ses compères ont obligeamment suivis.
Mais. Avec le talent qui est le leur. Chacun.
Et c’est bien là que réside le nœud gordien de cette réussite. Ah bon ? Vous n’étiez pas au courant que c’est une réussite ? Les (multi) instrumentistes de cette galette n’avaient déjà rien à prouver au monde en cette époque correspondant plus ou moins à leur apogée créative à tous, ni techniquement, ni artistiquement. Et par le truchement des talents combinés, le classicisme débordant, limite scolaire, devient simplement classieux. Car si l’on met de côté les inutiles intermèdes que se révèlent être au final "Suite Charlotte Pike", au mieux bien trop longue sympathique rengaine de cinquantenaires nostalgiques, et "Bridge Across Forever", qui ne contentera que les larmoyeurs en chef fans de Morse jusqu’au bout des ongles, Bridge Across forever vaut quasi exclusivement pour ses deux pavés maraboutés. D’une richesse folle, avec des orgies instrumentales à faire pleurer les amoureux des engins respectifs, d’une créativité débridée à défaut d’originalité et il faut bien le reconnaître, d’un bon gros niveau de kiff sa race.
Et chacune à sa manière s’il vous plaît. "Duel with the Devil" est progressive jusqu’au bout des ongles, porteuse des ADNs combinés des Flower Kings, Marillion et surtout Spock’s Beard, là où "Stranger in Your Soul" favorise un putain de gros riff qui occupera de longues et heureuses minutes la partie centre. Et donc plus metal. Oui, certes j’ai morigéné l’absence de metallicité, alors ne vous enflammez pas. Le riff est appuyé, il est même renforcé de double pédale par Portnoy, mais ne vous attendez pas à froisser votre chemise. Transatlantic reste toujours excessivement propre et sait se tenir en toute circonstances. Reste pour nous une bonne cinquantaine de minutes de purs plaisirs coupables diaboliquement prog. On se flagellera immédiatement après afin d’expier nos péchés, mais le temps d’une heure, qu’il est doux de céder à ses perversions ! Et qu’importe les vingt minutes interchangeables qui séparent ces deux monstres.


« Maurice ! Quatre thés pas trop serrés pour la cinq !
Ok patron, avec du lait ?
Oh non, ces messieurs ne le digèreraient pas.
»
Oui voilà ce qu’est Bridge Across Forever, un grand cru de thé, dilué par ses accès de classicisme. Cela n’en demeure pas moins un grand cru, auquel manque tout bonnement la fougue. Mais il compense par une maîtrise titanesque de tous les codes doublée d’un talent instrumental et de composition dingues.


P.S.: une pensée pour le « graphiste » qui a « créé » la mochette



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