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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 20 janvier 2023
Sa note : 17/20

LINE UP

-Gleb "Vilhelm" Sysoev
(chant+guitare)

-Max "Morbius" Sysoev
(guitare)

Ont participé à l'enregistrement :

-Valentina Astashova
(claviers)

-Sergey Pastukh
(accordéon)

-Serpentum
(basse)

-Vlad Yungman
(batterie)

TRACKLIST

1) Gloomy Heart of the Coldest Land
2) Giant's Eternal Sleep
3) Into the Twilight
4) Hunger God
5) Moonspell and Grief
6) Winter Morning Tower
7) Mana

DISCOGRAPHIE


Grima - Frostbitten
(2022) - black metal - Label : Naturmacht



La taïga, le froid, la neige, les goulags. Voici les mots-clichés qui apparaissent dans nos têtes d’Occidentaux quand on évoque la Sibérie. Correspondent-ils à une réalité ? Aucune idée, mon seul lien avec cette contrée, c’est Grima. Et si la Sibérie est à l’image de leur musique, elle est belle.

Belle et violente. Émouvante également, même si les instants d’apaisement et de mélancolie cachent toujours une rage qui affleure. Après un Rotting Garden qui ne m’avait pas totalement convaincu, se dresse un Frostbitten que j’aborde un poil méfiant. Ma résistance initiale va toutefois fondre comme neige au soleil (l’image est raccord avec le groupe, forcément) et la prestation live auquel j’aurai le bonheur d’assister en janvier 2023 élèvera même le cinquième opus du duo au rang d’obsession de ce début d’année. Impacté par ce mélange de douceur et de frénésie live, je plonge des jours durant dans cette atmosphère glacée. Trois titres se détachent vite. L’initial "Gloomy Heart of the Coldest Land" montre Grima sous son meilleur jour, entre accélérations windiriennes et breaks splendides. La seconde moitié du titre s’avère tout bonnement poignante. "Hunger God" ressort également du lot. Sec comme un coup de trique, haché, austère, il est moins avenant que le premier morceau cité, mais sa puissance saccadée me fascine.
Et puis last but not least, "Winter Morning Tower" (rien à voir avec mes débuts de journée en fanfare) est du niveau de "Siberian Sorrow", ni plus ni moins. Un pur chef-d’œuvre, donc. L’accordéon, également présent sur "Giant’s Eternal Sleep", apporte sa touche nostalgique à ce bel édifice, fait de tristesse et de poésie. L’âme slave ? Si ce cliché existe réellement, il y en a un bout dans ce morceau, c’est certain. Le reste de Frostbitten est également de bonne qualité, même si le tour agallochien pris par "Into the Twilight" et "Moonspell and Grief" n’aboutit pas au même résultat. Sur ce dernier titre, la mayonnaise prend complètement et on se dit que, finalement, même si on compare volontiers les Russes à Enslaved, Grima et Agalloch ont peut-être plus en commun que ce qu’on pourrait penser. Ça fonctionne. En revanche, le passage en chant clair très (trop) doucereux de "Into the Twilight" ne s’avère pas très convaincant, mais pourrait tracer la voie d’une évolution du groupe vers quelque chose de plus… de moins… Bref, espérons qu’il ne s’y aventure pas.


Grima nous a pondu un très, très bel album. Varié, presque pictural, Frostbitten, permettra à tout fan de black atmosphérique et mélodique de voyager loin. "Winter Morning Tower" et "Gloomy Heart of the Coldest Land" ont tout pour devenir des classiques, et l’on espère que le réchauffement climatique ne ramollira pas la créativité du duo russe. Qui vivra verra.





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