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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 28 juin 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Phil Rind
(chant+basse)

-Jason Wesley Rainy
(guitare)

-Wiley Arnett
(guitare)

-Greg Hall
(batterie)

TRACKLIST

1) Death Squad
2) Victim of Demise
3) Layed to Rest
4) Ignorance
5) No Believers
6) Violent Solutions
7) Rest in Peace
8) Sacred Reich
9) Administrative Decisions

DISCOGRAPHIE

Ignorance (1987)

Sacred Reich - Ignorance
(1987) - thrash metal - Label : Metal Blade Records



Si je pose la question : « De quelle scène thrash européenne, l'album Ignorance est-il le plus proche ? », le doute est permis. Au vu de la tracklist du premier album de Sacred Reich et du titre "Administrative Decisions", d’aucuns seraient tentés de répondre que c’est la France. Erreur. C’est bien de la scène allemande que l’on peut rapprocher le Sacred Reich des débuts, et pas uniquement à cause du lien douteux que l’on pourrait faire entre nos voisins et le nom du combo nord-américain.

Reign in Blood, bien sûr, Darkness Descends comme corollaire immédiat, également. Mais aussi Pleasure to Kill ou Mad Butcher. L’émergence remarquable et remarquée d’un second groupe originaire de Phoenix après Flotsam and Jetsam constitue, vingt-quatre ans après le mythique « Ich bin ein Berliner » de JFK - pas l’aéroport, l’homme - le deuxième plus grand acte de réconciliation entre les États-Unis et l’Allemagne. Frappant les esprits par sa robustesse, son intransigeance et sa redoutable efficacité, le premier opus de Sacred Reich semble avoir été scénarisé par des supporters de l’O.M. tant la devise « Droit au but » sied parfaitement à la première et radicale offrande que Phil Rind and co font à des fans de thrash metal commençant à chercher dans cette deuxième vague de thrash mondial de quoi soutenir la flamme jusqu’alors portée avec brio par les monstres de la première fournée. Ces derniers nous ont sorti jusqu’alors des albums incroyables, brutaux, voire incroyables et brutaux, le dernier chef-d’œuvre en date étant l’immense Among the Living des moshers en bermudas. Après les monuments de violence sonore sortis par les ténors du « brutal thrash », on sent doute cependant que ces derniers vont devoir souffler un peu et baisser la cadence. Premiers symptômes de l'inéluctable baisse de niveau, un Terrible Certainty, certes goûtu, mais moins inspiré que le deuxième album de Kreator.
Il devient donc nécessaire de trouver de nouveaux porteurs de flambeaux et un certain nombre de candidats vont postuler. Parmi ces derniers, certains apportent une fraicheur et une virtuosité ahurissante - je pense évidemment à Death Angel et son mythique et bien nommé The Ultra-Violence -, d’autres se limitent à appliquer des recettes déjà connues. Il ne fait aucun doute qu’avec Ignorance, Sacred Reich est à ranger dans la seconde catégorie. Il vous suffira d’écouter le titre éponyme pour vous en convaincre. Entre des déclamations à la Tom Araya et un bridge aux riffs rappelant fortement le "Reject Emotions" de Destruction, on comprend tout de suite que l’on est en terrain connu… vous n’êtes pas convaincus ? Pas de problème, l’ouverture de "Sacred Reich", très similaire à celle de "The Pestilence" de Kreator, ou le côté rampant ultra-slayerien de l’excellent "Victim of Demise", devraient lever vos derniers doutes. Malgré quelques interventions guitaristiques relativement mélodiques, ainsi que le sacro-saint intermède acoustique "Layed to Rest", Ignorance se veut donc brutal et massif, quitte à ne pas sortir des sentiers battus. Grâce à une exécution impeccable et des compositions très bien ficelées, l’objectif est rempli au-delà des espérances et Ignorance ne possède aucun temps faible. S’il fallait recommander tout de même certaines pistes, je ne saurais que trop vous conseiller "Victim of Demise", précis et sans concession, le pamphlet anti-religieux "No Believers" à la vibe Nuclear Assault ou le titre éponyme, un tantinet plus mélodique que ses compagnons, mais, sincèrement, l’album ne durant que trente-cinq minutes, vous pouvez l’avaler en entier sans crainte d’indigestion.


Parfaitement exécuté, brutal du début à la fin, le premier album de Sacred Reich est un petit bijou de thrash contestataire, biberonné à la violence ricaine et teutonne. Le manque de personnalité ? Personnellement, quand le rendu est aussi impeccable, je m’en fiche un peu, mais il semblerait que les natifs de Phoenix s'en soient soucié un peu plus. Dès le deuxième opus, Sacred Reich ira explorer des chemins plus groovy, en quête d’une identité plus marquée. C’est respectable mais les fans de thrash implacable devront se limiter à chérir cet unique album. La vie de taliban du thrash metal n'est pas facile tous les jours...





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