CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
le 10 juin 2024




SETLIST

The Time Warp
Dinosaurs Will Die
Stickin' in My Eye
Murder the Government
Bob
Falling in Love
Franco-Unamerican
All Outta Angst
Idiots Are Taking Over
Louise
Eat the Meek
180 Degrees
Perfect Government
Linoleum
72 Hookers
I Love You More Than I Hate Me
Seeing Double at the Triple Rock
Champs-Elysées
Mattersville
Six Years on Dope
The Separation of Church and Skate
Franco Un-American
Bottles to the Ground
The Decline

AFFILIÉ

07 juin 2024 - Gaswerk - Augsburg


NOFX_Gaswerk_-_Augsburg_20240607

Chronique d’une tranche de vie. Changeons de point de vue pour une fois. Sérieux, à quoi servirait un bête compte-rendu lorsque le groupe en question est NoFX ? NoFX qui n’a que peu de choses à voir avec ce qui fait Les Eternels. Bien sûr, la faute à votre obligé, tous les albums ou presque du groupe californien hantent ces terres. Pour autant on s’éloigne du monde du metal même si Fat Mike n’a jamais caché sa connaissance du genre (le fait qu’il s’en moque démontre bien qu’il connaît), consacrant même une chanson à Eddie, Bruce et Paul. Ajoutez dans la balance que le groupe a son public fermement établi dans les sphères du punk rock, donc vraiment, il n’aura rien à tirer d’un bête compte-rendu sur notre vénérable site de metal.

La tranche de vie donc.


Figurez-vous que NoFX est dans ma vie depuis 1998. Vingt-six ans bordel. Tu crois que t’es vieux avec tes poils de barbe ? Attends donc d’en avoir des blancs. Et que dire du groupe ? Les Eric-k et Mike, quarante putain de balais. Quarante-et-un même. 1983, année initiale pour le trio qui perdure jusqu’à nos jours. Jusqu’aux jours Derniers. Et l’adjonction de l’indispensable El Hefe depuis 1991. Trente berges à lui aussi. Avec sa trompette. Important d’avoir une trompette. Et puis l’annonce : une tournée mondiale. Pour quarante ans. 40. Merde. Et… attends… quoi ? Last. Last quoi mortecouille ? Last genre comme dernier. Finito. La fin.
Oh pétard. Oui, ils le disent. Ils le font.
Tu partages presque l’âge du groupe, et tu restes coi. Blocage mental immédiat. On reprend ses esprits, et on regarde vite les dates. Car non, ils ne feront pas la dernière sans moi. Pas avec tout ce qu’on a vécu ensemble. Et les dates défilent. Ok, ce ne sera pas en France. Où donc ? Allemagne ? Oui tiens, ils aiment bien l’Allemagne les Nofxiens, il me semble. Ça pourrait donner une bonne ambiance. Augsbourg ? Y a un club de foot, mais à part ça, nein, rien. Bavière, ouais ok, c’est au sud. Le centre-ville historique est joli paraît-il. Allez, les dates sont compatibles, la ville sympa et bon… tout sera pour NoFX. Banco. Quelques images défilent, et me voilà en possession d’un ticket. Il est tout pourri tout moche, c’est nul 2024 mais on fera avec.
Hébergement herr kolonel. Allez, on se débrouille rapidement pour aller dans un coin pas trop éloigné du lieu. Un lieu au nom étonnant : Gaswerk. Ok, soit, c’est allemand. Et un détail auquel je n’avais pas fait attention, mais open air. Ah oui, à l’air libre, en plein air. Merde, y’a pas intérêt à flotter avec tous ces nuages au-dessus de nos crânes. Puis transports. Alors là, facile, Deutsche Bahn. Et le grand lol. Si vous voulez vous rassurer sur les Allemands, prenez leurs trains. Mais bon, j’ai fini par arriver le bon jour, on s’en cogne maintenant. Place à la journée NoFX !
Déambuler des heures dans la ville avec NoFX dans les tympans, voici la préparation rêvée. La pression monte tranquillement, les sourires s’affichent de plus en plus régulièrement sur les lèvres. Et puis j’arbore fièrement mon t-shirt TheDecline01 avec le 3, d’où croyez-vous que vienne ce pseudo ? Vers quinze heures, il est grand temps de penser à se rapprocher du site. Après une petite heure d’approche, ça y est, les premiers agrégats de t-shirts ne laissent plus planer le doute : la direction est la bonne ! Parmi ce concert de t-shirts à la gloire du groupe, des mentions étonnantes comme Der Weg Einer Freiheit, Destruction, In Flames etc… du metal, souvent allemand, mais pas que. Bref, un résumé de la porosité du public des légendes californiennes à l’endroit de notre style favori. Dont finalement je ne suis qu’un énième représentant. On boucle la boucle.
Enfin l’entrée des lieux, la queue est déjà formée pour seize heures alors que le festival est censé débuter à dix-sept (selon mon ticket, quinze heure selon le festival ^^). À l’heure ces Allemands ! Et parlant allemand, si sans étonnement aucun ils sont majoritaires dans le public, je suis quand même curieux de ne pas entendre d’anglais ou même de français dans les rangs. À croire que la seule date française à Chambéry a suffi à calmer les ardeurs de notre beau pays (ce qui prouverait au passage le peu de pénétration de NoFX chez nous, bon choix d’aller en Allemagne !). Mais bref, on s’en fout, en avant la musique ! Ah… non, qui dit débuts, sous les auspices sonores des sympathiques The Last Gang porté par une chanteuse guitariste à l’occasion et d’un batteur à la gestuelle impeccable, dit farfouinage des étals, et surtout, shopping garde-robe. Donne donc deux t-shirts garçon, il faut que je répare une aberration de l’Histoire, je n’ai rien du groupe à la maison.
Et la farandole des groupes continue puisque de festival il s’agit. The Last Gang pour débuter, puis Get Dead, Codefendants, Negative Approach et Circle Jerks. À noter que pour les deux derniers mentionnés, il s’agit de favoris personnels de Fat Mike, des groupes qui l’ont bercé dans sa jeunesse. Ce qui signifie qu’on parle de punk de grand-père, fondés respectivement en 1981 et 1979. Et Codefendants est un projet initié par Fat Mike avec la guitariste de Get Dead voulant notamment introduire des doses de rap dans du punk. Ce qui s’entend clairement avec le chanteur qui n’est autre qu’un… rappeur. Bref, l’affiche est clairement orientée Fat Mike dont la prégnance dans les compositions et l’aura du groupe est indiscutable.
Tous ces groupes auront le mérite de faire monter la sauce comme il faut et de meubler les nombreuses heures avant l’arrivée des Messies, car ne nous y trompons, au vu de l’affiche et des t-shirts arborés par les festivaliers, environ l’immense majorité des gens sont là principalement (uniquement ?) pour NoFX. Comment leur en vouloir ?
Alors on mange, on fait un tour de temps en temps dans la fosse, en évitant soigneusement les moshs, on grignote et on boit. Pour vivre et profiter de l’instant présent. Et se mettre en condition, faire monter la pression. Et on regarde les apparitions éclairs. Un El Hefe accompagné de sa manifestement donzelle, qui tire une gueule pas possible, qui se promène sur la passerelle gazière qui passe au-dessus de nos têtes. Nous sommes peu à le voir, mais ça attire l’œil en aparté du concert en cours. Et puis lors du dernier représentant de la soirée avant l’arrivée des dieux, on voit Fat Mike headbanguer sur scène avec ses idoles de jeunesse Circle Jerks. Il est toujours passionné ce monsieur. Et là, le niveau monte clairement dans le parterre. Car on voit tous et on sait ce qui doit arriver. Re-pression.
Parlant de pression, c’est après la septième ingurgitation que la fin de la récré sera sifflée. D’une, il est hors de question d’arriver pinté. Il faut intégrer chaque instant. De deux, impossible d’envisager une pause pipi en plein milieu du concert. Donc nous sommes professionnels et on oublie les divertissements. Et on se place. En première ligne. Car autant pour les précédents groupes, mon intérêt absent me maintenait en bordure, autant là non. Inenvisageable. Il faut être dans la mêlée. Enfin… en premier rideau, pas encore dans le mosh. Profiter, de la musique, observer, l’état des forces dans la fosse, évaluer, les risques à entrer dans la masse.
Sauf que le cerveau fonctionne différemment des fois. Vous avez beau être rationaliste, modéré, pesé, des fois ça vrille. Total. Genre, je me suis mis en première ligne des observateurs passifs, à la première seconde du show je me retrouvai en plein milieu du mosh sans être capable de trier entre un mouvement forcé ou volontaire. Et cela pendant une heure et demie durant. La ouache ! Aucun effet de l’alcool à blâmer (enfin, pas majoritairement). La déconnexion totale, krach absolu neuronal. NoFX est sur scène, ton corps agit de lui-même. La passion absolue, l’abandon de soi total. Et voilà comment on se retrouve à ne plus savoir ce qu’on fait dans la plus pure joie et la bonne humeur.
Car NoFX domine son sujet. Nous possède dans le creux de sa main. Déjà musicalement. Pour votre pauvre petit serviteur c'est une succession sans fin de paroles connues par cœur, situation inédite en ce qui me concerne. TOUS. TOUS les titres me tirent des égosillements de petite vierge. En plein milieu des feux ardents de la pagaille énorme du pogo permanent (excepté lors des passages calmes ou des interludes), qu’importe les assauts venant de tous les côtés pour forcer l’air hors des poumons. Qu’importe la quasi extinction de voix qui finit immanquablement par poindre. C’est la furie totale, à peine rafraîchie par cette tradition locale qu’est le lancer de pinte pleine. Alors oui, on finit quelque peu mouillé, et la scène également car certains n’hésitèrent pas à carrément viser le groupe, mais ça rend foutrement bien de voir ces verres (en plastique, rassurez-vous) et ces liquides houblonnés se déverser par-dessus les têtes. Tout autant que ça contribue à l’ambiance de folie impérieuse qui s’est emparée des lieux.
Ambiance qui ne retombera fort heureusement jamais, la faute à la musique, au public, mais également au groupe qui est maître dans l’art d’échanger avec nous, mais surtout entre eux avec une bonne humeur effrayante et un naturel qui ne semble pas pipeauté. Fat Mike bien sûr, mais El Hefe et Melvin partagent leurs humeurs, s’invectivent ou se relancent entre les titres (malheureusement le micro d’Erik notre ami batteur ne fonctionnera jamais et il parlera dans le vide…) et c’est l’essence même du live qui s’étale devant nous. Plus que de simples titres, plus que des ré-interprétations, un dialogue. Et les gars maîtrisent. À l’aise de chez à l’aise. Et étonnamment sobres pour avoir vu Fat Mike dans plusieurs vidéos de concert dans un état parfois lamentable sur scène. Tant mieux ! Et seulement entrecoupés de cinq minutes pause-pipi (dixit Mike), l’heure et demie de bonheur fusionnel passe à vitesse grand V. Et fatalement se termine. Par… oui, vous l’avez devinée. Le monstre caché derrière la forêt. Ce pourquoi mon pseudo est mon pseudo. "The Decline".
Beaucoup trop tôt hélas ! Où sont passées les "Drug Free America", "Together on the Sand", "She’s Gone", "My Heart Is Yearning", "Whatever Didi Wants", "It’s my Job to Keep Punk Rock Elite", "Theme from a NoFX Album", "Suits and Ladder", "Cell Out", "The Last Brag", "Birmingham" ? Et pourtant, nous avons eu "Stickin’ in my Eye", "Linoleum", "Bottles to the Ground", "Champs Elysées" (qui fut étonnamment l’étalage d’un aveu sur la surpuissance du public français, je fus le seul à applaudir) "Eat the Meek", "Dinosaurs Will Die", "The Separation of Church and Skate" (la favorite de Fat Mike en personne paraît-il, nous allons nous entendre), "Mattersville", "Idiots are Taking Over" et son refrain interminable(ment bon) etc… Il faut faire des choix, alors choix donc. Mais bordel que ce fut délicieux !
Alors là, ami lecteur, tu te dis que non, le gars qui écrit ça n’est pas objectif, et c’est totalement vrai. Mais rien à foutre, quand tu aimes, tu aimes. Quand tu prends le kiff absolu, tu le prends et tu ne réfléchis plus. La pensée rationnelle n’a plus droit de cité et c’est mon cœur de fan inconditionnel qui s’exprime. À tel point que j’avoue avoir complètement zappé certains pans du spectacle, ou alors tellement fondu dans celui-ci que tout finit par se mélanger en même temps que c’est devenu un souvenir extrêmement clair. Puis vient le temps des adieux, que personne ne veut, ne voulait. Et même Fat Mike à la fin, plutôt que de conclure sur un "The Decline" s’est posé des questions (à ce sujet, félicitations au groupe de ne pas revenir pour un faux rappel convenu, mais bordel on aura essayé de gueuler pour les faire revenir !!) sur un possible éventuel rappel. On l’a ainsi vu échanger des humeurs avec les roadies qui s’affairaient déjà à tout remballer. Puis être raccompagné derrière les rideaux… Bye bye.


C’est sans larmes que nous nous séparons. Sur le moment. Car impossible de quitter un tel moment de ma vie sans en garder plein la tête. Alors, sur le chemin du retour, la nuit au milieu des faubourgs de Augsbourg. Dans mon sommeil surchargé. Puis les jours qui suivront. Vraiment, c’est fou le nombre de fois où j’ai voulu écraser ma larme sur ces dernières journées. À cause d’une chanson, d’un texte, d’un événement. Les salopards, il m’ont eu en plein cœur, sentimentalisme de merde. Je ne rêve plus que d’une chose désormais : 6 octobre 2024 à San Pedro. Il s’agira de leur dernière date de tous les temps (pour le moment). J’ai tellement envie d’en être. Rien qu’une dernière fois. Entre nous, à la maison. Qu’importe le budget. Oh putain.

Et sinon, côté bilan : un passe Navigo perdu, le verre du festival piétiné corps et âme, des écouteurs ébréchés et quelques contusions sur le bras. Bien à vous.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
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