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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2019
Sa note : 19/20

LINE UP

-Tom Englund
(chant+guitare)

-Henrick Danhage
(guitare)

-Rikard Zender
(claviers)

-Johan Niemann
(basse)

-Jonas Ekdalh
(batterie)

TRACKLIST

1) A Silent Arc
2) Weightless
3) All I Have
4) A Secret Atlantis

5) The Tidal
6) End of Silence
7) Currents
8) Departure
9) The Beacon
10) This Ocean

DISCOGRAPHIE


Evergrey - The Atlantic
(2019) - heavy metal mélodique et un peu prog aussi - Label : AFM Records



Mais que se passe-t-il en scandinavie ces derniers temps ? On passera la difficulté de la Suède à former un gouvernement de coalition, cependant, des groupes renaissent de leurs cendres sans crier gare. Après Amorphis, avec Under The Red Cloud, puis Queen of Time, qui se porte en étendard du melodeath, voici que Evergrey, après un lonnnnnng passage à vide, s’est remis à l’endroit avec The Storm Within, mais surtout lâche une véritable bombe heavy/prog avec ce The Atlantic en ce début d’année 2019.

Passons l’historique du groupe, ses pépites, ses déboires, c’est de l’histoire ancienne. Hymns of the Broken et surtout The Storm Within ont réussi à remettre les choses d’équerre. Evergrey est unique, une machine à mélodies travaillées avec un vocaliste au timbre unique. Par ailleurs, The Atlantic conclut une trilogie débutée avec Hymns of the Broken et traitant de « l'aventure de la vie ». The Atlantic, à travers le titre des morceaux le composant et les métaphores qui en découlent, est plus axé sur le parcours d'un Homme après avoir enduré certaines épreuves dans sa vie. Les prémices d’un petit bijou ont commencées il y a plusieurs semaines quand les américains d’Oceans of Slumber ont teasé ce nouvel effort en promettant tout simplement la meilleure livraison de la carrière des suédois. Ensuite, comment ne pas évoquer les artworks de The Atlantic et de ses singles, signés Giannis Nakos ? Des œuvres d’art tout simplement. Dernier indice, Rock Hard Allemagne qui balance un 9.5/10, ce qui est assez rare. Tout n’est pourtant pas si évident à l’écoute des singles sortis dès fin 2018. Prenons "A Silent Arc" (et son intro sous forme de sonar) par exemple, lorgnant fortement sur le prog, avec une ambiance lourde presque Gojirienne comme l’a fait remarquer un membre de notre forum. Evergrey sort clairement des sentiers battus avec ce genre de propositions. Une fois la surprise assez déconcertante passée, on observe au final que la bande de Göteborg, va tout donner. On a rarement entendu autant de puissance dans le heavy metal de la troupe. Le riff de "A Secret Atlantis" est ahurissant, comme l’utilisation des claviers,  on se dit que ce titre est juste un futur grand classique des setlists. Les arrangements, les riffs, tout est finement travaillé sur The Atlantic. Prenons l’intro de "All I Have" par exemple, qui apporte une petite touche doom. Chaque proposition comporte son lot de surprises.
Mon coup de cœur initial, "Currents", ressemble à un tube comme Evergrey a le secret pour en créer, mais à y regarder de plus près, il est plus que cela. Refrain dévastateur, nappes de claviers parfaites et une conclusion aérienne sublime. Même les morceaux un peu plus commun comme "End of Silence" passent crème. Evergrey se fend même d’un interlude, "The Tidal", là encore c’est assez surprenant, mais également très touchant. Non vraiment, que reprocher au onzième album du Quintet ? Je ne vois vraiment pas. La petite touche électro de "The Beacon". Que nenni, là encore c’est totalement inattendu mais bien dosé. Quant à "This Ocean", qui débute moyennement avouons-le, fout une grosse claque sur sa dernière minute avec un côté black et qui clôture The Atlantic telle une vague démentielle. Enfin, faut il s’arrêter sur le bon vieux Tom ? Encore une fois, il démontre que peu de vocalistes du circuit lui arrivent à la cheville et fait preuve dans cet océan d’une maîtrise totale (comme sur sa  performance sur "The Departure", où il enchaîne les changements de tonalités). Tous les musiciens sont à l’honneur, sans exception. La basse est bien mise en avant, les soli de guitares tout comme les différents riffs font mouche sur toutes les propositions et surtout Jonas Ekdhal, le batteur, ne retient pas ses coups et semble comme un poisson dans l'eau comme en témoigne sa performance sur "Weightless" ou encore "This Ocean" (forte utilisation de double pédale notamment). L’énergie que le quintet a mis dans The Atlantic, en plus d’être communicative, est complètement ravageuse et rend hommage tout simplement au heavy metal. Une œuvre d’art, assurément.


Il est donc urgent chers amis de réserver votre croisière sur le navire Evergrey et de partir à l’assaut de l’Atlantique, vous risqueriez de le regretter autrement. Et si Oceans of Slumber avait raison? Ne serait-ce pas tout simplement le meilleur album des suédois et ce après vingt trois ans de carrière ?  À vous de vous faire votre avis et de le communiquer ici.


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