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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 01 août 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Trevor Strnad
(chant)

-Brian Eschbach
(guitare)

-Ryan Knight
(guitare)
 
-Max Lavelle
(basse)
 
-Alan Cassidy
(batterie)

TRACKLIST

1) In Hell Is Where She Waits for Me
2) Goat of Departure
3) Into the Everblack
4) Raped in Hatred by Vines of Thorn
5) Phantom Limb Masturbation

6) Control
7) Blood Mine
8) Every Rope a Noose
9) Their Beloved Absentee
10) Map of Scars

DISCOGRAPHIE

Miasma (2005)
Deflorate (2009)
Ritual (2011)
Everblack (2013)
Abysmal (2015)




The Black Dahlia Murder. Depuis bientôt dix ans, ce nom sonne doux, ô si doux, aux oreilles du fan de death metal / melodeath bourrin / deathcore (si peu, pourtant) averti. Après des débuts en fanfare (le prometteur Unhallowed, le monstrueux Miasma, la confirmation Nocturnal), le groupe avait quelque peu décéléré avec un Deflorate légèrement plus quelconque à mon sens, avant de ré-enfoncer le clou avec un Ritual certes moins velu mais extrêmement bien écrit. Et il faut croire que rien ne saurait dérégler la machine de mort (et de déconne, cf les lyrics, on y reviendra) du Michigan, puisque les Américains sont de retour avec un Everblack qui, sans mentir, promettait des grosses claques gantées de fer dans la gueule des tièdes et des cérébraux de tous bords.

Force est de constater que de mensonge, il n'y eut point. Everblack est un album méchant, violent, et vraiment pas content. En tout cas encore plus énervé que son prédécesseur, et renouant ainsi avec la vilaine violence outrancière des débuts du groupe pour le plus grand plaisir du fan un peu échaudé par des Deflorate et Ritual légèrement plus (trop?) « propres ».  Fort d'un artwork encore plus réussi que le précédent (qui était déjà terrible comparé au gros fail de Deflorate, donc merci Nick Keller) et d'un son assez fabuleux grâce à une prod' au taquet, ample, chaude et pourtant tranchante, TBDM vient rappeler à tout le monde qui règne en maître sur le death US depuis bientôt dix ans. Bref, de vrais moyens mis à la disposition du groupe par Metal Blade, ces derniers étant bien conscients de tenir dans leur roster l'un des plus grosses valeurs sûres de la scène. Et ces moyens ne seront pas gâchés, loin s'en faut. TBDM poursuit dans sa course effrénée en alliant la régularité et la précision chirurgicale d'une horloge suisse à la lourdeur et la violence d'un commando spetsnaz aviné. Si l'homogénéité (un des traits principaux des albums des mecs de Detroit, on aimera ou non cette identité forte) est toujours évidemment de mise, deux titres retiennent tout de même immédiatement l'attention, et ce n'est pas un mince exploit vu la violence générale du style pratiqué. On parle bien sûr du pivot central de l'album, l'enchainement "Raped In Hatred By Vines Of Thorns" et "Phantom Limb Masturbation" (au passage, non mais ces TITRES quoi ! Exceptionnel de saleté et de lourdeur humoristique grasse et malsaine), soit deux véritables morceaux de bravoure aux refrains juste fabuleux (mention spéciale au premier, qui éclate tout).
On retient aussi "Every Rope A Noose" et son intro death dissonante et dérangeante pas vraiment dans les habitudes du groupe, suivie par un morceau beaucoup plus simple que d'habitude à la guitare et un refrain tirant presque vers le hardcore old school, grosse réussite. Sinon sur les gars, que dire ? Le batteur a changé sans qu'on perde en qualité (Shannon Lucas était excellent, Alan Cassidy l'est tout autant), Trevor est toujours égal à lui-même et semble de mieux en mieux maîtriser ses deux voix (son chant blackisant criard répondant à des growls gutturaux typiquement death mais particulièrement belliqueux), quand à la paire de guitaristes, que dire ? Ils sont toujours aussi écœurants de facilité et tissent à l'envi tous ces riffs de bâtards dont la plupart des groupes du genre ne font que rêver, notamment au niveau des leads (au hasard, l'intro de "Blood Mine", son pont de fou post-refrain, ou encore de l'opener de l'album). On retrouve également un truc qu'on avait un peu perdu sur les derniers opus, à savoir cette propension réjouissante à claquer du riff épique entre melodeath à la At The Gates et viking metal rappelant presque Amon Amarth. On pense par exemple au premier riff post-intro de "In Hell Is Where She Waits For Me", à des séquences de "Control" ou encore, typiquement, au riff d'intro de "Into The Everblack". Bref, du lourd TBDM à tous les étages et franchement, il n'y a juste rien à jeter sur cette galette (arf, ce break de fin/solo de "Into The Everblack", toute la construction des guitares sur "Their Beloved Absentee", non-mais-le-ni-veau-quoi). Dans le genre, c'est aujourd'hui ce qui se fait de mieux, des groupes comme All Shall Perish ayant apparemment jeté l'éponge (et ça fait très chier), et on ne peut que religieusement espérer que cela durera comme ça pendant encore longtemps.


En conclusion, c'est les vacances et la vie est belle, donc je n'ai aucunement envie de râler sur le seul truc que, de tous temps, on peut et on pourra leur reprocher : l'absence presque totale d'évolution dans le style pratiqué, ou le fait que « ça n'invente rien han lan lan », car il s'agit justement là du genre de combo un peu unique en son genre (entre death, brutal deathcore et melodeath) qu'on n'a absolument pas envie de voir évoluer sous peine de perdre ce qui fait tout son sel : TBDM est et doit rester un groupe de gros bourrins capable de finesse et bardé de second degré. C'est ce manque de sérieux dans l'attitude (pas dans la composition, loin s'en faut) qui leur permet de jouer de manière aussi libérée et de se targuer d'être, depuis bientôt dix ans, un des rares groupes aussi prolifiques à avoir une discographie quasiment impeccable. Une nouvelle réussite pour un groupe majeur de la scène.  


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