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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 août 2022
Sa note : 13/20

LINE UP

-Pete Clarke
(chant)

-Ross Duffy
(guitare)

-Greg "Daff" Diffin
(basse)

-John Curlett
(batterie)

TRACKLIST

1) Heavily Medicated
2) Learned Wretchedness
3) Judas Switch
4) The Human Tensile Experiment
5) An Abhorrent Intervention
6) Shaped by Human Frailty
7) Dead Before the Still
8) Psychology of the Sick
9) Horrors Beneath

DISCOGRAPHIE


Strangle Wire - Shaped by Human Frailty
(2022) - death metal - Label : Grindscene Records



Du death metal qui traite de la fragilité humaine au travers d’un label nommé Grindscene, que peut décemment attendre le fan de morbidité si ce n’est sa décharge quotidienne de gore, de sang, de rage et de brutalité ? Affaire à débattre, mais déjà réglée m’est avis. Au-delà de cette non-question, Strangle Wire est une entité irlandaise (du nord). À part qu’ils ont anglais première langue et donc aucune difficulté d’expression dans cet idiome, cela ne signifie pas grand-chose.

Car Primordial et Mourning Beloveth partagent une île avec eux, bien que pas une nationalité mais opèrent pourtant dans deux styles radicalement différents. L’Angleterre reine-patrie et ses Carcass et autres Napalm Death ou Bolt Thrower a des références bien plus pertinentes. Toutefois sachez immédiatement que Strangle Wire ne partage pas le goût immodéré pour le blast de ces maîtres-étalons (dissipé avec le temps et l’âge). Strangle Wire a le bon heur de se fixer sur un death metal certes rugueux et graisseux, pourtant il le fait sans abondance de blast et c’est bien la première caractéristique notable de cette troupe venue du nord. Bienfait si vous voulez mon avis en toute modestie. La vitesse sans idée est vaine. La diversité des tempos bien plus exquise. Et c’est à ce niveau que les Irlandais du nord font leur trou.
Car les rythmes lourds et appuyés se multiplient tout le long d’un album concis bouclé en un peu plus de trente minutes. Point le temps de l’ennui et un mouvement intelligent de leur part. Cela leur permet de déployer leur vision mid tempo sans être ni rétrograde ou old school du death metal. Un death metal aux guitares visqueuses bien appuyées par une batterie qui cogne fort et juste. Le chant caverneux se met au diapason, profond et guttural. Peu enclin à la modulation certes mais il fait parfaitement son office et se permet des poussées hurlées parfaitement calibrées. La basse prend-elle sa place habituelle des oubliées de l’Histoire ? Non pas entièrement. Elle ne déborde pas de son rôle mais place savamment quelques coups de butoir.
L’un dans l’autre, Shaped by Humain Frailty avance ses cartes sans opposition majeure. Dans un style qui rappelle les grands Anciens de son pays tout autant que la vague floridienne en moins gore et souvent moins brutal, les Irlandais ne clignent pas des yeux. Ils vous regardent droit dans le blanc dans lequel ils lisent qu’un peu d’originalité serait la bienvenue. Ils acquiescent certes mais rétorquent que leur vision classique du death ne souffre aucune discussion. Point de vue qui se défend, mais qui les engonce dans un carcan assez resserré. Et fatalement les destine à un public de ravagés du bulbe et/ou connaisseurs. Difficile d’imaginer Shaped by Human Frailty trouver clientèle par-delà les frontières de son style. Certes, la retenue notable sur les blasts ne les coupe pas complètement d’une portion plus portée sur le heavy ou le thrash, mais malgré cela, la subtilité n’apparaît pas dans leur arsenal.


Bonne sortie de la mort qui si elle ne fera pas date apportera de l’eau fraîche au moulin. Celui-ci tournera à allure modérée, ce qui en ravira certains. Les plans lourds sont monnaie courante et destinent donc cet album aux moins énervés. Bien fait, mais sans réelle fulgurance.



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