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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 13 octobre 2014
Sa note : 18/20

LINE UP

-Aðalbjörn Tryggvason
(chant+guitare)
 
-Sæþór M. Sæþórsson
(guitare)
 
-Svavar Austman
(basse)
 
-Guðmundur Óli Pálmason
(batterie)

TRACKLIST

1)  Lágnætti
2)  Ótta
3)  Rismál
4)  Dagmál
5)  Miðdegi
6)  Nón
7)  Miðaftann
8)  Náttmál

DISCOGRAPHIE


Sólstafir - Ótta
(2014) - post rock heathen metal - Label : Season Of Mist



J'ai froid. J'ai si froid. Mes mains gelées tremblent inlassablement. Mes doigts ankylosés peinent à s'agiter sur cette table de lettres. Ce poison lancinant me dévore un peu plus chaque jour. Un pas en avant, trois pas en arrière. Y aura-t-il une fin à ce supplice ?

Sable noir. Fils de l'automne et des étendues infinies. Passion d'hiver sur cette toile blanche et muette. Oui je me souviens. Ces rêves embrumés et solitaires dans l'introspection d'une existence trop simple. Innocence. Ou m'as-tu emmené ? L'aube. Jour nouveau. Lumière nouvelle. Et pourtant, ils me suivent. Pourquoi me suivent-ils ? Je suis seul dans cette pièce. Qu'est-ce que j'attends ? Je suis tellement malade d'attendre. J'ai attendu toute ma vie. Tu me regardes, je le sais. Contemple ce que je suis devenu. Il n'y a rien pour me garder sain d'esprit.
« On the dark side under the moon, the wolves gather ». Otta marque un jour nouveau. "Lágnætti", l'heure du crime. Quelques accords et des murmures. Quelques pas hésitants avant de s'élancer à corps perdu dans le désert. « Regarde avec anxiété s'avancer ce sombre silence dans cette sombre immensité. » Si seulement "Ótta" pouvait ne jamais se terminer... Ivre dans la noyade, l'émerveillement infini s'évapore immédiatement dans le songe d'un moment éphémère. "Rismál" illustre la tourmente de ce souvenir impalpable et pourtant si douloureux. Puis la lueur de "Dagmál" apparaît, portant en elle une douceur si irritante. Fatalité. Mélancolie et regrets. Frustration et incompréhension.
"Miðdegi" rappelle alors mon instinct bestial et me montre la voie dans un éblouissement de lumière.  "Nón" arrive pleine de vie et éclatante de beauté. Sa chaleur et son énergie sont si ostensibles et si sincères. Comment en douter ? J'ai envie d'y croire. Je suis obligé d'y croire. Et pourtant… Pourtant rien ne change. Le froid revient toujours. "Miðaftann" accompagne mes sanglots dans la contemplation de ma médiocrité. Déjà "Náttmál", dernier chant dans un ciel si noir. Orgues d'un éternel retour. Otta m'appartient. Comment pouvez-vous savoir ce que je ressens ? Est-il possible de ressentir la même chose ? N'avons-nous pas peur des mêmes choses ? Ne ressentons-nous pas pareil ? N'as-tu donc jamais peur ?


Vous serez toujours là, monstres de mon âme en peine, chimères de mon esprit dément, démons de mes cauchemars. Vous vampiriserez à jamais mon corps, vous ne partirez jamais car vous m'avez créé. Vous êtes l'œuvre de mes délires et je suis l'enfantement de vos immondices. Je ne cesserai de vous fuir mais vous ne partirez jamais. Car je suis faible et je préfère attendre mon heure. 

« And I'll smile and I'll learn to pretend
And I'll never be open again
And I'll have no more dreams to defend
And I'll never be open again
»



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