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CHRONIQUE PAR ...

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Bigtonio
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18/20

LINE UP

-Kazu Makino
(guitare+chant)

-Amedeo Pace
(guitare+chant+basse)

-Simone Pace
(batterie)

TRACKLIST

1)Elephant Woman
2)Messenger
3)Melody
4)Doll Is Mine
5)Misery Is A Butterfly
6)Falling Man
7)Anticipation
8)Maddening Cloud
9)Magic Mountain
10)Pink Love
11)Equus

DISCOGRAPHIE


Blonde Redhead - Misery Is A Butterfly
(2004) - pop rock - Label : 4AD



Blonde Redhead reste encore à mon humble avis un des groupes les plus inspirés de la scène pop alternative. Misery Is A Butterfly est un opus à inscrire dans la directe lignée de leur précédent (et excellent !) album Melody Of Certain Damaged Lemons. On y retrouve avec plaisir la (très) grande qualité des compositions, atmosphériques, hindouisantes et lancinantes, qui amorcent inévitablement une réflexion sur soi en nous plongeant dans un état second. Blonde Redhead distille une musique propice à la réflexion, une musique qui n’est autre que le compagnon idéal de longues soirées hivernales où l’on a peu le blues, ces soirées fondamentalement inactives, où la perspective d’un voyage acoustique avec le trio italo-japonais miroite comme une tentation à la volupté passive d’une dorloterie musicale

Parlons peu, parlons bien. En ce qui concerne la production, on n’est pas loin d’atteindre les sommets du genre. Même notre ami Steven Wilson (Porcupine Tree) a du souci à se faire. Les secrets de l’enregistrement studio (assuré par Guy Picciotto aux Longview Farm Studios) n’ont plus aucun secret pour le trio magique de Blonde Redhead. Tous les instruments sont superbement mixés et balancés. Le son de la batterie avoisine la perfection : il ne manque ni de fondation basse ni de présence dans les aigues et apporte ainsi sa contribution majeure à l’édifice rythmique de l’album.

Car s’il est un signe distinctif de la musique de Blonde Redhead, c’est bien cet extraordinaire groove qui se dégage de leurs chansons, un rythme chaloupé et envoûtant ponctué de toms, cymbales diverses, clochettes, sons indescriptibles etc. Ce groove est renforcé par les lignes de basses bien présentes qui assurent un double rôle : en plus des habituelles toniques des accords, Amedeo Pace s’est amusé à composer quelques contre chants du plus bel effet ("Elephant Woman"). Il en résulte un canevas formidable qui pourra sans faillir supporter les harmonies des claviers, guitares et vocaux dans une apothéose sonore saturant l’ensemble des fréquences du spectre sonore.

Les mélodies de Blonde Redhead ont la particularité d’être quasiment toutes mineures. Or qui dit mineur, dit traditionnellement nostalgie, ampleur et solennité. Cette symbolique classique perdure au travers de la musique de Blonde Redhead. Bien sûr nous n’aurons pas l’audace de comparer la modeste pitance musicale du trio aux œuvres majeures des compositeurs classiques, mais il est amusant de constater que le background de formation musicale des frères Pace ait pu les influencer de cette manière. Nul doute que les harmonies complexes mineures (harmoniques et mélodiques pour la plupart, byzantines et hongroises mineures sporadiquement) que beaucoup qualifient injustement de dissonantes (cela sonne juste autrement !!!) constituent le terreau de prédilection des émotions étouffantes et envahissantes de la musique du trio.

Ansi les arpèges maléfiques des guitares ("Doll Is Mine", "Maddening Clouds"), renforcés par des claviers aux sonorités de mellotron, orgue, ou autres violons sauront vous charmer dès les premiers instants. Reste encore à traiter la pierre angulaire de la formidable machine à produire des hits : les deux chanteurs de la formation sont fondamentalement opposés. L’un est italien avec une voix de cuivre haut perchée, craintive et plaignante, l’autre est japonaise avec une voix qui n’a rien a envier à celle de Björk sans toutefois posséder son accent un peu trop islandais. Les chanteurs se partagent les titres a raison de deux contre cinq pour l’Italien. Il est étonnant de constater combien l’alternance des chants est agréable à l’oreille. On à l’impression que l’enchaînement des chansons constitue un véritable dialogue.


Un petit point faible ? Euh oui… La musique de Blonde Redhead est assez répétitive. Si vous n’aimez pas le précédent album, il n’y a aucune chance pour que vous aimiez celui-ci qui ne s’écarte pas du style que semble avoir adopté le groupe : une pop harmonique complexe à la limite du progressif. En guise de conclusion, on pourra garder en mémoire que cet album est une pièce sublime dans la discographie du trio italo-nippon, un opus d’une rare maturité qui achève de consacrer Blonde Redhead comme un acteur incontournable de la pop alternative indépendante.


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