17660

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 27 février 2017
Sa note : 18/20

LINE UP

-DM
(chant)

-Nicolas Muller
(guitare+basse+programmation)

TRACKLIST

1) The World Is Ours
2)
Santhara
3) Dernière nuit
4) Forsaken
5) The Ninth Hour
6) Bring Forth the Rain
7) Drowning in Your Light
8) Screaming In Silence
9) Above
10) The Sun Is Gone
11) Coupables
12) ...For Victory (digital bonus)

DISCOGRAPHIE


Helioss - Antumbra



-  Allô, oui, c’est Jenny la nounou à l’appareil ! Dites-moi, vos deux adorables bambins, vous n’auriez pas oublié de me dire deux, trois choses sur eux ?
-  Euh… comme quoi ?
-  Disons que... votre petit Nico, qui est siiiiii fort à la guitare soit disant, il est pas également un peu agressif  ?
-  Vous… Vous croyez ?
-  Oui, je crois. Là je vais vous le passer et vous allez lui demander d’aller planter ses crocs autre part que dans mon bras. Et au passage, dites au petit frère d’arrêter de beugler, parce que là… je vais craquer !


Les nounous exagèrent toujours. D’accord, on sent bien que le jeune duo Nico / DM a une faim de loup et une envie de tout casser. D’accord, le second nommé est intenable tout au long d’un album où il multiplie les growls hargneux aux multiples modulations et sait passer avec une facilité déconcertante en mode « chant black » (cf. "Coupables"), aussi bien en anglais qu'en français, soit dit en passant. D’accord, Helioss nous délivre une première moitié d’album de très haut voltage où les blasts et coups de double grosse caisse accompagnant les interventions guitaristiques infinies du sieur Nicolas, font monter la tension artérielle à des niveaux dangereux pour l’organisme. Néanmoins, de là à faire passer les membres du groupe pour de petits sauvages indisciplinés, il y a un pas qu’il faut bien se garder de franchir. D’abord parce que, même au plus fort de la tempête, Antumbra conserve un aspect précis et mélodique impeccable, ensuite parce que la seconde partie de cette nouvelle pièce maîtresse du black-death sympho s’exécute sur un tempo plus apaisé, où la finesse et la richesse des titres peuvent être appréciées sans trop de risque d’apoplexie – même si les saccades Fleshgodapocalypsienne de "The Sun Is Gone" éprouveront une dernière fois la solidité cardiaque de l’auditeur. De toute façon, que ce soit en mode hard ou en mode plus soft, cette troisième sortie d’Helioss se savoure sans retenue de la première à la dernière seconde.
Si les bases musicales qui guident Nicolas dans sa recherche de la perfection musicale restent globalement inchangées par rapport à One With The Sun, on perçoit quand même une évolution significative : exit le côté « death atmo old-school » entretenu par les nappes de claviers de l’album précédent – on n'en percevra que quelques relents lors d’un "Drowning in Your Light" où les quelques claviers évoquent par moments Nocturnus –, adieu aux surprises en tout genre, Antumbra est, lui, centré 100% black death symphonique, puissant et moderne, moins facétieux, mais encore plus efficace. On pourra éventuellement ranger dans la catégorie des surprises la place très importante de la guitare flamenco sur "Bring Forth the Rain", mais pour le reste, les ingrédients utilisés sont connus. Connus, mais parfaitement exploités, avec cette petite touche d’académisme propre au projet de Nicolas, et cette part si prépondérante des guitares qui illuminent une fois de plus l’œuvre. Si, au premier abord, les titres les plus rapides sont les plus impactants - le duo initial "The World is Ours" / "Shantara" vous assène un bonne claque d’entrée, avant qu’un titre comme "The Ninth Hour" en rajoute une couche -, une écoute un peu plus approfondie de l’œuvre fait ressortir toute la richesse de titres plus « tranquilles » comme "Above" et son entrée en matière Samaelienne, le délicat "Screaming in Silence", ou encore "Coupables", seul titre apportant un soupçon de nostalgie à un ensemble très revigorant. Inutile donc de chercher un quelconque titre de remplissage : il n’y en a point, et Helioss clôt de manière intéressante le festival avec une reprise plutôt fidèle mais pas mimétique des regrettés Boltthrower, qu’on n’associe pas forcément au répertoire du groupe.


Même si, à titre personnel, j’appréciais énormément le coté old-school de One With the Sun, cet Antumbra est l’album parfait pour convaincre un large public de la qualité de la musique produite par Helioss. Agressif, racé, mélodique, ce troisième album cultive et fait mûrir l’« academic French touch » propre au projet. Une œuvre pleine qui devrait permettre à Helioss de franchir un cap en termes de notoriété.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5