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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2026
Sa note : 15/20

LINE UP

-Torkjell "Toschie" Rød
(chant)

-Espen Lien
(chœurs+basse)

-Arve "Ice Dale" Isdal
(guitare)

-Thomas Odd Tofthagen
(guitare)

-Kjetil Greve
(batterie)

TRACKLIST

1) Achilles
2) In the Eye of the Hurricane
3) Vampires
4) God Damn Beautiful
5) Pretty Little Lies
6) Prodrome
7) Insanity
8) Hell Is Eternity
9) Six Feet in the Ground
10) Running Through the Night
11) New Star Falling

DISCOGRAPHIE

No Hay Banda (2005)
Le Fol (2008)
Audrey Horne (2010)
Youngblood (2013)
Pure Heavy (2014)
Blackout (2018)
Waiting for the Night (live) (2020)
Devil's Bell (2022)
Achilles (2026)

Audrey Horne - Achilles
(2026) - heavy metal hard rock - Label : Napalm Records



Depuis 2010, à chaque année de Coupe du Monde de football masculine, un album d’Audrey Horne sort. Corrélation plutôt que causalité, à n'en point douter, tant les performances habituelles de l'équipe de Norvège, pays d’origine de la formation, découragent le moindre hommage. Le phénomène offre une régularité à même de rassurer le fan, à défaut d’élargir le cercle au-delà des amateurs de heavy traditionnel. Sauf qu’en cette année 2026, les footballeurs norvégiens n’ont jamais aussi bien performé. Le quintet va-t-il suivre la tendance initiée par leurs compatriotes ?

L'indulgence est réclamée auprès des lectrices et des lecteurs que le sport cher à Cyril Rool indiffère - la tentation était trop grande de faire le parallèle entre le confort de deux calendriers immuables, malgré des tentatives de réforme - et un réjouissant Youngblood qui changea la carrière du groupe, paru en 2013. Ouverture – forcément – héroïque, "Achilles" tourne en mid tempo et se termine avec un passage en guitares twin. Toshie nasille avec son énergie habituelle. Pourtant, la cassure limite planante est peu habituelle chez Audrey Horne, l’absence de véritable solo également – c’est même la basse qui s’impose en contrechant. Tiens tiens.
« Tiens » rien du tout. Dès la seconde piste, "In the Eye of the Hurricane", retentissent à nouveau les guitares jumelles et un refrain cherchant à s’incruster dans le cortex dans la plus pure tradition de la bande de Bergen. Il faut lui savoir gré cependant d’avoir tenté de varier ses propositions en s’aventurant en territoire AOR avec "God Damn Beautiful", sans claviers (faut pas pousser non plus), puis en renouant avec l’exercice longtemps délaissé de la ballade. Sauvée par un final galvanisé par les chœurs et des fausses cordes kashmiriesques, "Pretty Little Lies" ressemble à un exercice de style maîtrisé mais dénué du climax qui marque les cœurs et les esprits. Le constat se propage à l’ensemble du recueil – "Vampires" trop Maiden versus Dio pour être complètement honnête, "Insanity" en ersatz de "This is War", l’ouverture délicieuse de Blackout, pas déplaisant mais dénué du thème puissant de son modèle.
Heureusement le dynamisme est toujours présent, en particulier sur l’efficace rengaine "Hell Is Eternity" et à l’entame de "Running Through the Night", digne de "Naysayer" (Blackout, encore), à la faveur d'un riff proche de "Aces High". Avant qu’une deuxième partie en rupture ne calme le jeu, entre AC/DC et le Judas Priest hard rock de Point Of Entry, trop brève pour en faire une rivale de "See the Light Shining" de Saxon. Les accès mélancoliques de "Six Feet in the Ground" et "New Star Falling" montrent que les Vikings savent se montrer sensibles, sans se départir toutefois d’une écriture conventionnelle à base de guitares tagada qui harmonisent jusqu’à la coupure de courant.


Plus diversifié que son prédécesseur, un peu d’AOR par ci, une pichenette de glam metal par là, et même une ballade, le huitième LP d'Audrey Horne continue néanmoins de suivre la trajectoire heavy tradi entamée depuis une quinzaine d’années. Garni comme il se doit de guitares harmonisées, Achilles respire le travail bien fait, exécuté par des musiciens en maîtrise. Que l’inspiration s’émousse n’est sans doute pas surprenant, le temps et les habitudes font leur œuvre. Un bon millésime, qui donne satisfaction sans atteindre les sommets secrètement espérés - à l’image du parcours des Løvene lors du Mondial 2026.





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