CHRONIQUE PAR ...
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2026
Sa note :
11/20
LINE UP
-Yevhen "Knjaz Varggoth" Hapon
(chant+guitare+claviers)
-Iuri "Wortherax" Kireev
(guitare)
-Mikhailo "Surm" Kuzhba
(claviers+instruments folk)
-Oleh "Karpath" Levchenko
(basse)
-Odalv
(batterie)
TRACKLIST
1) To Those Who Went Down the Tysyna River
2) Eight Days to Spring
3) First Steps of Freedom… The Flavor of Doom in Eight Years
4) Weltanschauung
5) The Forgotten Ages of Victories
6) Ukraine (live)
DISCOGRAPHIE
Trente ans et plus déjà, entiché de son label historique Oriana, que Nokturnal Mortum prêche la parole noire à toutes les oreilles réceptives. À mon maigre niveau il faut se rendre compte que ce fut une découverte flash, suivie aussi rapidement d’un oubli (même si je suivais du coin de l’œil d’éventuelles sorties). Et les polémiques. Donc en 2026, que valent les Ukrainiens ?
Tout commence sur une intro de film médiéval, bien épique dans son style, pourtant dépourvue de grandiloquence. Ambiance faubourg de château empierré, travail du fer et passage de chevaliers de retour d’escarmouche. Vraiment très film. Plus que musique d’album. À croire qu’ils avaient une scène en tête. Introduction douce. Pas grand-chose de notable sur ces sept premières minutes, pas de progression manifeste vers un bouquet final. Nenni. C’est alors que la seule vraie chanson originale de l’EP déboule. Car oui, deux choses :
- Ceci est un EP
- Il annonce le futur album
- Il mélange passé, futur et refonte
Corollaire, n’espérez pas trop d’inédit. Par contre la durée, quarante-cinq minutes ne trompe pas son acheteur. Gros EP bien rempli. Mais de quoi ? Une longue intro sans véritable musique et… du heavy prog symphonique folk basée sur les événements de Maidan de 2014. De l’émotionnellement lourd donc. Difficile d’imaginer le groupe de black metal furieux et folk des débuts des années quatre-vingt-dix. Production maîtrisée, son des guitares policé, instrumentation riche et chant clair bien que rocailleux. Les rythmiques binaires ne donnent pas plus d’indices quant au passé des Ruthènes.
Public ? Pas celui du black metal si j’en crois ma réaction mitigée. C’est plutôt bien exécuté avec une mélodie agréable mais… pas destiné au public extrême. Et ce n’est certainement pas la très étrange "First Steps of Freedom… The Flavor of Doom in Eight Years" (référence à la période 2014-2022) qui suit qui arrangera les choses. Neuf minutes minimalistes, electro et technoïdes. Votre ouverture d’esprit sera mise à rude épreuve par cet instrumental (oui, pas de chant en plus !). Alors autant la rythmique de base est sympa, les variations sonores apposées autour de celle-ci intéressantes, autant neuf minutes de ce traitement laissent dubitatif. EP oui, terre des essais. Et c’en est un sacré.
Pour la refonte, c’est le retour du black metal. "Weltanschauung" (de l’album du même titre), "The Forgotten Ages of Victories" (issue de To the Gates of Blasphemous Fire), revisites studio datant des session de To Lunar Poetry, et "Ukraine" (The Voice of Steel), hymne live du groupe dotée d’un son très brut de fonderie. Remixés ou live, les titres (parmi les classiques du groupe) s’affirment comme les meilleurs de l’EP. Et des sons très différents. C’est aussi le problème de ce qu’on peut dénommer compilation finalement, l’hétérogénéité. Des sons, des compositions, des ambiances. Ça part dans tous les sens sans cohésion. Alors oui nous sommes en plein dans un exercice de style dont le but est de s’affranchir des contraintes de l’album. Mais quand même. Il faudra pouvoir suivre.
Quid, au final ? De l’intérêt de l’objet. Très difficile à dire. Le fan sera certainement en émoi malgré sa connaissance intime des titres revus et live. Et peut-être perplexe sur les trois propositions originales qui partent dans tous les sens, sans indice clair pour le futur finalement. Pour le profane, c’est difficile, ne mentons pas. Aucun lien, un niveau très disparate, bref, le bordel.