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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 02 décembre 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

Malicious Secrets

-TND
(guitare)

-X Daemon
(basse)

-Mallory Julia
(batterie)


Antaeus

-MkM
(chant)

-Set
(guitare)

-Black Priest
(basse)

-Storm
(batterie)


Mütiilation

-Meyhna'ch
(tout)


Deathspell Omega

-Mikko Aspa
(chant)

-Hasjarl
(guitare)

-Khaos
(basse)

TRACKLIST

Malicious Secrets

1) Part I: Interior crack psycho angel bitch
2) Part II: Rejection and raising perdition blaze
3) Part III: Send me to hell day of wine and thorns

Antaeus

4) Gates to the Outside

Mütiilation

5) My Way
6) Tears of a melancholic vampire

Deathspell Omega

7) Mass Grave Aesthetics

DISCOGRAPHIE


Deathspell Omega + Mütiilation + Malicious Secrets + Antaeus - From the Entrails to the Dirt
(2005) - black metal - Label : End All Life



Le black metal français est très friand de split album, et un groupe désormais très connu en 2012 en a beaucoup usé. Deathspell Omega en a en effet sorti un paquet , régulièrement avec des groupes français sortis de l'underground le plus total le temps d'un split. From the Entrails to the Dirt fait partie de ces splits qui révèlent des groupes grâce à la présence du groupe phare. Phare vers l'horizon et phare comme guide pour les amateurs dudit groupe, aiguillage vers d'autres formations moins exposées. Le split est néanmoins souvent un nid de guêpes avec des productions pas toujours heureuses, certains groupes étant underground pour une bonne raison.

Ce n'est pas le cas fort heureusement de Malicious Secrets. Pour ce qui reste leur unique testament sonore officiel à part un EP, le groupe délivre une livraison remarquable de black metal dégueulasse et mal produit. Impossible à conseiller à tout être ne vivant pas de black metal car limité par un son d'un crade au possible, pas ignoble au plus haut point mais tout de même proche de l'indiscernable pour celui qui n'a pas fait de la cradeur son dada. Ajoutez à cela un chant déchiré, peu râclé étonnamment, rempli de haine et vous obtenez un mélange détonnant qui fait croire en une scène française forte et de l'underground qui passe la frontière de l'écoutable. Bien sûr, tout sonne à l'arrache mais le plus important est que l'atmosphère froide et cruelle est bel et bien là. Sur ses 3 pièces, Malicious Secrets façonne des ambiances au couteau supportée par des riffs étonnamment variés qui passent du tourbillon irraisonné au calme plus traditionnel. La batterie suivant également la mouvance on se retrouve avec une belle diversité qui le temps de 3 titres fait mouche. Mais on est content que ça ne dure pas plus longtemps.
Second sur la liste, le beaucoup plus connu Antaeus, en fait une sommité de l'underground français à l'époque. "Gates to the Outside" représente ce que les Parisiens savaient faire de mieux, des riffs incisifs, un rythme ultra rapide et un son d'une compacité étouffante. 1 seule chanson de 3 minutes mais un passage remarqué qui fait regretter de ne pas en avoir eu un peu plus. Du coup, pas grand chose à dire, Antaeus est un peu une étoile filante, le plus deathisant des 4. Suit Mütiilation et là on vire dans le gros culte / occulte. Mütiilation, ce sont les Légions noires et le tout début du black underground français. Le seul qui ait en fait réellement perduré et ne serait-ce que sorti un album décent. Ici, il surprend en balançant une reprise de... "My Way". Oui, Franck Sinatra. Alors c'est difficilement reconnaissable quand on ne le sait pas et qu'on ne fait pas attention. Et qu'on ne connaît pas la reprise faite par Sid Vicious qui l'avait déjà bien détruite dans son genre. Défoncée par des blasts boîte à rythme, c'est un exercice intéressant qui vire au black pur jus. L'autre titre original date de 1995 et c'est du pur black. Virulent, qui sait ménager des moments plus posés, on retrouve ce que Mütiilation sait faire. Noir noir noir, un chant désespéré et plaintif, difficile d'être plus noir. On regrettera éternellement que le groupe n'ait pas eu un vrai batteur.
Enfin, celui qui est la star incontestable de l'album, le maître Deathspell Omega qui livre ici ce qui sera la première d'une longue série, son premier pavé monumental. "Mass Grave Aesthetics" approche les 20 minutes, avant d'être suivie par deux autres depuis. Pavé incroyable à l'époque qui entérinait Kénôse comme meilleur album de la Création. Confirmant toutes les prédispositions entendues auparavant, "Mass Grave Aesthetics" refait le coup des riffs longs et complexes, des multiples variations pour former plusieurs grands mouvements dans la chanson et de l'ambiance sombre et froide. La troupe réussit encore une fois à évoluer dans le son pour délivrer une approche plus lisse et fluide. Plus organique également, on retourne un peu en arrière, fin des années 90. Est-ce mieux, est- moins bon ? Difficile à dire tant chaque album du groupe bénéficie d'un son taillé sur mesure. Les quelques 20 minutes défilent... jusqu'à ce que le dernier mouvement de 5 minutes clôture la piste sur une note amère car trop répétitive. Cela ne fait pas oublier l'extraordinaire côtoyé juste en amont et cette fantastique basse qui pillonne. Deathspell Omega est bien la machine à riffs black metal connue.


Un split qui vaut pour beaucoup de choses. Evidemment "Mass Grave Aesthetics" qui en représente l'attrait principal, mais également pour les 3 autres groupes présents qui apportent chacun leur touche, leur patte voire même leur courant de black tant et si bien qu'on se retrouve avec un split très riche qui tape un peu partout. Pour le fan de black en général c'est le panard. Les autres peuvent évidemment passer leur chemin.


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