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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 15 mai 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-John Patrick "Midnight" McDonald, Jr.
(chant)

-Jon William Drenning
(guitare)

-Benjamin Donald "Ben" Jackson
(guitare)

-Jeff Lords
(basse)

-Dana Burnell
(batterie)

Ont participé à l’enregistrement :

-Janelle Sadler
(chœurs)

-Tom Morris
(chœurs)

-Jim Morris
(chœurs)

-Lex Macar
(claviers+programmation)

-John Zahner
(programmation)

TRACKLIST

1) Lady of Winter
2) Red Sharks
3) Painted Skies
4) Masque of the Red Death
5) In Dark Places
6) Where Dragons Rule
7) Lonely
8) Burning Bridges
9) Eternal World
10)
Transcendence

DISCOGRAPHIE


Crimson Glory - Transcendence



Un concept album de power prog metal US en 1988 ne s’appelle pas forcément Operation: Mindcrime. Dans la lignée de l’œuvre remarquée de Queensrÿche, les membres de Crimson Glory, masques argentés et univers romantico-futuriste, sortent un enregistrement ambitieux. Loin d’un décalque sans saveur, Transcendence révèle la personnalité d’une formation intrigante.

Un premier album paru deux ans plus tôt avait mis sur orbite un quintet porté sur un power certes lyrique mais qui évitait la grandiloquence. Les promesses formulées appelaient une confirmation. Ce sera plus que cela. Une entame franche portée par un riff à la fois vif et technique propulse des couplets tendus et un refrain fervent qui se love illico dans le cortex. Un solo virtuose plus tard - le premier d'une série étourdissante - le sentiment d’avoir affaire à une réalisation d’exception s’installe. Car "Lady of Winter" n’est pas un cas isolé. Dans la même veine dynamique, "Masque of the Red Death" et "Eternal World", rehaussé d’une accélération savoureuse, confirment les progrès réalisés par les Floridiens. Les pistes sont valorisées par un son aussi précis que chatoyant concocté aux Morrisound Studios, à l’instar du LP précédent, faisant la part belle à la basse joufflue de Jeff Lords et la battue sèche de Dana Burnell.
La production douteuse de Ticket to Mayhem de Whiplash sorti des cabines des frères Morris quelques mois plus tôt n’a donc pas déteint sur le deuxième effort de le section de Sarasota, même si les guitares sonnent parfois étriquées, notamment sur "In Dark Places", mid tempo étiré que rattrapent les lignes de chant de Midnight. Le chanteur aux inflexions androgynes livre une prestation époustouflante. Sa maîtrise dans les aigus, alliée à des mélodies magnifiques, bonifie tous les morceaux. Évidemment, il faut apprécier la stridence, ici modulée en fonction des ambiances de compositions diversifiées. Mise à part "Where Dragons Rule", un peu trop tranquille malgré une ardeur vocale salvatrice, elles recèlent une tension permanente, y compris sur les semi ballades "Painted Skies" et "Burning Bridges", cette dernière dynamitée par un solo couronnant une montée en puissance assurée par les claviers.
Ceux-ci ne phagocytent cependant pas le spectre sonore, et laissent filtrer la sensibilité d’un Midnight magistral, qui transfigure également "Lonely", destinée à tourner sur MTV. Si le refrain racoleur ne fait pas basculer le single dans la niaiserie, c’est grâce à une montée en tension dosée à la perfection, mais aussi à la prestation habitée du titulaire du micro. Sur l’agressif "Red Sharks", il va chercher des notes à une hauteur que peu sont capables d’atteindre, à l’occasion d’une séquence invraisemblable, et impressionnante. Un sommet du metal de la décennie.


La pochette signée Takashi Terada, initialement pour le film de science fiction Lifeforce, annonçait de l’enchantement et de la sophistication. L’élégant visuel correspond parfaitement au contenu de Transcendence, artefact d’un metal percutant sublimé par une inspiration et une exécution qui semblent surgir d’un monde parallèle. Avec ce recueil au titre particulièrement évocateur, Crimson Glory confirme son statut de formation à part, en associant l’idée de performance exceptionnelle à celle d’un instant unique appelé à ne jamais se répéter.



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