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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 12 mars 2015
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Petri Lindroos
(chant+guitare)

-Markus Toivonen
(chant+guitare)

-Sami Hinkka
(chant+basse)

-Emmi Silvennoinen
(clavier+chœurs)

-Janne Parviainen
(batterie)

TRACKLIST

1) March of War 
2) Axe of Judgment
3) Heathen Horde
4) One Man Army
5) Burden of the Fallen
6) Warrior Without a War
7) Cry for the Earth Bounds 
8) Two of Spades
9) My Ancestors' Blood  
10) Descendants, Defiance, Domination
11) Neito Pohjolan

DISCOGRAPHIE

From Afar (2009)
Unsung Heroes (2012)
One man Army (2015)
Two Paths (2017)

Ensiferum - One man Army
(2015) - folk melodeath On ne peut pas plaire à tout le monde - Label : Metal Blade Records



« Roulalalalala (...) que je suis embêté ... » (Tourne en rond dans sa pièce rectangulaire pensant croiser le carré de son hypophyse)... Voilà typiquement le genre d'album sur lequel on se rue, et finalement on se retrouve bien vite emmerdé à devoir poser un quelconque développement. Mais... Ensiferum, s'il vous plait quand même...! Sortez vos casques et vos cornes, on va boire un coup au bouge du coin, là où le torchis sent le frais, l'humus et l'alcool... Parce que OUI : One Man Army... (tousse) il est plutôt bon cet album !

Allez, arrêtons les chroniques à racontars et rentrons dans le lard : le metal, le folk, le viking, les mains en forme de cœur, toussa toussa... Tous ces trucs de guerriers musicaux tissent un réseaux nouveau depuis une bonne vingtaine d'années maintenant. Alors bien sûr, si t'es In pour la masse tu es Out pour le True, et hélas si tu es trop Out tu es complètement naze et ne mérite qu'une chose : que le ciel te tombe sur la tête et t'enfonce ton casque à corne dans ta tronche jusqu'au fiond, histoire de te gratter les genoux sans baisser les bras. Que se passe-t-il avec ces groupes qui étaient les héros d'hier (au moins jusqu'à From Afar), puis qui au suivant opus tombaient dans les affres du quasi inexcusable, cette soit disant trahison au profit du mercantilo-fashion-viking-style (Unsung Heroes) ? Et bien on parle d'eux et ils ne laissent finalement personne indifférent. L'épic-mid-tempo-folk décrié comme trahison du genre, où le viking n'est plus rien, ni mélo ni death, juste pantin à la mode chantant en chœur sur refrain frelaté et airbag guimauve, juste pour rebondir sans s'égratigner.
Et ce n'est certainement pas avec ce One Man Army que les deux pensées vont se rejoindre et faire la paix. Les membres du groupes ont grandi, ont vieilli. A commencer par mister Lindroos qui du coup assagit les compositions par de la mélodie, du tempo ralenti et une grosse tartine d'atmo quasi cinématographique. "March of War" ! Fermez les yeux ! Ça y est ? Vous volez au dessus de ces forêts vertes et touffues en bordure d'océan à la poursuite de cette grande colonne de fumée grise qui vous attire ? Allez hop, on débraie et on ralentit le drakkar volant et on attaque ! Parce ce que peut être que ça danse la ronde des elfes et que ça drague la gourgandine et la belle en cuisse, mais ça n'oublie pas de montrer le diamètre de la hache ! "Axe Of Judgement" , "One Man Army" (et son intro quasi arch-enemyenne dans "Nemesis") envoie du bois de chauffe. Bon, c'est vrai qu'ensuite on va le faire mais moins rapide, on prend son temps. C'est qu'avec l'âge on aime bien chanter en cœur comme des enfoirés de victimes guerrières  : les restos du Chœur en quelques sortes. Et pour le coup, ça y va et ça ne s'économise plus : "Heathen Horde" ou "Cry For The Earth Bounds" promettent de belles scènes lives à qui voudra youaouter à qui mieux mieux.
Et puis... Et puis on reprend parfois son souffle et on se regarde du coin de l’œil en montrant ses chicots façon sonnet ou alexandrin du matin : de ces poèmes qui tendent les tentes et étirent les sens. Et quand le tour est joué, on peut se laisser... se laisser aller et le délire devient génial avec cette ritournelle épice-disco-grovvy-baby qu'est "Two Of Spades". « If you like to gamble I tell you I'm your man, You win some, lose some, it's all the same to me » ... Ah merde, c'est pas cette chanson.. Mais bon, c'est pareil : le bandit manchot musical cet empafé diabolique a bien piqué le cul du compositeur pour le coup (à moins qu'il ne l'ait fouetté comme lors du bridge du morceau). Voilà, si Ensifernum est demain capable de ne pondre que ce type de chansons, alors peu importe les critiques car épique oui et pour le reste du label ... Allez on s'en fout, car le morceau respire la fête, la bonne humeur, un « je-ne-sais-quoi-de-folklore » (in french in da text). Et toi, l'auditeur originel, celui qui a besoin de cette muse douleur et saignante au sens dégueulasse ou lavé, pardonne l'affront car il n'y a pas de tricherie ou de corruption au biffeton facile ou dit commercial du groupe dans cette approche, juste du plaisir partagé, mélodique, enjoué, magnifique.

Allez hop ! Les tournées vont faire salles comble et l'album va truster les premières places dans le grand nord et se hissez haut un peu partout dans le monde. Pourquoi ? Juste parce que même si le groupe arrondit ses formes et enjolive le propos, c'est pour du toujours plus mélodique et plus de convivialité. Une variable plutôt absente des premiers propos musicaux folk, viking, guerriers. Mais bon y que les vieux cons qui etc...


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