CHRONIQUE PAR ...

67
Silverbard
le 23 février 2014




SETLIST

Wings
Opale
Summer's Glory
L'éveil des muses
Là où naissent les couleurs nouvelles
Voix Sereines
Shelter
Beings of Light
Autre temps
Sur l'océan couleur de fer
Percées de lumière
Souvenirs d'un autre monde

Rappel :
Délivrance

AFFILIÉ

Alcest
Colmar - Le Grillen
(25 octobre 2016)
Paris - Bataclan
(05 novembre 2014)
Paris - La Maroquinerie
(08 novembre 2016)
Hellfest (Clisson)
(17 juin 2017)
Strasbourg - La Laiterie
(07 octobre 2017)

02 février 2014 - Paris - Le Divan Du Monde


Alcest_Paris_-_Le_Divan_Du_Monde_20140202

Quand on vient à un concert d'un groupe qu'on aime beaucoup, on a toujours des attentes et des à-priori. Est-ce que la musique va être aussi bien que sur album, comment va rendre telle atmosphère ou telle mélodie ou tel riff ? Forcément, une bonne connaissance du groupe limite les surprises : on est rarement très surpris en mal ou en bien. Ayant déjà vu Alcest une fois par le passé, il était d'autant plus normal de partir avec des à-priori et des interrogations.

Malgré le génie indéniable de Neige et ses acolytes – car ne nous mentons pas, Alcest = Neige avant tout -, la musique d'Alcest souffre d'un handicap majeur : sa lenteur, sa lancinance, son extrême mélancolie, son aura céleste et mystique, sa beauté tout simplement. Car oui, en concert – étiqueté metal, malgré les contradictions apparentes – on est debout, on est serré, on est crevé, on est bourré, on sent la bière et la sueur… Ah mince, je confonds avec le Hellfest ! Non mais mine de rien, regardez autour de vous, plus de T-shirts Mayhem, Bathory ou Darkthrone dans les parages que de T-shirt My Bloody Valentine… Alors oui, Alcest n'est pas né en 2014, ça se saurait sinon et le Divan du Monde ne serait pas autant rempli que ce soir, mais tout de même ! Ils sont où les hipsters ? Les intellos à lunettes de Pitchfork qui se pignolent depuis le début de l'année sur cette métamorphose de la chrysalide métallique en papillon ? Bref, je perds le fil… Vu il y a deux ans au Hellfest sous le soleil de midi tapant sur la tente de la Valley, Alcest avait perdu toute la saveur et la magie qu'il a sur album et laissait transparaître une performance peu convaincante et qui n'aura pas marqué les esprits. Alcest? Bof, à la sieste sûrement ! (HA HA…) En salle, le résultat ne pouvait être que meilleur. Tard le soir, qui plus est. L'hiver, qui plus est. Avec les magnifiques lumières et l'excellent son du Divan du Monde, qui plus est. Oui, mais meilleur jusqu'à quel point, telle était la question ? Allait-on s'endormir ? Neige allait-il regarder ses chaussures ?
Le groupe débarque sur scène alors que "Wings" résonne. Roulement de toms et c'est parti avec "Opale", titre casse-gueule par excellence car, à mon sens, le plus faible de ce magnifique nouvel album (Shelter pour ceux qui n'auraient pas suivi) avec son couplet/refrain gnan-gnan à souhait. Première surprise, c'est BEAUCOUP plus énergique que tout ce qui pouvait être préfiguré et le morceau prend un coup de boost pas dégueu du tout. L'ami Winterhalter montre qu'il ne tire pas son pseudo trve black metal de nulle part, le garçon n'y va pas de main morte et la batterie gagne énormément en présence là où elle est de plus en plus douce et lisse sur album. De même à la basse, le très bon Indria Saray vient insuffler une chaleur et une profondeur tout bonnement excellentes à la musique. Les guitares ne sont pas en reste malgré la surcouche d'effets propre au genre pratiqué. Seule la voix se fera un peu faiblarde tout au long du show et difficile de savoir si cela vient du mix ou de Neige qui joue l'économie des cordes vocales (en plus de jouer l'économie des consonnes dans l'articulation). Pourtant la cohésion sur scène est parfaite, Neige assume derrière ses traits de grand timide bad boy brun ténébreux son rôle de leader, avec un charisme pas dégueu même si l'émotion est bien là.
Mais revenons à nos moutons. De Shelter, quasiment l'intégralité de l'album sera jouée pour notre plus grand bonheur. L'album très organique, faisant la part belle aux ambiances, se transpose à la perfection à l'exercice du live. Difficile de ne pas être en transe sur "L'éveil des Muses", tandis que les plus calmes "Voix Sereines" ou "Shelter" nous transportent loin, très loin du Divan du Monde… On voyage mais on ne dort pas, tous les sens sont en éveil : on vit la musique d'Alcest, face à eux, avec eux. Une belle part de la setlist honorera le précédent et tout aussi magnifique Les Voyages de L’Âme, dans la même lignée mais dans une veine plus sombre. On retrouvera avec plaisir l'excellent "Là où naissent les couleurs nouvelles" ou l'intemporel "Autre temps". "Percées de lumière" et "Souvenirs d'un autre monde" achèvent la setlist en remontant le passé du groupe, laissant discrètement transparaître ses racines métalliques. C'est l'heure des rappels, et ça gueule dans tous les sens dans la salle. Un gus se fera remarquer en aboyant un titre qui n'arrivera pas complètement jusqu'à mes oreilles mais se finissant par « putain, enculé ! ». Neige annonçant que ce serait un morceau du dernier album, le même gus aboya sur le même ton calme « Bon Délivrance alors! », « Très bon choix monsieur », répondit Neige amusé.


Forcément ce fut le meilleur des rappels possibles, même si étrangement moins intense que sur album, la faute peut-être à une saturation excessive sur la fin. Mais comment se dire déçu face à un morceau si beau ? C'est déjà l'heure et nos Français adorés quittent la scène, Neige dessinant un cœur de la main en guise de sortie (c'est meugnon!). Alcest a balayé de la main tous les doutes possibles pour un show ultime. Si ultime que j'en ai oublié de parler des première parties : The Fauns au shoegaze à chanteuse sympatoche et Hexvessels au rock psyché à tendance stoner intéressant également. Mais bon, il n'y en avait que pour Alcest ce soir !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2