20259

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 juillet 2026
Sa note : 18/20

LINE UP

-Christopher Baque-Wildman
(chant+guitare+claviers)

-Javier Fernández Milla
(claviers+basse+batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Cecilia Tallo
(chant)

-Teodora Gosheva
(chant)

-Darío Garrido
(guitare)

TRACKLIST

1) Mare Ignis
2) Lucid Nightmare
3) Point of Coalescence
4) Misericordiah
5) Unholy
6) Deliverance
7) Humanised Gods
8) For Mercy
9) Graveyards of Joy

DISCOGRAPHIE


TodoMal - Graveyards of Joy



- On le perd, on est en train de le perdre !
- Augmentez la dose d’oxygène !
- Toujours pas de réaction, docteur !
- Bon, tant pis, pas d’autre solution ! Prenez mes écouteurs et mettez-les lui, et puis TodoMal à fond !
- Quel album, docteur ?
- Graveyards of Joy. Je sais quel risque nous prenons, mais nous n’avons pas le choix…

Au départ, le patient à qui l’on administre le troisième album des natifs de « la España vacíada » ne remarque rien. Surtout s’il a déjà écouté A Greater Good, plus spectaculaire, où certains titres, comme "Antichrist of Love" ou le morceau éponyme se détachent assez clairement. Quarante-trois minutes de Graveyards of Joy ne vont pas complètement ressusciter un mourant. Simplement, alors que, résignés, les médecins ayant tenté l’impossible s’avouent vaincus, le subclaquant lève doucement la main. Le nouvel album de TodoMal ne lui a rien fait mais… il en aimerait bien une deuxième dose. Et puis une troisième. Il commence alors à s’élever à l’horizontale. C’est le moment où le corps médical doit faire attention. Si les toubibs lui administrent la quatrième dose trop tôt, le patient abandonne son corps physique pour devenir un spectre astral condamné à errer dans l’univers cosmique de Graveyards of Joy pour le restant de ses jours, si tant est que la notion de temps y ait un sens. C’est que la nouvelle œuvre de Javier et Christopher s’avère terriblement revitalisante mais aussi horriblement addictive.
La monotonie apparente que ce doom plus ample que Monotony Fields engendre lors des premières écoutes s’efface peu à peu et l’auditeur accro découvre les nuances d’un metal de l’espace tantôt puissamment lourd, tantôt puissamment doux-amer, tantôt puissamment lancinant. Une fois de plus, et je m’en excuse auprès de ce redoutable duo d’artistes, il est impossible de ne pas penser à l’Ulver non-metal, tant le chant de Christopher ressemble à celui de… Krystoffer - non mais les prénoms, là, c’est vraiment pas ma faute… - et tant l’aspect presque dansant d’un "Unholy" et surtout de "Humanised Gods", deux titres absolument sublimes, nous renvoient à la limpidité musicale joliment mélancolique des Norvégiens. Il demeure toutefois une évidence : TodoMal reste TodoMal, et la voie que le duo emprunte n'appartient qu'à lui. Agrémenté de quelques éléments symphoniques rappelant les moments où les membres de The Monolith Deathcult ne font pas les guignols, ce savant mix de riffs massifs et de belles mélodies semblant résonner dans le cosmos tout entier sait captiver l’auditeur, que le groupe se rapproche d’Arcturus le temps d’un "Lucid Nightmare" sombre et captivant ou qu’il nous propose une doom-ballade poignante comme "Deliverance".
L’album s’avère tellement plein que Javier et Christopher nous compliquent rudement la tâche au moment de choisir quels sont les meilleurs titres, le mieux étant, comme toujours, de plonger sans réserve dans l’univers qu’ils nous dessinent et ne pas choisir. Mais si vous devez vraiment n’écouter que quelques titres, je vous conseillerais les morceaux évoqués jusqu’à présent, ainsi que "Mare Ignis", qui nous met immédiatement dans l’ambiance, le très puissant et très doom "Point of Coalescence", le bel intermède en noir et blanc qu’est "Misericordiah". "For Mercy", courte pièce acoustique amère ne peut pas non plus manquer à une écoute rapide et il serait dommage de passer à côté du titre éponyme, sur lequel le chant de Christopher nous serre la gorge… Comment ça ? J’ai cité toutes les chansons de l’album ? Ah désolé, ce n’était vraiment pas intentionnel…


Graveyards of Joy frappe peut-être moins immédiatement les esprits que son prédécesseur, mais la magie de ce doom symphonico progressif n’en est pas moindre pour autant. Recommandé à toutes les personnes souffrant d’apathie pour la sensation de limpidité et de puissance qu’il dégage, le troisième album des Castillans est, évidemment, l’une des très grandes sorties de l’année. Una verdadera joya. Caballeros, ¡mil gracias, una vez más!





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