20245

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 27 juin 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Joe Elliott
(chant)

-Phil Collen
(guitare)

-Steve Clark
(guitare)

-Rick Savage
(basse)

-Rick Allen
(batterie)


A participé à l'enregistrement

-Philip Nicholas
(claviers+programmation)

TRACKLIST

1) Women
2) Rocket
3) Animal
4) Love Bites
5) Pour Some Sugar on Me
6) Armageddon It
7) Gods of War
8) Don't Shoot Shotgun
9) Run Riot
10) Hysteria
11) Excitable
12) Love and Affection









DISCOGRAPHIE


Def Leppard - Hysteria
(1987) - hard FM glam - Label : Mercury



Après m’avoir ligoté sur une chaise, mon assaillant daigne enfin enlever sa cagoule et l’individu qui me dévisage avec mépris, c’est… moi, jeune !
-  Ça par exemple ! Nous sommes dans un épisode de Dark ?
-  Pas besoin ! Le fait que tu clames aux quatre vents ton amour pour Hysteria a déformé la courbure de l’espace-temps ! Hysteria ! Au nom de Reign in Blood et Under the Sign of a Black Mark, comment as-tu pu me, as-tu pu NOUS faire ça ?
-  Si tu savais… maintenant, j’apprécie également Shout at the Devil et le black album… quoi ? De toute façon, à l’époque, personne ne te forçait à écouter 1987 ni le premier Mr. Big… Apparemment, on a la mémoire sélective ! Non, mais… reviens ! Hé ! Détache-moi ! J’ai une chronique à écrire !


Je dois avouer que j’y suis allé un peu fort. Et j’ai menti. Le premier Motley Crüe a gagné mon respect avec le temps, mais le black album reste toujours aussi… je sais, c’était un peu cruel mais que voulez-vous… Quant au quatrième album de Def Leppard, je dois bien reconnaître qu’après deux oeuvres d’une qualité exceptionnelle -notamment un High’n’Dry ahurissant de justesse de la première à la dernière note- j’ai un peu pesté contre le virage commercial absolu pris par le groupe sur Hysteria. Cela se sentait venir sur le savoureux Pyromania mais un : les Lé(o)pards So(u)rds s’y montraient encore gentiment agressifs, deux : ils nous faisaient encore l’amabilité de travailler leur musique entre deux refrains. En revanche, la chœurs et les chorus de titres comme "Photograph" ou "Foolin’", quoique d’excellente facture, préfiguraient une suite possible aux aventures de Joe et Rick. Une suite possible et connue, intitulée « F*ck les couplets, c’est pas eux qui font vendre ». Et ne croyez pas que cet adage ne soit prisé que dans le milieu du hard FM (coucou Septicflesh et In Flames).
Bref, il est vrai que, furieux de la manière ostentatoire et décomplexée avec lequel nos artistes ont appliqué ce principe sur leur album le plus vendu, j’ai pu prononcer quelques noms d’oiseaux à l’encontre des membres du groupe anglais et de leurs mamans. J’étais jeune et fougueux… et n’avais pas complètement tort. Honnêtement, seriez-vous capable de me siffloter autre chose que les monstrueux refrains de "Women", "Rocket" et ses choeurs sublissimes, "Animal" ou encore "Pour Some Sugar On Me" -ce dernier titre ayant l’avantage de proposer un peu plus que l’ode à la pure vacuité qu’est "We Will Rock You" dont il est très fortement inspiré ? Impossible, n’est-ce pas ? Il y a de quoi se sentir un peu floué, non ? Il faut toutefois reconnaître le caractère extraordinairement efficace de ces pré-refrains et refrains, agrémentés de chœurs chantés avec la bouche en cul de poule. Def Leppard crée l’exploit de ne pas sortir un, deux ou trois titres de « glam FM » terriblement accrocheur, mais SEPTmorceaux captivant illico tout amateur de mélodies (hard-)rock calibrées pour les radios américaines.
6.5, d'accord. Un peu redondant, "Armageddon It", se situe, niveau qualité, à mi-chemin entre les brulots de l’album -outre les quatre titres cités plus haut, il faut rajouter les deux superbes ballades "Love Bites" et "Hysteria", qui, à mon avis, a fortement inspiré certains passages du magnifique Empire de Queensrÿche- et les titres plus rock, et un peu en-deçà en termes de rendus, de l’album. Et si, effectivement, la seconde moitié de l’opus s’avère moins bluffante que la première, on ne peut en aucun cas taxer "Gods of War" ou "Run Riot", les titres les plus « agressifs » du lot, de fillers. Les deux derniers morceaux s’avèrent, eux, clairement dispensables, mais Hysteria reste toutefois un album extraordinairement efficace, bourré de hits… et de sucre, oui, d’accord, "Pour Some Sugar On Me" porte bien son nom. Bon nombre d'inconditionnels du Def Leppard des premiers albums ne se retrouveront pas dans cet assaut non masqué à la notoriété musicale (coucou MFF) mais, personnellement, quand la chasse au succès est menée de manière aussi brillante je ne peux que m’incliner et en redemander.

Que les jeunes fans de war metal malvoyants passent leur chemin. Sans le recours à la pochette, des noms de chanson comme "Gods of War" ou "Armageddon It” pourraient leur faire penser qu’après trois albums dédiés au heavy-metal, puis au hard-rock et au glam, Def Leppard est venu rejoindre Blasphemy, Sadistik Execution et autres entités énervées, en quête de brutalité musicale absolue. Ce n’est pas tout à fait le cas… Gorgé de hits, moins agressif que le Dalaï Lama après la sieste, Hysteria doit être pris pour ce qu’il est, et pour rien d’autre. Point.
 




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