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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2019
Sa note : 13/20

LINE UP

-Athanasios "Sakis" Tolis
(chant+guitare+basse)

-Efthimios "Themis" Tolis
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Irina Zybina
(chant sur "Vetry Zlye")

-Murat "Melechesh Ashmedi" Cenan
(chant sur "The Voice of the Universe ")

-Alexis Karamelis
(chœurs)

-Stratis Steele
(chœurs)

-Alexandros Louziotis
(chœurs)

-Giannis Stamatakis
(chœurs)

-Theodoros Aivaliotis
(chœurs)

-Stelios Steele
(narration)

-Dayal Patterson
(narration)

-Nikos Velentzas
(percussions)

-Stamatis Ampatalis
(percussions)

-Vasilis Koutsoyflakis
(percussions)

-Manos Six
(percussions)

TRACKLIST

1) In the Name of God
2) Vetry Zlye
3) Heaven and Hell and Fire
4) Hallowed Be Thy Name
5) Dies Irae
6) I Believe
7) Fire God and Fear
8) The Voice of the Universe
9) The New Messiah
10) The Raven

DISCOGRAPHIE


Rotting Christ - The Heretics
(2019) - dark metal - Label : Season Of Mist



Les Grecs de Rotting Christ sont de retour en ce début d'année pour présenter le successeur de Rituals. Que pouvons-nous attendre d’un groupe qui depuis maintenant plus de trente ans a voué sa vie au metal extrême et qui possède une discographie de grande qualité ? Pas grand-chose murmurent les plus grincheux. Un chef-d’œuvre espèrent les fanatiques des Hellènes.

Après quelques semaines pour apprivoiser la bête, il semblerait que c’est vers la proposition des premiers que penchera ma balance. Annoncé comme un grand disque, The Heretics n’en est pas un. N’allez pas vous méprendre. Nous avons ici affaire à des professionnels passionnés, qui savent mieux que quiconque écrire des morceaux où se mêlent mélodies et puissance. Le tout avec une personnalité forte qui s’est forgée années après années. Suite à l’achèvement de la trilogie mythologique, composée de trois excellentes sorties, les Grecs ont choisi depuis Rituals de s’intéresser aux croyances et à la foi. Hélas, sur le dernier LP cité, certaines pièces se révélaient répétitives. De foi il sera encore question avec la cuvée 2019 des Athéniens. Présenté comme un album concept, The Heretics entend mettre à l’honneur des personnes s’étant élevées contre un dogme, de grands écrivains comme Milton, Dostoïevski ou Twain.
Le plan ainsi élaboré, voyons désormais de quelle manière il a été exécuté. Habilement, bien évidemment. L’on retrouve tous les ingrédients qui ont concouru au succès de Rotting Christ. Des mélodies bien senties, comme sur "Heaven & Hell & Fire", ou sur le final de "The Raven". Des riffs acérés, en témoigne "Dies Irae" ou "I Believe" ou encore "The Voice of Universe". Themis Tolis semble, une fois de plus, à l’aise dans les tempi enlevés comme dans les parties plus lourdes. Son frère, véritable tête pensante de l’entité grecque, fait montre de son grand talent. La variété des vocaux est d’ailleurs assez impressionnante. Sakis hurle parfois, déclame souvent, et se trouve supporté par de nombreux chœurs qui parsèment ce treizième album. Il est parfois accompagné d’invités, comme la chanteuse russe de Grai Irina Zybina sur le deuxième titre ou par son ami Ashmedi, échappé de Melechesh sur "The Voice of the Universe".
Néanmoiins, cette réalisation ne constitue pas une pièce maîtresse de l’œuvre de Rotting Christ. L’on peut remercier Sakis d’avoir stoppé certains artifices utilisés depuis Theogonia qui devenaient des gimmicks désagréables sur Rituals. Il a voulu revenir à un style plus épuré, avec la disparition des parties tribales. Malheureusement, certains passages manquent clairement de mordant et c’est l’ennui qui pointe. "Hallowed Be Thy Name" s’étire sur cinq minutes, durant lesquelles il ne se passe quasiment rien. Quant à "The New Messiah", l’adjectif qui vient immédiatement à son écoute est neurasthénique. Le recueil manque donc d'intensité. Un autre reproche qui pourrait être fait au duo, c’est de manquer d’originalité. Tout ici a beau être bien agencé, il ne s’agit que de choses déjà entendues dans les excellentes sorties précédentes.


Rotting Christ poursuit son chemin parsemé d'enregistrements qui feront le bonheur de leurs fans. The Heretics montre cependant une formation qui semble parfois s’essouffler. Loin d’être un mauvais album, le millésime 2019 ne parviendra cependant pas à se placer parmi les meilleures sorties des Grecs.


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