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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Bob Mollema
(chant)

-Mink Koops
(guitare)

Ont participé à l'enregistrement :

-Thomas Cochrane
(basse)

-Nico de Wit
(batterie)

TRACKLIST

1) Grondeloos donkere bossen
2) Condities der aftsraffing
3) Zwarte zomermaan

DISCOGRAPHIE


Fluisteraars - Jacht der mysteriën
(2026) - black metal black atmo - Label : Eisenwald



Les goûts évoluant au fil du temps, il est possible qu’un jour, je me lasse du black atmo. Dans ce cas, Fluisteraars sera rangé dans un coin de ma mémoire, au même titre que tous ces groupes m’ayant fait vibrer mais pour lesquels je n’éprouve plus que de la gratitude. En revanche, ce qui, grâce à eux, a changé pour toujours, ce sont les sentiments que m'inspirent les plaines de la campagne françaises. Jusqu’à peu, la vision de ces villages tristounets disséminés de part et d’autre d’immenses champs verts me procurait autant d’allégresse que le visionnage en boucle de l’intégrale de l’inspecteur Derrick par temps de pluie.

Mais désormais, il me suffit de voir un château d’eau - et tout village morne a son château d’eau, c’est bien connu - pour que mon esprit s’envole loin dans le cosmos. Et ça, c’est grâce à Fluisteraars ! Après avoir touché au drone et à la musique expérimentale il y a deux ans, le temps de Manifestaties van de ontworteling, album décent à défaut d’être génial, le duo néerlandais se recentre sur le black metal. Mais comme ces gars-là ont l’expérimentation dans le sang, ils ont décidé d’enregistrer leur sixième œuvre en live… dans une de ces constructions affreuses enlaidissant les campagnes européennes. L’idée peut sembler farfelue mais il faut reconnaître que Jacht der mysteriën semble avoir été enfanté quelque part dans la nuit galactique, tant les compositions sont dotées d’un halo sonore parfaitement adapté à ce que propose Fluisteraars - et si Midnight Odyssey voulait les imiter, je serais curieux d’entendre le résultat. Ça, c’est pour la forme. En ce qui concerne le fond, en revanche, il n’y a absolument rien de nouveau à signaler. Le nouvel opus s’inscrit dans la ligne droite des derniers travaux black metal, et notamment de leur dernier LP black metal, Gegrepen door de geest der zielsontluiking. Ceux qui connaissent la discographie du groupe l’auront compris : au programme, des morceaux longs avec des riffs répétés à l’envi, en mode mantra, sur un tempo variable. Prenant et hypnotisant pour les uns, chiant à mourir pour les autres.
Je me range bien entendu dans la première catégorie mais avoue avoir mis un peu de temps à entrer dans l’album, la faute sans doute à un premier titre pas mauvais, mauvais, mais pas non plus exaltant. Peu à peu néanmoins, les deux titres suivants ont émergé et, une fois assimilés, j’aimerais qu’ils durent dix fois plus tant la répétition de ces riffs fonctionne parfaitement chez moi. Commencé en mode speed et volcanique, "
Condities der afstraffing" ralentit d’un coup d’un seul pour nous offrir l'un de ces passages faits de montées et de descentes de manche, de guitare, typiques de nos Néerlandais favoris. Joué de manière plus posée, le leitmotiv de "Zwarte zomermaan" reste tout autant en tête que celui de la piste précédente et, lui aussi, est signé d’un grand F, qui veut dire Fluisteraars. Le dernier titre s’achève par une séquence ambient cosmique pleine d’à propos tant l’atmosphère générale s’y prête. On notera également les bruitages type console Atari - ou Star Trek version Nimoy et Shattner, c’est au choix - parsemant les trois compos, bruitages qui rappellent fortement le mythique Vikingligr Veldi des non moins mythiques Enslaved, dont les albums d’avant leur déménagement en EHPAD il y a maintenant trois opus, ont forcément inspiré les Murmureurs venus de l’autre pays du fromage.

L’enrobage change mais le contenu reste le même. Les conditions d'enregistrement atypiques dotent Jacht der mysteriën d’une aura particulière, mais, foncièrement, comme disaient les Poppys, « non, non, rien n’a changé ». Lovers’ gonna love, haters’ gonna hate. Un coup expérimentaux, un coup plus classiques, les Fluisteraars continuent leur bonhomme de chemin sans avoir l’air de trop se soucier du qu’en dira-t-on. Il n’y a rien à redire là-dessus.





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