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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 03 novembre 2022
Sa note : 18/20

LINE UP

-Craig Land
(chant)

-Soikot Ranjan "Shoi Sen" Sengupta
(guitare)

-Paul Nazarkardeh
(guitare)

-Stephen "Steve" Woodcock
(basse)

-Tom Atherton
(batterie)

TRACKLIST

1) Ritual Cannibalism
2) Sectarian Warfare
3) Relentless March
4) Weaponised Rape
5) Embrace Dystopia
6) Desecrating Innocence
7) Religious Cancer
8) Scapegoat
9) The Sword Verses

DISCOGRAPHIE


De Profundis - The Corruption of Virtue



Curieux parcours que celui de De Profundis. Venus du black metal, ils ont oscillé vers un death prog mélodique élégant avant de se radicaliser brusquement. Le tout avec des changements de labels plus ou moins heureux. Après un The Blinding Light Of Faith désarmant pour le fan, mais néanmoins réussi, le groupe revient quatre ans plus tard aux affaires avec un death metal agressif afin d'apporter une nouvelle pierre à ce qui devient une bien belle carrière.

Si The Corruption Of Virtue reste dans une certaine continuité musicale, ce n’est pas le cas du line-up. C’est avec tristesse que j’ai vu partir Arran McSporran qui m’avait tant enchanté avec ses parties de basse lors des précédentes productions. Il est remplacé par Steve Woodcock qui nous joue, lui, de la basse fretless. Cela n’a pas une influence si grande sur la musique du groupe, plutôt sur le son. Concernant ce dernier, il semblerait que les problèmes à ce niveau fassent enfin partie du passé. Il est percutant, puissant et on entend bien tous les instruments. Nul doute que ces soucis ont pénalisé De Profundis pour une reconnaissance plus précoce. Les Britanniques reviennent donc avec le death revendicatif qui avait fait honneur à leur précédente production. Qu’elles semblent loin les ambiances posées pleine de mélodies d’un The Emptiness Within ! Et pourtant, le groupe fait toujours partie du haut du panier. Si la musique ressemble à un death metal classique de prime abord, il se dévoile peu à peu. Comme pour The Blinding Light Of Faith, la première écoute m'a laissé sur ma faim. Tout paraissait trop simple. Il n’aura pas fallu longtemps ensuite pour que je prenne finalement mon pied. Les riffs sont plus intéressants qu’il n’y paraît et les musiciens gèrent parfaitement les montées en intensité. La musique de De Profundis est parfaitement huilé et gagne en force au fur et mesure que les morceaux entrent dans la tête de l’auditeur.
Les textes, où les attaques contre la religion sont présents, sont soutenus par un growl de qualité. Pas de grandes envolées, le tout reste sobre, mais toujours à propos. Le chant sait surtout se mettre de côté quand c’est nécessaire et qu’il faut laisser la place aux guitares. Les solos ont toujours été un point fort du groupe, tant à la six qu’à la quatre cordes. C’est une nouvelle fois le cas, le nouveau bassiste ne tardant pas à se faire remarquer, tant en intro ("Relentless March", "Embrace Dystopia") que pendant les breaks. Ces moments de bravoure, dans les graves comme dans les aigus, apportent un côté heavy, épique à l’ensemble, comme autant de respirations mélodiques Cela apporte une richesse bienvenue qui allège la musique du groupe qui pourrait vite devenir indigeste. Car De Profundis ne fait pas dans la dentelle : ça attaque dur, les riffs sont incisifs, les rythmes enlevés. On ne souffle pas un instant pendant la petite quarantaine de minutes que dure l'album. Et pour un groupe qui était autant basé sur les atmosphères, cette métamorphose est d’autant plus surprenante. Reste des morceaux remarquables dans leur construction, témoin du passé prog des Britanniques. Je terminerai sur le batteur qui, discrètement, mène la barque à bon port avec quelques rythmes pas piqué des vers et une gestion du tempo toujours à propos pour pousser les riffs et les solos à leur meilleur.


De Profundis enfonce le clou. Profondément. Un coup de marteau sec et bien net. Son nouveau langage lui permet de produire un album furieusement efficace porté par des gratteux de grande qualité. Intense, vindicatif, technique et riche, The Corruption Of Virtue est à nul doute l’une des sorties de l’année. De Profundis continue à creuser son sillon plein de virages et de circonvolutions, mais un sillon… profond ?





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