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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Sakis Tolis
(chant+guitare+basse)

-Themis Tolis
(batterie)


TRACKLIST

1) In Nomine Dei Nostri
2) Ze Nigmar
3) Elthe Kyrie
4) Apage Satana
5) Les Litanies de Satan (Les Fleurs du Mal)
6) For a Voice like Thunder
7) Konx om Pax
8) (Devadevam)
9) Tou Thanatou
10) The Four Horsemen
11) Lok’Tar Ogar (bonus)

DISCOGRAPHIE


Rotting Christ - Rituals
(2016) - dark metal - Label : Season Of Mist



Rotting Christ a su au gré des ans se forger une excellente réputation au sein de la scène extrême. Avec près de trente ans d’activités au compteur, ils peuvent se vanter d’avoir offert un nombre important de bons albums. Après un Κατά τον δαίμονα εαυτού qui a remporté de nombreux suffrages, les grecs sont de retour en ce début d’année 2016 pour lui donner un successeur. Digne de ce nom ?

Les changements stylistiques  multiples ont marqué la carrière des hellènes. Du black des origines il ne reste plus grand-chose. Le quartet qui s’est aventuré par le passé dans des sonorités plus gothic metal, joue désormais un metal extrême que d’aucuns appelleront dark metal. Mais qu’importe les étiquettes, seule la qualité des sorties prévalait jusqu’alors. Depuis Theogonia les grecs sont passés maitre dans l’élaboration de compositions puissantes et mélodiques. Il ne faudra pas longtemps à l’auditeur pour se rendre compte que Rituals est dans la droite lignée des dernières livraisons en provenance d’Athènes. Cela ne rebutera pas nombre de ceux qui ont su apprécier le charme de ces dernières, dont j’avoue faire partie. Un premier constat cependant. Les premières écoutes montrent un groupe qui domine certes son sujet, mais qui n’a pas cherché à modifier la recette qui a fait son récent succès.
Les morceaux présents sur ce douzième album auraient en effet pu apparaitre sans souci sur Κατά τον δαίμονα εαυτού. L’éternel débat va donc pointer le bout de son nez : faut-il qu’une formation fasse forcément preuve d’originalité pour être remarquée ? Plutôt que de tenter d’esquisser la moindre réponse à cette controverse sans fin, notons que Rituals manque d’homogénéité, en comparaison de ses prédécesseurs. Après un "In Nomine Dei Nostri" classique mais réussi, "Ze Nigmar" fait pâle figure. Ce titre mou ne parvient pas à susciter l’intérêt. Et malheureusement, ce n’est pas le seul. "The Four Horsemen" qui clôt l’ensemble et "Lok’Tar Ogar", un bonus, sont du même acabit. Il manque un certain relief pour que ces derniers retiennent l’attention. Ce qui est d’autant plus dommageable, compte-tenu des qualités que possède cet album. Ne cachons pas le travail évident du quartet qui réussit tout de même à créer de bonnes pièces. A commencer par "Les litanies de Satan", où les vers de Baudelaire sortent magnifiquement de la bouche de Vorph de Samael.
Au rayon des qualités, la prestation de Sakis Tolis est une fois encore empreinte de majesté. Qu’il chuchote, crie ou chante, il parvient à tisser des ambiances sombres et soignées. Certains refrains risquent de prendre tout leur sens en concert, comme celui de "Του θάνατου", reprise de Nikos Xylouris, chanteur populaire grec des années 1960 et 1970, ou celui de "Ἐλθὲ κύριε". Quant aux parties scandées par les chœurs, elles sont clairement taillées pour la scène. Certains seront chagrinés par cette utilisation trop présente de ce procédé, en témoigne par exemple  "Ἄπαγε Σατανά". Le terme d’auto-parodie n’est pas loin lorsque l’on se plonge dans cet album, tant il rappelle ce qu'a pu faire la formation auparavant. L’inspiration est donc moins présente, au grand dam des fans habitués à plus d’audace.

Rituals n’est pas un mauvais album. Il présente simplement une formation qui utilise un discours musical qui a plu par le passé. Ce manque de surprise sera peut-être préjudiciable aux grecs qui verront quelques amateurs délaisser cette sortie au profit d’autres plus aventureuses. Les frères Tolis poursuivent tranquillement leur aventure musicale et rendent une fois de plus hommage  à l’ange déchu. Gageons néanmoins que leur prochain tribut au Malin soit plus extravagant.


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