20319

CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 30 septembre 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Joris Van Gelre "Alfschijn"
(chant clair)

-Mark Kwint "Grijm"
(growl+guitare+basse)

-Jasper Strik "Baluw"
(claviers)

Ont participé à l'enregistrement :

-Pim Blankenstein "Herman van Islemunde"
(chant)

-Gravin
(spoken words)

TRACKLIST

1) Altijd hier
2) De tocht omlaag
3) Leid mij
4) Schim
5) Wreed herleefd verleden
6) Verzonken in zonden
7) Tweestrijd oneindig

DISCOGRAPHIE


Gaistaz - Verschijningen
(2026) - doom metal Doom metal sépulcral - Label : headkick Music



J’aurais mis du temps, beaucoup de temps, avant de me décider à chroniquer Gaistaz. L’album, que j’attendais depuis deux ans et ma découverte du groupe avec son premier EP de 2019, est paru en juin cette année, mais le besoin de le faire a dû s’instiller progressivement en moi jusqu’à aujourd’hui. Non que je ne sois pas en terrain connu, juste que le style du groupe est particulier à appréhender, et je ne savais pas comment. Je ne sais toujours pas, d’ailleurs, au moment d’écrire cette introduction, mais j’ai pris le parti de lâcher prise, de ne pas contrôler ce qui va sortir de mon clavier, en totale impro. J’aime cet OVNI, je me dois d’y aller, verdomme !

Quand j’écris « terrain connu » je pense non seulement au style, mais aussi aux membres, et quand j’écris que j’attendais depuis deux ans cette sortie, cela remonte à ma chronique de Wederganger et mon amour de feu- Stormbrekker. La voix de baryton de Van Gelre m’avait tellement transpercé que j’avais cherché la perle rare dans tous ses groupes, présents et passés. Et j’étais tombé sur Gaistaz, avec cet EP éponyme qui contenait d’ailleurs les deux premiers titres de Verschijningen, le bien nommé en ce qui me concerne. Je ne vais pas vous retracer le pédigrée du bonhomme, je l’ai déjà fait en grande partie dans cette autre chronique. Ses deux compères ont déjà partagé quelques-unes de ses aventures, de :NODFYR: à Alvenrad, en passant par Bezwering. Et cela s’entend, tant l’alchimie du groupe est évidente, et l’atmosphère de l’album magnifique pour qui aime la morbidité dans la musique.
Un doom sépulcral et gothique, un peu blackisant à certains moments, tel est le style de Gaistaz. La voix grave de Van Glere mariée à ce tempo lent et pesant, et ces instruments toujours à propos dans le champ lexical de la mort, m’a laissé dans une crypte, juste après un enterrement. La nuit étant tombée, l’esprit ranime la douleur, la mélancolie et le sentiment de vanité de la vie. L’Instrumental "Verzonken in Zonden" ressemble à une marche funèbre, languissante et interminable, tout droit vers l’au-delà, sans peur, dans l’apaisement et l’abandon, avec l’assurance qu’il n’y a plus rien de positif après, ou plus rien tout court, sans que ce soit grave. Je n’aime vraiment que quelques instrumentaux de ma discographie, mais celui-ci restera au panthéon, en parfait complément de "Wreed herleefd verleden" et "Tweestrijd oneindig", pour former une triplette finale majestueuse et terriblement addictive.


Une chose est sûre, Gaistaz n’est pas à mettre dans toutes les oreilles. Le parti-pris musical est particulier, s’appuyant sur une voix de baryton et une rythmique d’escargot sous cannabis. Mais quel voyage quand on arrive à monter dans ce corbillard, isolé des laideurs du monde extérieur, sans plus rien pour nous émouvoir, comme si la désincarnation commençait avant même la perte de conscience. En fait, c’est juste beau.





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