CHRONIQUE PAR ...

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Winter
le 20 janvier 2023




SETLIST

Grima :

Gloomy Heart of the Coldest Land
Giant's Eternal Sleep
Moonspell and Grief
Hunger God
Winter Morning Tower
Cedar and Owls
Enisey
Leshiy
Shrouded in Darkness
Siberian Sorrow

Perennial Isolation :

Autumn Legacy Underlying the Cold's Caress
The Breathless Season Bane
... and Then, Her Eyes Created
Unceasing Sorrows from the Vastness' Scion
Trough Fire Upon Fire
Above the Essence...
... to Ephemeral Dusk
The Silent Solace
Embers in the Slumbering Threshold
Emanations from the Swallowed Twilight

AFFILIÉ

13 janvier 2023 - Silikona (Madrid)


Grima_-_Perennial_Isolation_Silikona_(Madrid)_20230113

Commençons ce live report par un fait amusant. « Grima » veut dire, plus ou moins, « dégoût » en espagnol. Rigolo, non? Ce que j’espérais, en revanche, au moment de franchir les portes du petit club Silikona (à l'est de Madrid), c’était de ne pas repartir dégoûté du concert. Ça n’a, heureusement, pas été le cas, bien au contraire.

J’arrive au moment même où les Catalans de PERENNIAL ISOLATION ouvrent le feu. Et de deux choses l’une : ou bien le batteur est le chef du groupe, et il veut qu’on entende son instrument plus que tout au monde, ou l’ingénieur du son est fan du Real Madrid et ne goûte pas la venue de Barcelonais dans la capitale espagnole. Vous avez compris : le son est dégueulasse et la batterie écrase tout sur son passage. Si vous ajoutez à ça la bataille sans merci livrée par le chanteur contre la personne chargée du jeu de lumières, vous avez l’exemple du typique cafouillage auxquels sont soumis les groupes de première partie. Il faut donc y mettre du sien pour rentrer dans le jeu, mais ce n’est pas la motivation qui me manque. Une aussi belle affiche n’est pas monnaie courante par ici. Et puis, bon, les Perennial Isolation ont dix ans de bourlingue derrière eux et quatre albums à leur compteur. Sous le magma sonore, on sent bien que les musicos dominent leur sujet. Ils proposent un black atmo violent et mélodique à la fois. Axant leur show très essentiellement sur leur dernier album, Portraits, qui date de 2021, ils arrivent à susciter l’intérêt du public, venu toutefois pour Grima, c’est clair. Fuyant les schémas simplistes, le quatuor m’a donné envie d’explorer leur discographie, tout n’est donc pas perdu.
Mais avant de pouvoir l’explorer, il va falloir que j’arrête d’écouter GRIMA en boucle. Et ça va encore prendre un peu de temps. Arrivés en traversant la foule, étroitesse du local oblige, la formation live de Grima, composée de quatre musiciens, monte sur scène, affublée de ses fameux masques en bois et robes de bure. Tout de suite, une ambiance se crée. Autre bonne nouvelle, le son s’améliore. Si la prédominance de la batterie reste tangible et si Vilhelm est peu audible, l’ensemble sonne de manière décente. Suffisante en tout cas pour que la magie opère. Et Dieu sait qu’elle opère. Le jeu de scène du chanteur et ses mouvements de bras, rappelant Milena de Gggolddd (si, si), le masque en plus, contribue à figer le public, qui manifeste peu, hypnotisé par ce qu’il entend, et enchanté de la proximité obligée avec les musiciens. Là encore, Grima s’appuie essentiellement sur son dernier album pour créer la magie, mais vous vous en doutez bien : "Siberian Sorrow" et "Enisey" sont de la partie. Pour entendre l’accordéon, noyé sous la masse sonore, on repassera, mais les deux guitaristes (ou trois, lorsque Wilhelm s’y met également) assurent, tout comme Vlad, assez colossal derrière les fûts. La foule apprécie le spectacle et une certaine communion s’installe entre un chanteur qui ne s’exprime pas hors des titres (et qui ne parle, de tout façon, pas espagnol : en arrivant, je lui ai demandé où se trouvaient les toilettes sans savoir qui il était, il ne m’a pas compris...). Un regret : l’absence de rappel. L’heure, c’est l’heure, mon bon Monsieur. Les Grima s’en vont donc comme ils sont arrivés, en traversant le public, respectueux, admiratif et heureux.


« Je veux pas vous casser le moral, mais le chanteur, il chantait en playback. » La dame, passablement éméchée, qui éructait cette phrase aux spectateurs sortant de la salle, n’a pas intéressé grand monde. La faute aux mages russes. Un grand moment. La Sibérie, une autre vision du bonheur.


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