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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2015
Sa note : 18/20

LINE UP

-DM
(chant)

-Nicolas Muller
(guitare+basse+programmation)


Guests :

-Pierre Jourdan-Gassin
(chant sur "Unis")

-Korwent
(chant sur "Her Song of Ruin")

-Aurélien Fouet-Barak
(chant sur "The Filth of Mankind" et "Espace-Temps")

-Elizabeth Muller
(chant sur "Unnamed Soul")

TRACKLIST

1) One With the Sun
2) Come to the Feast
3) The Face of a God
4) Unnamed Soul
5) We the Kings
6) The Filth of Mankind
7) Bondage of Oppression
8) Greed for Illusion
9) Espace-Temps
10) Her Song of Ruin
11) Unis

DISCOGRAPHIE


Helioss - One With the Sun
(2015) - death metal black metal Symphonic Blackened Death Metal avec majuscules - Label : Autoproduction



A l’écoute de One With the Sun, je pense forcément à la féline aux teintes orangées que j’avais comme animal de compagnie il y a bien longtemps (si je dis que je pense à ma petite chatte rousse, vous allez vous marrer, je vous connais…). Quand je mettais de la musique, elle s’installait sur un pouf, fermait les yeux, et bougeait les oreilles au gré des riffs. Je me rappelle encore le savon qu’elle m’a passé un jour où j’arrêtais subitement un album de Godflesh… Si elle était encore de ce monde, c’est sûr que ses oreilles s’activeraient dans tous les sens.
 
Attention hein, One With the Sun poutre. L’album offre du riff en veux-tu en voilà, sait passer en mode blast, et un titre comme "Espace-Temps", le plus direct de l’album (mais on en reparlera...), défonce des bébés lapins avec le petit doigt. Seulement, la seconde offrande d’Helioss, va bien au-delà de la simple poutrance (poutrerie ? poutrelle ?). Elle est d’une richesse incroyable et ne s’offre d’ailleurs pas à l’auditeur comme une simple putain. Il faut bien une petite demi-douzaine d’écoutes pour commencer à se rendre compte du potentiel assez énorme d’une œuvre où les artistes (permanents et invités) nous font la totale et nous régalent à bien des points de vue. Les claviers, omniprésents, nous assaillent la plupart du temps sous forme de nappes, façon death athmo du début des 90s, voire fin des 80s (on pense fortement à The Key par instants, quel bonheur !), mais nous sommes également gratifiés d’un certain nombre de passages en mode piano, voire clavecin, qui rappellent le premier travail du groupe. Parfaitement intégrées aux compos, les petites touches blanches et noires n’hésitent d'ailleurs pas à dialoguer avec les guitares, comme sur l’excellent "The Face of A God" et ses intermèdes prog à la  Flower Kings, aussi inattendus que fantastiques.
Les guitares, parlons-en : le sieur Nico est un amoureux de la six-cordes et ça se sent. L’immense majorité des morceaux contient un nombre conséquent de solos, bien souvent d’obédience Malmsteenienne. Cette profusion guitaristique de haut niveau est sans conteste l’une des grandes forces de l’album et personnellement, je dois remonter à Terror and Submission des (hélas) anonymes thrashers ricains de Holy Terror pour retrouver une telle abondance de solos joués avec cette envie-là. Helioss n’est pas plus avare sur les parties vocales et propose à peu près toute la gamme de chant qu’on peut trouver sur le marché du metal extrême : si la base est un chant growlé « classique » appréciable de DM, on a le droit, outre les traditionnels passages en voix black, à des growls plus éraillés type Pestilence ("Greed for Illusion", "Her Song of Ruin"), du (beau) chant féminin côtoyant la typique lamentation gothic-doom sur "Unnamed Soul", des vocaux clairs chantés en anglais ou en français… bref, de quoi faire un inventaire à la Prévert ! La combinaison de tous ces éléments est parfaitement dosée et l’ensemble produit une sensation de richesse plutôt rare, ce qui donne envie de tout planter, de s’asseoir, d’ouvrir tout grand ses oreilles velues et de déguster l’album comme on apprécie un bon vin, se laissant porter par le lead à trois voix (chant/guitare/clavier pour ceux qui ne suivent pas).
Si tous les morceaux sont hautement comestibles, on admirera particulièrement la richesse de "The Face of A God" et "Unnamed Soul", le côté addictif de "We, The Kings", ou le refrain absolument détonnant du fameux "Espace-Temps" où le timbre particulier d'Aurélien, le chanteur de Human Vacuum, confère au titre un côté étrange (à la limite de la chanson française) très impactant, sensation déjà éprouvée auparavant sur "The Filth of Mankind". Comme Nicolas est un être facétieux et qu’il a jugé que nous arroser de black/death symphonique de haut vol n’était pas suffisant, il a préparé également une petite surprise, l’étonnant "Her Song of Ruin", dont la présence en ces lieux ne s’expliquera que par l’attrait de Nico pour des groupes comme Diablo Swing Orchestra et autres barons du « nawak ». Helioss y reprend à sa sauce la "March of Motherland" du Chœur de l'Armée Rouge et transmet une sensation bizarroïde et inquiétante qu’on aurait plus attendu sur un album de Vulture Industries qu’ici. Une incongruité ? Peut-être, mais elle rajoute encore au charme de cet album pas complètement académique, que l’on rapprochera dans un premier temps des œuvres de Fleshgod Apocalypse avant de se rendre compte que l’on fait fausse route. Moins brutal (la plupart des titres ne commencent d’ailleurs pas pied au plancher), mais autrement plus créatif.

 
Là, j’ai des doutes. Je ne voudrais rien insinuer sans avoir de preuves, mais ce n’est pas très normal. Cette progression je veux dire… The Forthcoming Darkness était un album sympa, mais là, on passe dans une toute autre dimension. Enfin bon, je préfère me taire… mais bon, si on faisait pisser Nicolas dans un flacon, je mettrais ma main au feu que les Armstrong et compagnie seraient des petits joueurs en comparaison…One With the Sun est un album de très haut vol et d’une richesse infinie. Qu’on se le dise.
 
 



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