20014

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 22 novembre 2025
Sa note : 14/20

LINE UP

-Teresa "Antinoë" Marraco Bertet
(chant+piano)

TRACKLIST

1) Night Falls
2) The Devil’s Voice
3) Turn to Dust
4) Indulgence
5) Flock
6) Threshold
7) Chaos in the Sky
8) Ulven
9) Si Te Dejo Ir
10) Når Du Dør
11) Light Bringer
12) Four Things

DISCOGRAPHIE

The Fold (2025)

Antinoë - The Fold
(2025) - néoclassique - Label : Dark Essence



« Je préfère que le black metal reste caché, dangereux et repoussant, et qu'il soit perçu comme un simple bruit. Je le vois plutôt comme un médicament, que l'on ne peut pas donner à quelqu'un qui n'est pas malade. » Cette déclaration d’amour pour le metal noir ne provient pas d’un vétéran de la scène scandinave mais de Teresa Marraco Bertet alias Antinoë, architecte le jour et pianiste aux heures sombres. Son deuxième album, The Fold, est le premier sur lequel cette fan de Dimmu Borgir livre ses compositions personnelles.

L’allusion aux pionniers du black metal symphonique n’est pas fortuite puisque c’est à Antinoë que ces derniers ont confié le soin d’enregistrer les parties de claviers de "Det Nye Riket" en introduction de leur concert au Beyond the Gates Festival à Bergen en août 2023. Le parrainage prestigieux témoigne de la confiance que lui témoignent plusieurs acteurs de la scène black metal, notamment les compatriotes de Coldborn, Balmog, Empty et Elffor, qui l’ont invitée sur leurs récentes productions – elle figure également en guest sur A Throne of Ashes, le long format de Sun of the Dying paru le même jour que The Fold en cette fin de novembre 2025. Un mois dont le climat est en phase avec l’humeur musicale de la Madrilène. Un cliché du black metal, sans doute – le froid, le vent, les couleurs qui s’en vont. Mais qu’attendre d’autre de la part d’une artiste dont le premier LP, Whispers from the Dark Past, était constitué de réinterprétations piano-voix de classiques du black metal norvégien des années quatre-vingt-dix, incluant "I Am The Black Wizards" d’Emperor, "I Troldskog Faren Vild" d’Ulver ou encore le merveilleux "Isøders Dronning" d’Enslaved ?
Un motif au piano se faufile, comme une sentinelle échappée d’un monde interdit. En soutien, des nappes de claviers se mêlent à une voix réverbérée se dédoublant en une chorale délicate : le schéma développé sur "Night Falls" en ouverture donne la trame de chaque piste du recueil, à l’exception de deux instrumentaux, "Indulgence" faisant office d’interlude et le final "Four Things", desservi par l’absence d’incarnation. Les partitions mélancoliques, entre Gnossiennes de Satie et musique de films fantastiques, servent avant tout de support au chant d’une intensité distante évoquant Lana Del Rey, Susanne Sundfør ou Agnes Obel - la comparaison avec les deux dernières nommées, évoluant sur le même créneau piano-voix habitée, est difficilement évitable. Néanmoins, le chant demeure relativement sobre, sans surjeu, participant à l’atmosphère calme de la réalisation, tout juste troublée par les vocalises douloureuses à la Lisa Gerrard sur "Når Du Dør" ou les inflexions affirmées, toutes choses égales par ailleurs, de "Light Bringer".
Sur cette occurrence, cependant, la tension se dilue, rejoignant l’impression évanescente laissée par les chuchotis de "Chaos in the Sky" et les modulations intrigantes d’"Ulven". Les chœurs prennent des accents liturgiques sur "Si Te Dejo Ir", en écho au Elend des débuts, et dans une moindre mesure sur "The Devil’s Voice", qui rappelle Myrkur lorsqu’elle chante Noël, c’est à dire un mélange de douceur et de givre, fatal et rassurant. Les refrains n’existent pas vraiment, hormis le thème répété de "Threshold", animé par des claviers solennels à la Emperor, en plus discrets. Cette discrétion, sonnant comme une mise en retrait de la réalité terrestre, constitue le sujet autant que la limite de l’œuvre. Ainsi "Turn to Dust" et "Flock", les deux morceaux les plus consistants de l'enregistrement, vagabondent entre errances mentales et montées d’angoisse, comme prisonniers d’un paysage au relief à la fois changeant et réitéré.


Tour à tour diaphane et agité, The Fold est un thriller contemplatif, plaisant et reposant. Quelques rebondissements supplémentaires auraient pu contribuer à rendre les compositions plus marquantes, mais le son aussi froid que l’univers qu’elles racontent constitue un écrin adapté aux lamentations glaciales d’Antinoë. Bien que sous influences, black metal et pianistes-chanteuses tourmentées, la Castillane développe une personnalité qui émerge du monde intrigant qu’elle tisse d’une ouate délétère, entre gris clair et gris foncé.





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