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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 07 janvier 2023
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ryan Osterman
(chant+guitare)

-Evan Phelps
(guitare)

-Alexander Adin Rieth
(basse)

-Austin Rheinholz
(batterie)

TRACKLIST

1) Hexsewn
2) Death Is A Relief
3) Lift Your Head
4) Empty Vials
5) Amaranthine
6) Dimensional Bleed
7) Sightless
8) Void Of Light
9) True Loss
10) Blood Memory

DISCOGRAPHIE


Holy Fawn - Dimensional Bleed
(2022) - post rock black metal - Label : Wax Bodega



Holy Fawn avait créé une petite sensation aux USA en 2018 avec son premier album, Death Spells. Certains des titres ont cumulé plus d'un million d'écoutes sur Spotify, une belle performance pour un groupe estampillé black metal. Même s'il faut être honnête et reconnaître que le black metal d’Holy Fawn tient plus de Deafheaven et Alcest que de Gorgoroth ou Beherit. Ce n’est pas grand public, loin de là, mais plus abordable pour le non initié. Et voici donc la seconde offrande.

Le plus gros défaut du premier album du quatuor de l’Arizona était de manquer de balance: la première piste enterrait tout le reste du disque. Les autres compositions ne déméritaient pas vraiment mais elles n’avaient ni la construction, ni la rage de "Dark Stone". Dimensional Bleed répare le problème, l’album est plus homogène et il est plus difficile d’en extraire un titre. Le disque commence lentement avec une introduction toute en ambiance, un chant plus mesuré et contenu que sur n’importe quel titre de Death Spells. Puis vient "Death is a Relief", chimère de Slowdive et de Portishead avant de s’envoler vers des cieux plus saturés. Mais encore une fois, avec plus de retenue que par le passé. Puis le ton monte, jusqu'à un "Empty Vials" lourd, s’appuyant sur la rythmique presque doom pour nous étouffer et nous enfoncer. Puis "Amaranthine" en contrepoint, léger, aérien, du pur shoegaze.
La structure du disque continue ainsi, faite de flux et de reflux, comme des vagues venant s'écraser sur la plage avant de nous laisser un moment de calme durant lequel nous pouvons souffler. Je ne vais pas sortir les mots concept album, car ce n’en est pas un : il n’y a pas de fil directeur ou d’histoire commune narrée par plusieurs chansons. Holy Fawn a juste pensé à la structure du disque et à l'ordre des pistes, construisant un disque insécable (ce qui n’a pas empêché le groupe de sortir trois singles, nécessaire en ces temps où la musique est surtout consommée en playlist). Flux et reflux qui atteint son apogée lors de "True Loss", un très beau moment de blackgaze avec un mur de guitare et du chant onirique typique du genre. Pour finir sur un reflux légèrement noisy et grésillant avec "Blood Memory".
Le disque n’est pas parfait, malheureusement. Le plus gros défaut serait qu’aucun titre n’en ressort vraiment. Ce ne sera pas rédhibitoire pour tout le monde, ça ne l’est pas pour moi, j’aime écouter des albums complets et cohérents. C’est un voyage, mais qui ne va pas forcément laisser une empreinte temporelle durable. Aussi, même si le groupe utilise plus d’influences que par le passé, notamment le trip hop qui est assez présent sur cet album (pressenti par la version alternative de "Seer" sortie en single), cela reste quand même assez classique pour le genre. C’est très bon, mais c’est du blackgaze quelquefois un peu scolaire, sans grande surprise.


Sans bouder notre plaisir, nous avons là un des meilleurs albums de 2022 et un digne successeur du premier album prometteur de Holy Fawn. Les Américains ont su tirer les leçons du premier disque et ont renforcé la cohérence des compositions, pour un disque plus homogène. Le chant est plus en retenu et quelques influences trip hop parsèment l’album. Du blackgaze très solide.





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