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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juillet 2026
Sa note : 18/20

LINE UP

-Vicki James "Vic" Wright
(chant)

-Andrew "Andy" Ramsay McColm Boulton
(chœurs+guitare)

-Andy Wrighton
(chœurs+basse)

-John Wiggins
(guitare)

-Stephen Barry "Steve" Pierce
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Alan Marsh
(chœurs)

TRACKLIST

1) Someone to Love
2) Night of the Blade
3) Rock Me to the Limit
4) Warrior of the Rising Sun
5) Unleash the Beast
6) Love Struck
7) Dead of the Night
8) Lightning Strikes (Straight to the Heart)

DISCOGRAPHIE


Tokyo Blade - Night of the Blade
(1984) - heavy metal - Label : Roadrunner Records



En 1984, il y a le vieux monde et le nouveau monde. Les pionniers québécois avant-gardistes de Voivod sortent leur premier album de thrashopunk décapant. Ils s’appelle War and Pain. La bande à Snake et Piggy appartient définitivement au second groupe, composé d’une horde de musiciens mettant à mal, de manière plus ou moins importante, les bases du metal traditionnel. En face, et malgré un déclin certain, des formations continuent à prôner le respect des valeurs établies par les patriarches du metal lourd. Tokyo Blade fait partie de ces Gardiens du Temple. Et, en opposition avec Voivod, Night of the Blade aurait très bien pu s’appeler War and Love.

Un moyen pratique de s’évader de l’univers quotidien gris des jeunes Européens pas forcément fortunés est l’évasion par le rêve. Sans doute pas élevés dans des familles multimillionnaires, cinq jeunes Anglais natifs de Salisbury donnent forme à leurs rêves de puissance et de gloire (R.I.P. Herbert) en habillant leur metal estampillé N.W.O.B.H.M. d’une imagerie basée sur notre conception occidentale du Japon médiéval, avec les samouraïs et leurs redoutables katanas au premier plan. A une époque où l’Extrême-Orient et sa particulière vision du combat fascinent - le premier Karaté Kid sort d’ailleurs également en 1984 – baser l’intégralité de son visuel et une moitié de ses textes sur une version light du Bushido - la seconde moitié des titres de Night of the Blade parlant de filles et d’amour, évidemment ! - semble être un choix pertinent pour attirer le chaland… mais encore faut-il que la qualité musicale suive.
Après un premier album éponyme, à la pochette impériale et flamboyante, prometteur mais encore perfectible, le grand timonier Andy Boulton, procède à un premier changement de personnel. Exit le chanteur Alan Marsh, welcome to Vic Wright, dont le registre moins monocorde et plus lyrique sert l’objectif recherché par Andy : garder la puissance de feu de la formation, frôlant par moments le heavy speed, et rendre l’ensemble plus mélodique et poignant, en s’inspirant de l’efficacité, la qualité et la musicalité des refrains du Def Leppard de On Through The Night et High’N’Dry. Le but est-il atteint ? Oui, trois fois oui ! Comme sur le premier album, l’influence maidenienne est encore très présente, mais désormais mieux digérée et les touches d’epicness qui parsèment des titres comme "Dead of the Night", "Night of the Blade" ou encore "Warrior of the Rising Sun", hommage direct à la formation de Steve Harris, non seulement font mouche, mais encore se combinent à merveille avec cette recherche plus systématique de la mélodie toute defleppardienne. Je serai clair : si l’on excepte un "Rock Me to the Limit" un peu convenu, Night of the Blade est un sans faute et l’un des meilleurs albums de heavy metal de tous les temps. Ni plus, ni moins.
Alan et sa bande n’y inventent rien mais comprennent tout. Si je devais tenter de vous convaincre que mon amour pour cet album n'a rien à voir avec de la démence sénile, je vous inviterais à écouter la séquence "Unleash The Beast"/"Love Struck"/"Dead of the Night", qui vous permettra de vous faire une idée très exhaustive de la teneur de l’œuvre. La puissance de feu du premier titre n’a d’égal que le côté percutant de son refrain. Power-ballade (mélo)dramatique, le troisième morceau vous donnera, je l’espère, la chair de poule, la performance vocale de Vic n’étant en rien étrangère à la qualité de la chanson. Quant à "Love Struck", il s’agit tout bêtement d’un morceau-étalon, à montrer dans toutes les écoles. L’intro à la basse, le travail tout maidenien des guitares, magnifiquement complété par un refrain catchy… ce titre est l’illustration parfaite de l’adage « Simple is beautiful ». Et le premier qui critique fade-out se mange un coup de sabre made in Japan, je vous le dis !


Night of the Blade est un coup de maître. Brillant du début à la fin, le deuxième opus des Britanniques combine puissance et mélodie comme rarement. Forgé dans le metal traditionnel, il constitue le sommet de la discographie de Tokyo Blade qui, de lineup en lineup, aura, hélas, tendance à se perdre un peu par la suite. Raison de plus pour savourer ces trente-cinq minutes de pur bonheur métallique.



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