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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 10 février 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Emmanuelle Zoldan
(chant)

-Morten Veland
(chant+guitare rythmique+basse+claviers)

-Nils Courbaron
(guitare)

-Michael Brush
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Joakim Naess
(chant sur "Downwards Spiral")



TRACKLIST

1) Addiction No.1
2) Towards an Early grave
3) Into Infinity
4) Passing Seasons
5) We Come to Ruins
6) Downwards Spiral
7) Beneath the Midnight Sun
8) The Timeless Warning
9) December Snow
10) This Curse of Mine
11) Voyage Voyage - (Desireless Cover - bonus track)

DISCOGRAPHIE


Sirenia - Riddles, Ruins & Revelations
(2021) - pop metal symphonique - Label : Napalm Records



Un son plus moderne tout en gardant l'identité propre au groupe, voilà comment Sirenia présente son dixième album Riddles, Ruins & Revelations. Toujours dirigé par son maître à penser, Morten Veland et la vocaliste provençale Emmanuelle Zoland, le combo tente de nouvelles choses, expérimente, trop ou pas assez peut-être ?

Je ne fais pas les présentations, la chronique du précédent opus (Arcane Astral Aeons) et les différents entretiens avec Emmanuelle, dont la dernière en date, se chargeront de vous en apprendre plus sur le groupe norvégien. Deux ans et demi se sont écoulés depuis le dernier effort de Sirenia. Le groupe a eu de la chance d'enchaîner les tournées avant la crise sanitaire. Celle-ci n'a cependant pas permis aux membres de se retrouver physiquement pour l'enregistrement, tout se faisant à distance et Morten s'occupant de tout finaliser lui-même dans son fief norvégien. Si Riddles, Ruins & Revelations est une petite déception comme nous allons le voir, on ne peut que féliciter le leader du travail de mixage et post-production effectué sur l’œuvre tant le tout est soigné et parfaitement produit. Sur ce point chapeau. Musicalement c'est une autre paire de manches malheureusement. Après presque une dizaine d'écoutes, votre serviteur n'est toujours pas capable de sortir du lot une petite moitié de l'effort, tant les compositions sont communes et revèlent peu de personnalité. C'est le cas de "Towards an Early Grave" (placé en seconde position, j'ai mal à chaque écoute tant l'absence d'inspiration est réelle), "Downwards Spiral" (le traditionnel titre en duo avec le vocaliste Joakim Naess, à des années lumières d'un "Elixir" ou "Ditt Endelikt"), "December Snow" ou encore "This Curse is Mine".  Sirenia a voulu moderniser son propos, et propose des titres plus catchys, plus pops, directs et modernes, non sans rappeler Amaranthe pour le côté électro ("Addiction n°1") ou Beyond the Black pour le côté pop ("Into Infinity"). Et c'est la que le bas blesse car Mortern pousse le trait un peu trop et se perd en cours de route.
Certaines propositions sont trop modernes et calculées pour être réellement convaincantes ("Addiction n°1"), pas assez poussées en revanche pour donner leur pleine mesure ("Beaneath the Midnight Suns" qui reste bien trop sage malgré un gros potentiel) ou trop bancales comme sur le second single cher à Emmanuelle, "We Comes to Ruins", pas assez sombre pour envoûter l'auditeur. L'ensemble rend Riddles, Ruins & Revelations peu digeste et un peu foutoir. Bien évidemment, nous n'avons pas à faire à n'importe qui et Morten n'est pas un simple compositeur. Ainsi le groupe sort la tête de l'eau à plusieurs moments. "Into Infinity" est LE hit de ce nouvel opus (étonnant qu'il n'ait pas été choisit comme single) et montre que le Norvégien peut intégrer de la modernité sans se renier. "The Timeless Warning" quant à lui coche toutes les cases du cahier des charges classique Sirenien, avec son refrain fait de grunts (toujours moins présents qu'à la grande époque, bien qu'on en retrouve plus que sur Arcane Astral Aeons). Et nos Français dans tout ça ? La tournure musicale prise par le groupe explique la quasi absence d'envolées lyriques d'Emmanuelle au profit d'une voix plus pop. C'est dommage, surtout face à sa performance sur l'excellente "Passing Seasons", à coup sûr le meilleur titre de ce nouvel LP. Quant à Nils, il se voit attribué quelques soli de ci de là, sans l’occasion de vraiment briller.


Le comble de Riddles, Ruins & Revelations ? C'est que le bonus track, "Voyage Voyage", qui clôt l'effort, se révèle le titre le plus marquant. Chanter dans sa lange natale donne de l'ampleur à Emmanuelle, et la revisitation du morceau est assez réussie et risque bien de devenir populaire. Si c'est la déception qui ressort de ce nouveau chapitre, il ne faut pas oublier ses conditions d'élaboration et comme le dit Emmanuelle, ils sont fiers du résultat face aux nombreuses difficultés, et c'est là le plus important.




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