Exit Eden - Visions Of Atlantis

Entretien avec Clémentine Delauney - le 25 janvier 2024

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Eudus

Une interview de




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Et de quatre! Clémentine Delauney nous fait une nouvelle fois le plaisir de répondre à nos questions, mais cette fois-ci pour parler essentiellement d'Exit Eden, le girls band du metal sympho. Rassurez-vous, il sera également question de Visions Of Atlantis mais également de son association, Sounds Like Hell.

Eudus : Bonjour Clémentine, peux-tu présenter le groupe Exit Eden ?

Clémentine : Exit Eden est un girls band de metal symphonique qui fait des reprises de pop et de rock pour les tourner en metal symphonique, d'en faire des crossovers des genres. On a sorti en 2017 un premier album, Rhapsodies in Black et nous sortons un nouvel album, Femmes Fatales, et nous ne faisons pas que des reprises mais nous proposons cette fois-ci, des compositions originales.

Eudus : Qu'est-ce qui vous a décidé cette fois de faire un mix entre des reprises et des compositions originales ?

Clémentine : Notre producteur principal, quand on lui a confié la réalisation du deuxième, on se sentait de créer des originales qui peuvent se mettre à côté des reprises sans perdre en qualité, en mélodie, en impact ou autres, et il a écrit quelques démos qu'il a envoyées au Label [NDLR : Napalm records] qui a donné son feu vert et ils se sont mis d'accord pour faire moitié moitié [NDLR : six reprises et six créations]

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Eudus : Peux-tu présenter tes deux comparses et expliquer pourquoi Amanda n'est pas sur l'album?

Clémentine : Exit Eden se compose donc de moi-même qui officie également au sein de Visions of Atlantis (VoA), de Marina La Torraca qui joue dans le groupe de modern Metal Phantom Elite ainsi que d'Anna Brunner du combo League Of Distorsion. Pour le premier album, il y avait également Amanda Somerville qui était déjà maman d'une petite fille et qui a eu récemment des jumeaux. Elle a donc préféré se concentrer sur sa vie de famille pour le moment.

Eudus : Comment se passe l'entente entre vous ? Vous voyez-vous IRL ou tout se fait en ligne ?

Clémentine : Marina et Anna n'habitent pas très loin l'une de l'autre. Quand l'album est sorti, Marina a décidé sur un coup de tête d'aller voir Anna et elles ont fêté la sortie de l'album. Moi je tournais pour VoA en Serbie donc ce n'était pas possible. Mais on s'entend très bien, nous sommes devenues des amies proches, nous faisons des hang out sur nos patreons respectifs. On se marre bien, il y a une excellente entente entre nous, depuis les origines du projet.

Eudus : Au niveau du choix des reprises, qui choisi ? Comment sélectionnez vous les morceaux ?

Clémentine : C'est une discussion à laquelle nous n'avons pas pris part, c'est notre label et notre producteur qui ont décidé ensemble. C'est plus simple qu'il y ait une ou deux personnes qui soient derrière la vision du projet plutôt que cinquante qui amènent chacune ses choix personnels sans qu'il y ait de la cohérence ou de la vision. Hannes Braun, notre producteur et le chanteur de Kissin' Dynamite, qui est également notre compositeur, notre arrangeur, a déjà travaillé sur le premier album, il a une vision pour le projet. Il s'est mis d'accord avec le label pour les titres à aller chercher aussi bien dans le très connu comme "Poison" (Alice Cooper) ou "Separate Ways" (Journey) ou le plus surprenant, pour prendre des risques, pour être plus intéressant musicalement, pour s'adresser aux musiciennes, aux gens qui aiment la musique, et ne pas faire que des chansons faciles très connues et populaires. Ça marche très bien comme ça, les choix sont très intelligents, et avec nos compos originales, le tout est très cohérent, donc ça aurait été plus le chaos si on soumettait tous nos idées au gré de nos goûts respectifs.

Eudus : Donc "Désenchantée" (Mylène Farmer) ça ne vient pas de toi ?

Clémentine : Pas du tout

Eudus : C'est assez étonnant.

Clémentine : J'étais extrêmement surprise quand j'ai vu ce titre dans la liste. Je me suis dit « La Désenchantée ? » En fait, ils ne connaissent pas Mylène Farmer à l'étranger, mais ils ont connu la reprise de Kate Ryan (2002) qui est très dansante et pas dans l'univers du morceau original. Je pense que c'est ce qui a permis de faire un choix comme celui-là, avec un titre qui met en valeur mes racines, en étant française et cela permet de parler au public francophone tout en ayant un titre connu ailleurs.

Eudus : Et que représente pour toi Mylène Farmer ?

Clémentine : Je suis archi fan, certes elle m'a beaucoup accompagnée à l'adolescence mais je suis aussi allée la voir en concert à Lyon il y a quelques années. C'est une très grande artiste française, j'adore l'univers, l'écriture, elle a un vocabulaire et une écriture incroyables. Je n'aurais jamais pu rêver de proposer Mylène Farmer, et au final je me retrouve avec ce titre, c'est un coup de pression, mais une pression positive.

Eudus : En parlant de pression, sur le premier effort il y avait beaucoup de reprises de pop alors que sur ce nouvel album vous vous attaquez à des classiques comme Journey ou Marillion. Est-ce plus dur à aborder ?

Clémentine : Non, pas plus de pression. Au final l'envie est la même, faire une très bonne reprise. On aborde ça avec le même sérieux et l'envie, que ça ait du sens, de faire honneur au morceau et que ça permette de faire quelque chose de créatif, de s'éloigner du morceau original. On a abordé de la même façon une reprise de Katy Perry ou d'Alice Cooper. Après la volonté d'aller vers le rock, c'est justement car sur ce deuxième album on voulait pas faire la même chose que sur le premier. Il y a une envie de faire quelque chose de plus mature et de faire honneur aux racines du genre musical dans lequel on évolue, on vient du metal sympho qui vient du metal, qui vient du hard rock. Certes faire une reprise de metal, ça n'aurait pas trop de sens car ça manquerait de contraste tandis que reprendre du hard rock, c'est intéressant, ça apporte de la valeur dans la démarche.



Eudus : Est-ce que des concerts sont prévus à l'avenir ? Et un troisième album ?

Clémentine : Alors je crois qu'il y a un désir de nous faire jouer en 2025, le temps que tout se mette en place, de trouver des partenaires, de trouver un groupe, il faut tout construire, mais il y a une volonté du label. Concernant un nouvel album, c'est trop tôt pour en parler, l'album vient de sortir, on ne connaît pas les ventes définitives etc., mais je pense que le label a envie d'inscrire la démarche du projet dans le long terme. J'espère donc qu'il y en aura un autre.

Eudus : Concernant Exit Eden, as-tu quelque chose à rajouter ?

Clémentine : Je voudrais remercier toutes les personnes qui ne nous ont pas oubliées pendant plus de cinq ans et qui ont manifesté leur enthousiasme et leur intérêt. Ça nous a portées à travers toutes ces années.

Eudus : Concernant ton autre groupe, Visions of Atlantis, un album est en cours d'écriture mais concernant Pirates, j'ai l'impression que c'est le plus gros succès du groupe, critique et populaire. Quel regard portes-tu sur ces trois dernières années ?

Clémentine : Pirates a été très bien reçu, nous a permis de faire des shows dans le monde entier pratiquement, de redorer le nom du groupe qui existe depuis longtemps, qui a eu beaucoup de périodes où on ne savait plus trop quelle était l'identité du projet. Il y a eu des zones de flottement complet dans la carrière de VoA. Pirates a permis de remettre les pendules à l'heure de partout, de rétablir le nom, en tant que vrai groupe de metal symphonique actuel. On est vraiment heureux de ça. On voit l'engouement, les offres émanant des festivals de cette année, les ventes qu'on fait déjà sur la tournée de l’automne 2024, les tickets sont déjà en vente et sur certaines dates plus de deux cent tickets sont déjà vendus. On sent que les gens ont envie de nous revoir, de continuer d'être à bord de notre bateau. C'est ce qui nous motive à fond pour le nouvel album qui s'inscrit dans la lignée de Pirates en allant un peu plus loin sur certains points avec toujours une dose de surprise. J'ai vraiment hâte que ces morceaux sortent parce que c'est le meilleur sentiment en tant que musiciens quand on a l'impression que nos nouvelles œuvres dépassent nos précédentes. Ça n'enlève rien à ces dernières mais c'est beaucoup plus porteur de sentir en expansion plutôt qu'en stagnation, et VoA est en expansion et j'espère que cela va se continuer avec ce nouvel album.

Eudus : Est-ce qu'il n'y a pas aussi une place à prendre quand on voit l'état du milieu (Nightwish qui annonce un hiatus après son prochain album, Within Temptation qui ne fait plus de sympho, et Epica qui reste sur un créneau plus sombre) ?

Clémentine : Merci pour la comparaison. C'est lourd de sens. Je suis d'accord sur le principe, il y a des groupes qui ne font plus ce qu'ils faisaient et qui ont conquis des millions de fans dans le monde. Mais c'est pas parce que vous êtes fans de Nightwish que vous serez fans de VoA juste parce que les Finlandais vont se mettre en pause. On ne peut pas parier sur le fait que les gens vont adhérer à notre musique. On ne pourra jamais remplacer des groupes comme Nightwish, qui ont été dans les premiers sur certains points. Nous on est arrivé après, même si on arrivé très vite derrière, on existe avant Epica, par exemple. On est souvent comparé à Nightwish dans le sens où on serait des copies, ce qui n'est pas le cas de notre point de vue. Musicalement, Nightwish est Nightwish et nous on est ce qu'on est. Par contre, niveau concert, les gens qui aiment ce style ont encore envie d'aller à un concert de metal sympho, c'est là qu'ils pourront se découvrir un nouveau groupe préféré.

Eudus : Vous avez enchaîné de nombreuses tournées ces dernières années, une nouvelle est prévue cette automne. Physiquement tu tiens le coup ? Comment tu gères tout cela ?

Clémentine : C'est vrai qu'à la fin de l'année dernière, de la dernière tournée, on est tous un peu contents qu'il y ait une pause de plusieurs mois. Quelqu'un ne peut pas à mon sens être sur la route comme ça, surtout dans nos conditions à nous, on ne joue pas dans des stades à dormir dans un quatre étoiles, on dort dans un bus. C'est cool, c'est mieux que dormir dans un van, mais ça reste des conditions de confort et d'hygiène difficiles. Par moments, on atteint des seuils où la dignité humaine est questionnable. Ça demande beaucoup de capacités d'adaptations et d'énergie, donc l'année dernière on était content de faire une pause. Et il faut aussi que la scène nous manque pour y retourner avec toute cette énergie. Moi ça va car je fais attention à moi sur la tournée pour rester en équilibre, physiquement et mentalement et je suis contente d'avoir un peu de temps chez moi et me concentrer sur d'autres choses et de pas être constamment en mouvement, c'est agréable.



Eudus : Et qu'en est-il du nouvel album ?

Clémentine : Il sortira cet été. Une tournée aux USA est prévu en Avril et le premier single est prévu juste avant le début de cette tournée.

Eudus : Avant de te laisser et en guise de conclusion, peux tu présenter ton association Sounds Like Hell ?

Clémentine : Je suis à la tête de cette association depuis seize ans. Elle organise des concerts de metal et ses dérivés sur l'agglomération lyonnaise. Notre philosophie est de représenter le mouvement dans toutes ses couleurs, dans toutes ses formes, dans tous ses niveaux d’expansion. Par exemple, on est heureux d'avoir des groupes en développement qui n'ont jamais joué en France, à Lyon mais également de faire des têtes d'affiches internationales pour pas qu'elles ne passent qu'à Paris par exemple. On fait tout ça avec éthique, je suis vegan, ma collègue fondatrice également. On a envie d'insuffler cette valeur là dans notre façon de faire les choses. On essaie de minimiser l'impact de nos activités sur l'environnement et sur la cause animale également, de proposer du bio, du fait maison, de saison. Aujourd'hui on a une super équipe de bénévoles qui est fidèle et qui porte l'organisation sur place et avec les artistes. Ça c'est bien développé, on a réussi à se professionnaliser et à créer de l'emploi dans le metal en France, ce qui n'est pas évident du tout, mais ça reste très fragile. D'une année sur l'autre on peut se retrouver en tension sur le plan financier. Heureusement que pendant le covid il y a eu des aides pour le spectacle vivant.

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Eudus : Concernant la partie promo, ce qu'on reçoit chez Les Eternels vient exclusivement de Napalm Records, est-ce que vous comptez travailler avec d'autres labels ?

Clémentine : On aimerait beaucoup développer ce département. On a un tout nouveau site web dédié à cela qui va bientôt voir le jour. On a commencé à faire du travail avec, par exemple, AFM pour le dernier Danko Jones, pour qui on a organisé une journée de promo sur Paris. On a aussi travaillé avec Gramophone en Finlande sur un artiste de black metal qu'on a apprécié, ça nous plairait de travailler sur le projet. On aimerait travailler avec d'autres personnes. Mais il y a peu d'agences de presse en France et elles sont bien en place avec les labels principaux. On n'a pas forcément envie d'aller voler les parts de marché de collègues mais si on peut se développer c'est le but.

Eudus : Un dernier mot avant de se quitter?

Clémentine Merci à toi et aux Eternels du fait qu'on se parle régulièrement.


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