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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 19/20

LINE UP

-Sakis
(guitare+chant+claviers)

-Andreas
(basse)

-Themis
(batterie)


TRACKLIST

1)Visions of a Blind Order
2)Thy Wings, Thy Horns, Thy Sin
3)Athanati Este
4)Tyrannical
5)You My Cross
6)Sanctimonius
7)Serve in Heaven
8)Shades of Evil
9)Doctrine
10)Sanctus Diavolos

DISCOGRAPHIE


Rotting Christ - Sanctus Diavolos
(2004) - black metal - Label : Century Media



Ce disque est un chef d’œuvre. Pas de baratin, il s’agit là d’une œuvre d’art monumentale qui devrait renverser certains acquis ! Un fan de metal extrême qui n’aurait pas cet album aurait un problème. Même réflexion pour ceux qui ont toujours souhaité tomber sur une musique d’une impressionnante richesse, d’une incroyable aura au charisme monstrueusement malsain, et génialement mise en scène. Chaque titre de ce Sanctus Diavolos est une pièce qui sort des profondeurs abyssales. Sanctus Diavolos est une marche déterminée vers des gouffres incandescents. Instrumentalement comme vocalement, tout semble venir des flammes. La progression des titres et celle au sein même des titres donne l’impression d’une incessante montée en puissance, d’un profond vertige malsain et chaotique.

Dix titres composent encore ce neuvième album de Rotting Christ, et vraiment, c’est l’un des meilleurs travaux réalisés dans le milieu black metal depuis un bon moment. La complexité rythmique des interventions vocales nous fait perdre tout repère. Je crois vraiment qu’il faudrait une bonne page par titre pour retranscrire tout ce qu’il est possible d’entendre, de sentir. Il sort de chaque composition comme de l’ensemble une force maléfique et noble qui exerce une attraction charismatique à laquelle il est bien difficile de résister… jusqu’à ce que le glas final nous exécute, d’autant plus que le son colle exactement au potentiel du groupe (made in Fredrik Nordström!).

Derrière un black metal rapide ("Visions Of A Blind Order"), il y a quelque chose en plus. Les rythmiques changeantes se mêlent à des mélodies et ambiances incroyablement orchestrées. Rotting Christ joue avec finesse en intégrant chants très largement inspirés du grégorien, ambiances de chœurs morbides, envolées classiques, et riffs trouvant toujours le ton juste entre agressivité mélodique et présence diabolique. Tout au long de l’album, quelque chose nous fait penser au dernier Septic Flesh dans l’orchestration, la touche progressive en plus. Même au niveau du son, la comparaison n’est pas inutile, puisque avec ce Rotting Christ comme avec Septic Flesh, on va bien au delà de l’exécution d’un style déjà rodé.

Les chœurs en introduction de "Thy Wing Thy Horns Thy Sin" sont mêlés à un metal rapide où vient bien vite se greffer un chant extrême et sombre. La suite surprend tout en restant toujours dans le ton. Bref, les compositions sont peaufinées et ce n’est pas encore à la trentième écoute que cette impression s’estompera. Le jeu souvent rapide est habillement alourdi par des nappes de claviers, discrètes mais bien présentes. En opposition, le chant de Sakis est exécuté telle une sentence. "Athanati Este" est certainement le titre le plus heavy de cet album, à la manière de Septic Flesh et de ses riffs acérés: un refrain puissant et surtout un chant incantatoire mené par des percussions tribales.

"Thyrannical" développe une introduction vraiment particulière, très rythmique et à mille lieues sous terre. Et cette ambiance ! Pas une note n’est laissée au hasard, pas une note n’est amputée de la marque du démon. Certains titres approchent en fait la B.O. d’un film possédé, comme celui précédemment cité ou encore "Sanctimonius", titre ambianto-instrumental purement hallucinant de beauté. Jamais l’obscurité et la beauté n’avaient été peints avec autant de finesse, de richesse et de majesté. "Serve In Heaven" débarque alors avec un black/thrash pur sang tout comme "Shades Of Evil". Décidément les claviers et les chœurs sur Sanctus Diavolos ouvrent une nouvelle porte, une nouvelle opportunité de décrire l’horreur. Le dernier titre, éponyme de l’album, s’écoute comme une messe sombrement prêchée, avec des chœurs grégoriens inquiétants, un batteur capable de créer à lui seul une ambiance, et un mélange de metal et d’atmosphère apocalyptique.


Rien de plus à dire, tant à dire… Cet album aux relents Septic-Fleshien (pochette dessinée par Set<’H>) est énorme et mérite le respect absolu. Sakis, Andreas et Themis savent construire leur musique comme les grands architectes érigent les plus grandes cathédrales. Il ne reste plus qu’à écouter Sanctus Diavolos et à se sentir transporté. Envoûtant…


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