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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 03 septembre 2013
Sa note : 14/20

LINE UP

-Attila Dorn 
(chant) 

-Matthew Greywolf 
(guitare) 

-Charles Greywolf 
(guitare+basse) 

-Falk Maria Schlegel
(claviers) 

-Roel Van Helden 
(batterie)

TRACKLIST

1) Amen & Attack
2) Secrets of the Sacristy
3) Coleus Sanctus
4) Sacred & Wild
5) Kreuzfeuer
6) Cardinal Sin
7) In the Name of God (Deus Vult)
8) Nochnoi Dozor
9) Lust for Blood
10) Extatum et Oratum
11) Last of the Living Dead

DISCOGRAPHIE


Powerwolf - Preachers of the Night
(2013) - heavy metal - Label : Napalm Records



Les débuts de l'aventure Powerwolf avaient de quoi laisse quelque peu circonspect : cette histoire de frangins allemands qui débusquent un chanteur en Roumanie très porté sur les légendes de loup garou, c'était vraiment du grand n'importe quoi. Et quand le bruit s'est éventé qu'il s'agissait en fait des mêmes musiciens rigolos qui avaient auparavant tâté du stoner dans Red Aim et du gothopouffe dans Flowing Tears, on se demandait si ce virage heavy metal n'était pas qu'unesimple lubie. La suite nous a donné tort…

En effet, après des débuts un peu poussifs, les Allemands nous ont régulièrement offert des albums bien ficelés et en constante progression. Du coup, ce qui frappe à la première écoute de ce cinquième album, c'est que Powerwolf semble avoir légèrement régressé par rapport à Blood of the Saints. Au fil des albums, les Allemands étaient parvenus à développer une formule qui, sans relever de la grande gastronomie (je ne vais pas vous faire avaler cela), était digne d'un bon petit bistrot ; mais là, on revient au niveau resto routier, avec la plâtrée de frites, le steak qui baigne dans la sauce et le pichet de gros rouge qui tache. A quoi fait-il s'attendre donc ? A du heavy allemand assez basique, surtout pour les titres les moins intéressants tels "Coleus Sanctus", "In the Name of God" ou "Extatum et Oratum". Bien évidemment, par-dessus les « Alleluïa » et « Amen » à tire-larigot ainsi que les sons de claviers typés orgues d'église qui font l'identité de Powerwolf autant qu'ils peuvent agacer ceux qui n'adhèrent pas au truc.
Plus étonnant encore, surtout de la part d'un groupe qui n'en est plus à son coup d'essai, les influences sont plus tangibles que sur les albums précédents. L'exemple le plus frappant est bien sûr "Secrets of the Sacristy" : c'est sûr, ce titre est plutôt sympa, mais c'est surtout la meilleure imitation du Happy Happy Helloween entendue depuis un bon moment. Autre titre rapide, et autre référence assez évidente : dans un style speed metal débridé et radical, "Cardinal Sin" nous ramène lui aussi à la fin des années 80 et plus précisément aux débuts de Blind Guardian. Quant au heavy "Nochnoi Dozor", on dirait un mix de Rage pour le riff et de Running Wild pour le break basé sur des « oh oh oh » taillés pour le live. Autre prouesse, Powerwolf s'adonne même à l'auto-pompe : si le dernier titre, "Last of the Living Dead", vous dit quelque chose, ce n'est sûrement pas un hasard. Avec son tempo lent et son refrain ampoulé, il ressemble comme deux gouttes d'eau à "Ira Sancti", qui occupait la même place sur Blood of the Saints.
Déjà deux paragraphes et pour l'instant, rien de très engageant a priori concernant Preachers of the Night. Et pourtant, le constat est loin d'être sombre. Déjà, parce que les quatre morceaux cités dans le paragraphe précédent sont d'un niveau tout à fait convenable ; ensuite, parce qu'il y en a d'autres qui leur sont encore supérieurs. Pour ouvrir le bal, Powerwolf joue la sécurité avec "Amen & Attack", un morceau très classique pour du heavy à l'allemande, c'est-à-dire rapide, agressif et avec un refrain conçu pour être facilement retenu. Pas original pour un sou, ni pour le style ni pour le groupe, mais la recette a fait ses preuves. Dans le même style, et pour un résultat similaire, on peut aussi citer "Lust for Blood". Un peu moins téléphoné, mais tout aussi réussi, "Sacred & Wild" nous prouve une fois de plus que Powerwolf maîtrise l'art du mid tempo qui fait mouche. Enfin, le lent et majestueux "Kreuzfeuer" remporte le prix du meilleur refrain de l'album : dommage que le groupe n'ait pas apporté le même soin au couplet !


Alors, Powerwolf, stop ou encore ? Disons… les deux ! Stop si l'on se place du point de vue de la progression, puisque Preachers of the Night se situe un bon cran en-dessous de Blood of the Saints, mettant ainsi un terme à la courbe ascendante du groupe ; encore, si l'on se concentre sur le niveau général, qui est encore une fois plutôt bonnard bien qu'un peu plus grossier que sur l'album précédent. Rien de nouveau sous le soleil, on reste dans le heavy allemand de base avec les quelques artifices propres au style Powerwolf, mais tant que les Allemands nous sortiront des albums de cet acabit, on continuera à les suivre.


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