20026

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 29 novembre 2025
Sa note : 17/20

LINE UP

-Christopher John "Chris Cornell" Boyle
(chant+guitare)

-Kim Anand Thayil
(guitare)

-Hunter Benedict "Ben" Shepherd
(basse)

-Matthew David "Matt" Cameron
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Damon Stewart
(narration sur "Searching with My Good Eye Closed")

-Scott Granlund
(saxophone sur "Room a Thousand Years Wide" et "Drawing Flies")

-Ernst Long
(trompette sur "Face Pollution", "Room a Thousand Years Wide" et "Drawing Flies")

TRACKLIST

1) Rusty Cage
2) Outshined
3) Slaves & Bulldozers
4) Jesus Christ Pose
5) Face Pollution
6) Somewhere
7) Searching with My Good Eye Closed
8) Room a Thousand Years Wide
9) Mind Riot
10) Drawing Flies
11) Holy Water
12) New Damage

DISCOGRAPHIE


Soundgarden - Badmotorfinger
(1991) - Metal Alternatif grunge - Label : A&M



Très jeune adulte à l’époque de son avènement, j’ai subi le grunge. Cette réinterprétation un peu punk et/ou un peu bluesy des écritures des apôtres du metal comme Black Sabbath ne m’a jamais totalement convaincu. Néanmoins, on ne ressort pas indemne d’un tel matraquage médiatique - au début des nineties, le grunge vous sautait à la gorge dès que vous osiez regarder MTV- et trois albums continuent à me tenir compagnie les jours de nostalgie.

Nevermind, évidemment. Une fois passé tout le cirque monté autour de cet album et du groupe, j’ai commencé à apprécier cette pop désabusée et ultra musclée. Dirt, également. Un album extraordinairement poignant. Et puis Badmotorfinger, sur lequel je vais m’attarder maintenant. Quelque part, c’était naturel. Le troisième Soundgarden est sans doute l’album grunge le plus metalocompatible. Ceux qui en doutent pourront, par exemple, écouter le refrain d’"Outshined". Entre la voix surpuissante de Chris « je suis Robert Plant venant d’absorber une douzaine de pimientos habaneros » Cornell et l’énormissime section rythmique - cette basse, oh cette basse…-, avouez qu’il y a de quoi susciter l’intérêt de tout chevelu en veste à patches normalement constitué ! Et d’une manière générale, le début de Badmotorfinger constitue peut-être ce que le grunge a fait de plus lourd, de plus sombre… de plus metal, en somme. Puissant et torturé, les natifs de Seattle y développent une version fortifiée du très aride Louder Than Love. L’œuvre démarre toute basse dehors avec un "Rusty Cage" tellement inspirant et universel que Johnny Cash le reprendra quelques années plus tard, avant d’enchaîner avec des titres très très heavy, donc, "Slaves & Buldozers" et "Jesus Christ Pose" flirtant même avec l’indus et le groove-metal (qu’on n’appelait pas ainsi à l’époque).
Sincèrement, si tout l’album était resté dans ce registre et à ce niveau de qualité, j’aurais ressenti une sorte d’extase christique absolue, les bras écartés, en vous fixant, comme si j’avais dû porter une charge. Simplement, à partir de "Face Pollution", Soundgarden baisse le niveau de gris et entreprend une exploration de différents genres musicaux, adaptés toutefois au mode grunge. Si "Somewhere", "Holy Water" ou "Mind Riot" sont conformes à ce que l’on attend d’un groupe de ce style, d’autres titres détonnent, en commençant par "Face Pollution" nous proposant du hardcore augmenté de quelques surprenants coups de trompette. Trompette que l’on retrouvera de manière tout aussi inattendue sur le stoner (que l’on appelait pas ainsi à l’époque) de "Drawing Flies". "Searching with My Good Eye Closed", lui, se la joue psyché, tandis que "New Damage" se caractérise par un chant et un feeling très bluesy. À titre personnel, le côté plus aimable et éclectique que prend Badmotorfinger à partir de ce changement de cap me séduit moins que le début très dark de l’œuvre, mais, de manière plus objective, il faut saluer l’extrême solidité et la grande musicalité de l’ensemble des titres. De plus, certains passages de ces titres plus « sympathiques » s’avèrent totalement réussis, comme l’excellent refrain de "Room a Thousand Years Wide" ou "Mind Riot", bien représentatif de la contestation poétique et désabusée véhiculée par ce mouvement musical. Bref, quel que soit l’angle d’approche, Badmotorfinger est un grand moment.


Sur Badmotorfinger, Soundgarden rompt avec l’austérité de Louder Than Love et, après une première partie lourde, obscure et torturée à souhait, le regretté Chris et ses amis rendent leur propos un chouia plus jovial et sans doute plus accessible, préparant ainsi la transition vers le succès que la formation connaîtra par la suite.



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