20233

CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juin 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tomas Lindberg
(chant)

-Anders Martin Björler
(guitare)

-Martin Larsson
(guitare)

-Jonas Fredrik Björler
(basse)

-Adrian Paul Erlandsson
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Fredrik Wallenberg
(chœurs sur 3)

-Gunnar Hjorth
(guitare sur 11)

-Charlie Storm
(claviers sur 1)

TRACKLIST

1) The Fever Mask
2) The Dissonant Void
3)
Det oerhörda
4) A Ritual of Waste
5) In Dark Distortion
6) Of Interstellar Death
7) Tomb of Heaven
8) Parasitical Hive
9) The Unfathomable
10) The Phantom Gospel
11) Förgängligheten
12) Black Hole Emission

DISCOGRAPHIE


At The Gates - The Ghost of a Future Dead
(2026) - melodeath - Label : Century Media



Un album culte et puis s’en va. Avec Slaughter of the Soul, At The Gates avait frappé un grand coup avant de se séparer pendant près de vingt ans. Certes, ils avaient essaimé dans d’autres formations (The Haunted en tête), mais on avait cessé d’espérer leur retour. Pour ce dernier, il avait pondu l’excellent At War With Reality et on avait l’impression que ces deux décennies n’avaient pas existé. Après deux albums moins impactant, voilà que sort The Ghost of a future Dead. Un titre tristement adapté puisque Tomas Lindberg en a enregistré le chant avant de s’éteindre en 2025. C’est donc un album posthume auquel on a droit, forcément troublant.

Retour aux sources pour At The Gates, sans doute poussé par le retour également de leur guitariste Anders Björler. La formation laisse de côté les expérimentations (même si "Det Oerhörda" possède un refrain presque positif jamais entendu chez le groupe) et on retourne aux fondamentaux. Un melodeath très typé thrash sans chant clair. Dans le trio de Göteborg, ils ont toujours été les plus violents et les plus sombres. Les Suédois nous attaquent avec leur style si reconnaissable et qui, pourtant, ne s’auto-cite jamais (si ce n’est "Tomb of Heaven" qui reprend presque le riff de "At Wat With Reality"). Les morceaux sont lancés à deux-cents à l’heure, portés par des guitares incisives. Celles-ci se font plus mélodiques sur les refrains, mais la pression ne se relâche jamais vraiment. Même les arpèges sont teintés de noir. La formation développe son propre style, percutant, mélodique et teinté de rage et de désespoir. Les voir à leur meilleur niveau juste avant de s’éteindre est un crève-cœur. Les chansons sont toutes réussies et font leur effet. Mention spéciale à "The Dissonant Void" qui dégage une émotion puissante. Sans nul doute la piste la plus poignante avec l’instrumental ("Förgängligheten").
La grande force d’At The Gates, ce sont ses guitaristes. Les riffs sont géniaux, les leads pertinents, l’articulation entre les deux six cordes fonctionne parfaitement. On regrettera juste que les solos soient un peu timorés, comme si les gars n’osaient pas complètement se lâcher. Il reste à aborder le sujet du chant de Lindberg. On aurait envie de dire qu’il était en grande forme tant sa prestation est convaincante. Alors qu’il a bouclé l’enregistrement juste avant d’entrer à l’hôpital, on ne peut être qu’impressionné. Son growl façon voix cassée est parfaitement reconnaissable et on comprend que le groupe ne souhaite pas le remplacer. Ses lignes sont agressives et en adéquation avec les guitares. Peut-être les plus réussies de l'histoire de la formation. Il nous laisse donc avec un beau et triste chant du cygne. On signalera également que les paroles sont liées à son approche de la mort. Lindberg n’a jamais chanté sur les petits oiseaux, mais force est de constater que ce qui est raconté nous touche davantage avec cet album.


Ainsi donc, c’est terminé. Pour la deuxième fois. Mais malheureusement, cela paraît définitif. En allant au bout de cet album, At The Gates offre un beau cadeau aux fans, mais un cadeau forcément frustrant tant la qualité de l’offrande est grande. C’est aussi un hommage poignant à son chanteur auquel l’auditeur ne cessera de penser tout au long du skeud. RIP Tomas et merci pour tout.





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