20204

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Scott Eric Reagers
(chant)

-David Charls "Dave" Chandler
(guitare)

-Mark Anthony Adams
(basse)

-Armando Javier Acosta
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Dennis Paul "Dez" Cadena
(chœurs sur 1 et 3)

-Merrill Jason Ward
(chœurs sur 1 et 3)

-Yvonne Saxton
(chœurs sur 1 et 3)

TRACKLIST

1) Saint Vitus
2) White Magic/Black Magic
3) Zombie Hunger
4) The Psycopath
5) Burial at Sea

DISCOGRAPHIE

Saint Vitus (1984)
Lillie: F-65 (2012)

Saint Vitus - Saint Vitus
(1984) - doom metal - Label : SST Records



-  Ce sont tous des énervés, avec leurs riffs à mille à l’heure…
-  Ah ça… je le disais encore l’autre matin au petit Kerry. « Té ! Tu es un bon minot mais tes solos aléatoires là… ils riment à quoi ? » Ils ont un train à prendre chez Slayer ou quoi ?
Non, il ne s’agit pas d’une conversation entre les vieillards sur le banc du village corse d’Astérix, mais d’un extrait d’un dialogue entre Dave Chandler et Eric Wagner. La confusion est d’autant plus facile à faire qu’avec leurs bandeaux dans les cheveux et leurs barbes fournies, les grands-pères ont un petit air de membres de Saint Vitus.

En revanche, je vois les anciens plus branchés châtaignes, vendetta et jolies villageoises que zombies et magie noire. Point de vue thèmes abordés, les natifs de L.A. sont moins originaux que les concurrents chrétiens de Trouble. Mais musicalement parlant, ils sont les premiers à dévoyer de manière aussi impeccable l’héritage de Black Sabbath. Totalement placée sous les auspices des débuts de la légendaire bande à Tommy Iommi, la formation de l’ouest américain choisit un chemin fort différent de celui de Trouble. Bien qu’aussi lourds et pas spécialement plus rapides que ces derniers, Dave Chandler et ses gars privilégient l’ambiance malsaine et tourbeuse à la démonstration de force des créateurs de Psalm 9. Pas beaucoup de frivolités au programme, même si on notera les longues et agréables plages d’expression guitaristique laissées à Dave - ce n’est pas le boss pour rien ! - notamment sur "The Psycopath". Rapidement imités par Pentagram dans l’utilisation d’une imagerie obscure, Saint Vitus ouvre la voie à tous les doomsters et autres stoner freaks préférant les ambiances poisseuses et les produits stupéfiants à la démonstration de force pure.
On songera évidemment à des formations sulfureuses comme Electric Wizard, des adeptes d’un classicisme sombre tels Count Raven… mais également au black metal grec. Si à mon connaissance, Saint Vitus n’est pas cité comme une influence par les Magus Wampyr Daoloth et consorts, il vous suffira d’écouter "Burial at Sea" et notamment son accélération survenant à la moitié du titre pour vous rendre compte à quel point ce passage aurait parfaitement sa place sur, par exemple, Crossing the Fiery Path, le premier album de Necromantia. Dans ma chronique de Psalm 9, j’ai beaucoup insisté sur le côté pionnier de Trouble. Avec Saint Vitus, seule la grande ressemblance avec des passages de Master of Reality m’empêche d’être aussi catégorique, mais, à une époque où certains Suisses commencent aussi à manier des riffs maousses, Saint Vitus, l’album, constitue tout de même une sacrée référence. Si, sur les cinq titres, il n’y a rien à jeter, je conseille très fortement aux paresseux d’écouter le titre initial , qui, non content de permettre au groupe d’imiter le triptyque "Black Sabbath" par Black Sabbath sur Black Sabbath, propose une entrée en matière extrêmement rythmée et convaincante, avec ses chœurs très judicieux. Le côté chaloupé de "White Magic/Black Magic" confère à ce titre une vibe particulière, similaire à celle que procure "Forever My Queen" de Pentagram. Pour les motifs d’innovation évoqués précédemment, "Burial at Sea" ne peut pas non plus manquer à une lecture en diagonale de l’œuvre, mais le mieux, évidemment, c’est de prendre son temps, comme le prônent si bien Dave et Eric, peuchère !


À Trouble les parpaings et l’acier riffesque, à Saint Vitus les atmosphères malsaines et la vibe seventies. Même si le rock occulte ne date pas de 1984 - on peut au minimum remonter quinze ans avant avec le premier album de Coven - Saint Vitus l’adapte aux rythmiques pesantes du Sab’ et instille les premières vapeurs létales dans l’atmosphère de la planète doom. Merci à eux.  



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